Mondial de hand : les Bleus en finale après une demie maîtrisée

Les handballeurs tricolores se sont qualifiés pour la finale du mondial de handball et brigueront une quatrième couronne d'affilée dans un grand championnat
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Après les Jeux Olympiques de 2008, les championnats du monde de 2009 et l'Euro 2010, l'équipe de France est de nouveau en route vers la victoire finale. Portés un grand Bertrand Gille, les Experts, surnom dont ils sont affublés, ont dominé la demi-finale, face à une Suède accrocheuse et évoluant pourtant à domicile.

Les Bleus se détachent rapidement .

Après un début de match accroché, où l'on voit un Thierry Omeyer hésitant dans les cages (1/5 en début de match), les Suédois en profitent pour réaliser le premier break, sous l'impulsion de Carlsen, très actif (4-2). Les hommes de Claude Onesta éprouvent quelques difficultés à déstabiliser la défense adverse en attaque placée. En fait, ils scorent uniquement grâce à des montées de balles très rapides, consécutives à une défense aggressive, récupérant de nombreux ballons. Mais lorsque Thierry Omeyer retrouve des statistiques plus conformes à son niveau de jeu, lorsque la défense se montre hermétique, et quand l'attaque reprend des couleurs, personne ne peut stopper la machine bleue, pas même les Suédois, bien que soutenu par 10 000 gorges enflammées. C'est ainsi que William Accambray égalise à 4-4, puis que Nikola Karabatic décolle pour donner l'avantage aux tricolores (5-4, 11'). La France s'envole déjà vers la finale. Car, dans le sillage d'un Omeyer conquérant et mettant en échec les attaquants suédois, comme en atteste les pourcentages de tirs réussis (46% pour les Scandinaves après 21' de jeu contre 66% pour les champions olympiques en titre), les Bleus font le trou dans cette première mi-temps (6-4 puis 8-5). Et même lorsque Bertrand Gilles se fait exclure temporairement, les Suédois ne profitent pas de la supériorité numérique afin de recoller au score. Karabatic, moins en vue qu'à l'accoutumée mais toujours présent dans les moments importants, permet aux siens de consolider le +3 à la pause (15-12).

Fin de match tendue

En seconde période, les Experts déroulent tranquillement, jusqu'à compter sept buts d'avance. Mais à l'instar du match face à l'Espagne, les dix dernières minutes s'avèrent plus délicates. Baisse légitime de concentration ou sursaut d'orgeuil des Scandinaves? Un peu des deux sûrement. C'est ainsi que les Bleus confondent vitesse et précipation sur une contre-attaque à 24-19. Cependant, Claude Onesta, ne réitère pas les mêmes erreurs que face aux Ibériques, en demandant un temps mort à la 50'. Les Bleus reprennent un peu plus de marge avant que les Suédois ne se rapprochent dangereusement. En effet, ils reviennent à -2 à la 56e et évoluent en supériorité numérique, profitant des 2 minutes infligées au capitaine Jérôme Fernandez. Toutefois, ce sont au cours de ces instants que l'on reconnaît les grandes équipes. Car Bertrand Gille, formidable pivot, redonne trois unités d'avance aux Français (26-23). C'est aussi çà la richesse de l'équipe de France. Nicola Karabatic n'est pas au top? Il y a Abalo, Gilles, Guigou, Dinart et consorts pour prendre le leadership. Finalement, les Bleus finissent en roue libre et s'imposent 29-26.

Le Danemark est invaincu

En finale, ils retrouveront les Danois, encore invaincus dans la compétition et qualfiés en battant les Espagnols 28-24. Concernant les Bleus, si leur prestation n'a pas été parfaite, ils ont su trouvé les ressources et élever leur niveau de jeu dans les moments difficiles. En sus de posséder des joueurs exceptionnels (ainsi qu'un banc profond dans la mesure où Barachet et Accambray remplacent, avec brio contenu de leur inexpérience à ce niveau, Guillaume Gille ainsi que Daniel Narcisse, blessés), ce qui impressionne le plus, c'est ce désir inextinguible de gagner. Car, même en ayant le plus bel effectif au monde, on ne peut pas s'imposer sans volonté, sans envie, à l'instar d'une équipe toujours exigeante envers elle-même (en témoigne les visages défaits après le match nul face à l'Espagne). Le collectif semble également très homogène, avec une base arrière totalement rajeunie (Accambray-Karabatic-Barachet) entourée de cadres très expérimentés, utiles pour guider les plus jeunes (Dinart, Omeyer, Fernandez, Gille, Guigou, 8/9 aux tirs). Jamais rassassiés donc, les Experts sont peut-être en route pour égaler le record de victoires dans un championnat du monde (4) mais aussi poursuivre leur magnifique série, à savoir JO-mondiaux-Euro-mondiaux. C'est ainsi que les Danois auront la lourde tâche d'enrayer cette dynamique... ou pas ! Car les hommes d'Onesta semblent irresistibles dans ce tournoi. Toujours est-il que la série d'un équipe se stoppera en finale...Réponse donc dimanche, aux alentours de 18h30.

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