Darren Aronofsky, ovni du 7ème art

Petit tour d'horizon sur la carrière de Darren Aronofsky, nom peu connu auprès du grand public malgré des films tels que Requiem For a Dream ou Black Swan.
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Darren Aronofsky, ovni du 7ème art

Largement plébiscité après le succès avéré, au début de cette année, de Black Swan , Darren Aronofsky demeure l’un des réalisateurs les plus étranges mais aussi, et surtout, l’un des plus créatifs de sa génération.

Le nom de Darren Aronofsky reste encore assez obscur auprès du grand public. Le réalisateur a en effet su rester très discret auprès du public. Pourtant, avec seulement cinq longs métrages en un peu plus de dix ans, le cinéaste nous a offert plusieurs visages, que ce soit d’un point de vue de la réalisation ou du scénario. Définir un genre aronofskien est une tâche bien périlleuse.

Petit tour d’horizon sur la carrière hétéroclite de ce véritable ovni du 7ème art.

Mini biographie

Né le 12 Février 1969 à New-York, Darren Aronofsky a toujours eu une âme d’artiste. Petit déjà, il adorait les grands classiques du cinéma et, à l’adolescence, il a plus d’une fois participer à l’élaboration de graffitis.

Il étudie le cinéma à Harvard University et remporte une série de prix avec son film de fin d’études, Supermarket Sweep .

Entre 1991 et 1994, le réalisateur prend en main trois nouveaux projets de court métrage : Fortune Cookie , No Time ainsi que Protozoa , dont il écrit aussi le scénario. Mais ce n’est que quelques années plus tard, avec π, qu’Aronofsky fait son véritable premier pas dans le monde du 7ème art.

Carrière

En Novembre 1997, Darren Aronofsky réalise donc π (ou Pi ), son premier long-métrage, grâce à la générosité de ses amis et de ses proches qui ont financés le film. L’anecdote, expliquée par le réalisateur lui-même, veut que ces derniers lui aient attribué des dons de 100$, en échange desquels ils récupéreraient, en cas de succès du film, 150$. Au pire, ils seraient simplement crédités au générique.

C’est à Sundance, en 1998 que Pi est projeté pour la première fois en compétition. Aronofsky décroche d’emblée l’award du meilleur réalisateur d’un des festivals de films indépendants les plus reconnus de la profession. Suite à ça, Arstisan Entertainement acquiert les droits de distribution et lance le film dans les salles obscures. Les critiques sont unanimes bien que la réception du public soit plus périlleuse.

Deux ans plus tard, le réalisateur se penche sur l’adaptation du roman de feu Hubert Selby Jr., Requiem for a Dream ( Retour à Brooklyn ). A l’image du style de l’écrivain, Aronofsky réalise un film à la forme bien particulière : des plans ultra-courts, des très gros plans, des split-screens, une bande son grinçante et un montage souvent qualifié de hip-hop, à l’image des clips vidéo. En imposant ce style, le cinéaste se fait une nouvelle fois remarquer, tout comme Jared Leto, la vétérane Ellen Burstyn et le compositeur Clint Mansell.

Au courant de l’année 2000, les studios Warner Bros engage Darren Aronofsky pour écrire et réaliser Batman : Year One . Après quelques semaines de travail, le projet est abandonné par les studios au profit d’un autre qui ne verra jamais le jour : Batman vs Superman . Warner Bros veut alors réengager Aronofsky pour le nouveau projet, Batman Begins , mais ce dernier refuse, contrairement à Christopher Nolan.

A partir de 2001, un autre script trotte dans la tête de Darren : The Fountain . Audacieux de par sa forme, le projet essuie de multiples complication, comme le départ des deux stars engagées, Brad Pitt et Cate Blanchett, ou encore la réduction de moitié du budget. Le film sort finalement en 2006 mais ne convainc pas le public et partage les critiques.

En 2007, Aronofsky est pressenti pour réaliser The Fighter mais décline finalement l’offre pour se concentrer sur un remake de Robocop qui ne verra finalement jamais le jour.

