Roland Garros : un époustouflant Stéphane Robert élimine Berdych

Bien que mené deux sets à zéro, le Français a sorti Tomas Berdych, le demi-finaliste de Roland Garros 2010, au terme d'une fantastique remontée. Récit.

Un match de tennis n'est jamais terminé! Cet axiome - battu et rebattu à de maintes reprises - pourrait paraître désuet, a fortiori pour les joueurs du Top 10 dont Tomas Berdych fait partie. Mais il est encore bien d'actualité. En témoigne la formidable remontée du Français Stéphane Robert, accusant un débours de deux sets (3-6, 3-6) avant de l'emporter au terme d'un match épique.

Berdych à son aise...

Les deux premières manches corroborent pourtant la différence de classement entre les deux joueurs. Tomas Berdych, tête de série numéro 6, finaliste à Wimbledon dans la continuité de sa demi-finale ici même l'an passé, domine un Stéphane Robert actuellement 140e à l'ATP et issu des qualifications. Le Tchèque s'appuie sur un service efficace (76% et 75% de premières balles dans les deux premiers sets) et gagne ainsi facilement ses jeux de service, tout en se montrant intraitable sur les mises en jeu du Français, qu'il breake sur sa seule occasion dans le premier set. C'est ainsi qu'après avoir obtenu le gain de la deuxième manche, on voit mal comment le Tchèque pourrait ne pas se qualifier pour le tour suivant.

... avant de s'éteindre

Mais va alors débuter la folle remontée d'un Stéphane Robert déchaîné, soutenu par le public d'un court numéro 2 tout acquis à sa cause. Relâchement conscient ou inconscient, toujours est-il que Tomas Berdych faiblit sur sa mise en jeu. S'il remporte toujours autant de points derrière sa première balle, ces dernières se font en revanche de plus en plus rare (43% dans le troisième set), ce qui profite au Français, retournant à merveille. Une statistique éloquente vient étayer tout cela: le Tchèque n'a remporté que 2 points sur 16 sur sa deuxième balle dans le troisième set!

Stéphane Robert très entreprenant

Le Français empoche le troisième set, breakant à trois reprises son adversaire (6-2), et continue sur sa lancée dans le suivant, en avançant avec à-propos dans le court, mettant ainsi constamment sous pression la tête de série numéro 6, et venant souvent conclure les points au filet (12 coups gagnants dans le troisième set, 14 dans le quatrième, 12/12 à la volée dans ces deux manches). Surtout, ces points gagnés sont extrêmement variés, mettant ainsi en exergue tout un éventail de qualités techniques, que ce soit au service, au filet, en coup droit ou en revers. Il recolle donc à deux sets partout (6-2) et se procure, à 2-2 dans la manche décisive, quatre balles de break, écartées par le Tchèque. Ce dernier, à l'image des grands joueurs mis en difficulté, parvient à subtiliser dans le jeu qui suit le service du Français. On se dit alors que la rencontre est pliée.

Balle de match pour Berdych

C'est sans compter sur la détermination d'un Stéphane Robert étonnamment concentré sur son jeu et surtout prompt à ne rien céder. Mené 4-2, il rétablit son retard dans la foulée et concède même une balle de match à 4-5, qu'il repousse d'un service gagnant plein de sang-froid. Et à 7-7, dans une fin de match très accrochée face à Tomas Berdych refaisant quelque peu surface, le Français réalise le break, dans le sillage d'un engagement total (18 coups gagnants dans le dernier set). Avant de réussir à ne pas craquer sur sa propre mise en jeu (9-7) pour ce qui restera sûrement comme sa plus grande victoire sur le circuit, mais également comme l'exploit de la quinzaine, compte tenu de l'écart de classement entre les deux joueurs.

Rien à perdre

Car, à 31 ans, Stéphane Robert - qui dispute seulement son troisième Roland Garros - s'affirme sur le tard. S'il est redescendu cette année à la 140e place à l'ATP, son meilleur classement date de l'an dernier (61e), suite à une finale à Johannesburg (après avoir notamment battu David Ferrer) et d'une victoire sur le tournoi challenger de Tanger. Suffisant pour sortir Tomas Berdych à Roland Garros? Cela peut s'expliquer par différents facteurs. Avec en premier lieu la forme du Français, qui a atteint début mai les demi-finales au challenger de bordeaux (battu par Horacio Zeballos) après s'être extirpé des qualifications. Et passé également par ces dernières Porte d'Auteuil, il n'avait pas grand chose à perdre, et même tout à gagner. Et c'est ce qu'il a fait, avec brio et audace.

Sur le même sujet