Roland Garros : Roger Federer peut-il battre Novak Djokovic?

Bien qu'outsider, Federer a les armes pour dominer Djokovic, qui peut dépasser le record de McEnroe et être numéro 1 s'il parvient à remporter Roland Garros
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Federer-Djokovic: cela va être LE duel de la quinzaine... en attendant probablement une finale explosive. Car si Djokovic a annihilé tout suspense face à Gasquet (on attendait peut-être trop du Français) et au préalable face à Del Potro, Roger Federer semble avoir les arguments pour dominer le Serbe. Ou du moins le bousculer. Passons en revue les clés du match.

Comment Novak Djokovic a-t-il géré sa coupure?

Avec le forfait de Fabio Fognini - éreinté et blessé suite à son homérique victoire face à Albert Montanès -, Novak Djokovic n’a pas rejoué depuis dimanche et sa démonstration contre Richard Gasquet (6-4, 6-4, 6-2). Autrement dit, il a dû gérer quatre jours complets sans matches officiels. Avantage ou inconvénient? Est-il sorti du tournoi ou bien a-t-il pu décompresser afin de revenir encore plus frais? Difficile à dire. On se souvient qu’en 1990, afin de pallier trois jours off après le forfait de Magnus Gustafsson, Andrés Gomez avait joué un match "amical" en cinq sets… et avait par la suite remporté Roland Garros. Or, Novak Djokovic n’a pas choisi cette option-là, préférant opter mardi pour une légère séance d’entraînement avec un jeune Français ( L’Equipe du mercredi 1 er juin) ou avec John McEnroe «en mode exhibition» ( L’Equipe de jeudi 2 juin) mercredi. Attention tout de même au relâchement… même si le Serbe est capable de tout et est en totale confiance.

Une attente de plus en plus forte

L’actuel numéro 2 mondial peut égaler, s’il bat Federer, le record de victoires consécutives à partir du début de la saison détenu par John McEnroe (42). Et par conséquent, il pourrait dépasser ce total en cas de victoire finale. D’autre part, une qualification en finale lui octroie automatiquement la place de numéro 1 mondial. Ainsi, comment Novak Djokovic va-t-il gérer tout cela? En sus de son statut de favori numéro 1 que lui confère ses victoires sur Nadal à Madrid et à Rome, de l’attente qu’il génère avec ses 41 victoires d’affilée ainsi que des sollicitations médiatiques en tout genre dont il fait l’objet, on peut en effet se poser des questions concernant la manière dont il va négocier cette effervescence.

Roger Federer sans réelle pression

A contrario, on n’attend pas grand-chose de Roger Federer. Et probablement lui-même ne se fixe aucun objectif précis sur ce Roland Garros 2011. Mats Wilander disait à propos de lui que «tout ce qui lui arrive ici n’est que du bonus», dans la mesure où il a déjà remporté le tournoi en 2009. Arrivé avec l’étiquette de numéro 3 mondial et une préparation correcte mais pas exceptionnelle (battu par Gasquet à Rome, Nadal à Madrid), les médias se sont focalisés sur Rafael Nadal et Novak Djokovic. Le Suisse a donc passé les tours presque inaperçu, sans lâcher le moindre set. Un avantage en terme de temps passé sur le court mais peut-être un inconvénient car il ne s’est jamais véritablement retrouvé en position défavorable. On se souvient qu’en 2009, il avait par exemple bataillé en cinq sets durant la première semaine contre Haas. D’autre part, comment va-t-il réagir alors qu’il reste sur trois défaites consécutives contre Novak Djokovic? Federer répète à l’envi que lui aussi a battu son adversaire trois fois de suite fin 2010. Mais c'était une autre époque pour le Serbe…

Le service de Federer

Si l’on compare les statistiques des matches gagnés fin 2010 par le Suisse et perdus cette année pour le glouton Djokovic, on peut en conclure que si Federer veut se qualifier pour la finale, il va devoir compter sur un service très solide.

Fin 2010, au Masters de Londres, Roger Federer bat Novak Djokovic 6-4, 6-1. Le Suisse remporte 76% de points derrière sa première balle tandis que le Serbe gagne 30% de points en retour, sur l’ensemble du match. En 2011, finale de Dubaï. Djokovic l’emporte 6-3, 6-3. Roger Federer ne gagne que 62% de points derrière sa première balle tandis que Djokovic glane 46% de point en retour (dont 60% en deuxième balle !). Face à ce formidable relanceur qu’est Novak Djokovic, Roger Federer va devoir utiliser tout son panel d’effets et de variations, mais aussi trouver les zones idéales pour provoquer l’indécision chez le Serbe en retour. Ainsi, il pourra avancer dans le court et conclure ses points au lieu de reculer dans le premier échange et d’être ainsi acculé par Novak Djokovic. Et cela passe automatiquement par un pourcentage efficient de première balle.

D’autre part, Roger Federer aura l’obligation de se montrer agressif dès l’entame de match. Ne pas laisser jouer le Serbe, lui montrer que s’il veut gagner, il va devoir s’employer. On se souvient qu’en huitièmes, le numéro 2 mondial avait d’entrée breaké un Richard Gasquet peut-être pas assez agressif. Toujours est-il que si le Suisse nourrit un quelconque complexe (comme il pouvait ou pourrait en avoir un face à Rafael Nadal) contre Novak Djokovic - ce qu’il réfute -, il devra en faire abstraction.

Alors, Roger Federer ou Novak Djokovic?

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