Après la mauvaise expérience d’un film à gros budget avec The Fountain , le réalisateur retrouve une ambiance plus intimiste avec The Wrestler qui voit aussi le grand retour du tumultueux, mais non moins talentueux Mickey Rourke, qui pour l’occasion nous offre une interprétation trois étoiles qui a d’ailleurs manqué de peu l’Oscar. Après avoir remporté le Lion d’Or à Venise en 2008, le film est un succès financier et critique impressionnant pour une production de cette envergure.

Fin 2010, Aronofsky frappe encore plus fort avec son Black Swan , thriller psychologique dans le monde du ballet. Tous les ingrédients du film, que ce soit la réalisation, l’interprétation (l’impressionnante Natalie Portman, pour ne citer qu’elle) ou encore la musique, de Clint Mansell bien entendu, font de Black Swan , l’un des films les plus brillants de ces dernières années. Les multiples récompenses en témoignent.

Projets à venir

Après de multiples projets avortés, comme Batman : Year One , un nouveau reboot pour Superman , ou encore The Wolverine , Darren Aronofsky semble se focaliser actuellement sur trois projets.

Le premier, Human Nature , devrait être un film de science-fiction avec en tête d’affiche un certain George Clooney. La rumeur voudrait que le pitch du film ressemble à ceci : un homme congelé pendant des années se réveille dans un monde qui a bien changé. En effet, les humains y sont devenus les animaux de compagnie d’une autre espèce.

Le deuxième serait une relecture du célèbre conte de la Belle au bois dormant des frères Grimm du point de vue de la reine maléfique. Maleficent devrait voir Angelina Jolie incarné ladite reine.

Enfin, un dernier projet devrait se centrer sur un personnage biblique. Les noms de Moïse et de Noé ont été entendus. A moins que ce ne soit deux projets différents. En tout les cas, la version aronofskienne de la Bible risque de ne pas être très conforme à l’originale et pourrait en fâcher plus d’un.

En 2011, Aronofsky devrait aussi faire ses premiers pas à la télévision avec le pilote d’une nouvelle série, Hobgoblin , commandée par HBO. La série suivrait un groupe de magiciens qui, durant la seconde guerre mondiale, tente de mettre fin à l’hégémonie de Hitler.

Collaborateur fréquent

Darren Aronofsky a, depuis Pi , jusqu’à Black Swan , toujours voulu trouver une certaine alchimie entre le monde diégétique visuel et le monde diégétique musical. Et c’est en collaboration avec le compositeur, et ami, Clint Mansell que le réalisateur trouvera cette véritable symbiose. Chaque bande originale est marquée par un univers très différent mais réussit toujours à ajouter une dimension supplémentaire et à toucher le spectateur, en le mettant mal à l’aise avec des sonorités brutes et agressives ( Requiem For a Dream , Black Swan , Pi ) ou, au contraire, en l’émerveillant ( The Fountain ).

Et c’est notamment grâce à sa collaboration avec Aronofsky que Clint Mansell a forgé ses premières armes. La célèbre piste de la bande originale de Requiem For a Dream , Lex Aeterna , déjà reprise à maintes fois, a en effet largement contribué à rendre célèbre le compositeur.

La suite …

Malgré des projets parfois farfelus et univers bien particulier, le réalisateur réussit à se faire (re)connaître et devrait enfin se voir accorder une certaine confiance auprès des studios après le terrible échec commercial de The Fountain .

Après une nomination aux Oscars, cette année, pour Black Swan , il ne serait d’ailleurs pas étonnant de revoir le réalisateur défiler sur le tapis rouge du Kodak Theatre à Hollywood dans les prochaines années pour rafler la petite statuette enviée de tous. En tout les cas, les années 2010, seront sans nul doute marquées par les futures réalisations de Darren Aronofsky. Alors, une fois pour toutes, n’oubliez plus ce nom.

A bon entendeur, tchô !

Geuds

Filmographie (cliquez sur le titre du film pour voir la bande annonce)

Réalisateur :

Black Swan (2010)

The Wrestler (2008)

The Fountain (2006)

Requiem for a Dream (2000)

Π (1998)

No Time (court métrage / 1994)

Protozoa (court métrage / 1993)

Fortune Cookie (court métrage / 1991)

Supermarket Sweep (court métrage 1991)

Scénariste :

The Fountain (2006)

Below (2002)

Requiem for a Dream (2000)

Π (1998)

Protozoa (court métrage / 1993)

Supermarket Sweep (court métrage 1991)

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