Le bilan de la saison F1 2010, Red Bull-Renault

A tous les points de vue, 2010 est une année réussie pour l'écurie autrichienne. Pourtant, l'équipe manque de maturité dans la gestion des pilotes.
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Cette année, l'écurie Red Bull-Renault a marqué les esprits en remportant le titre constructeurs et le titre pilotes avec Sebastian Vettel. La RB6 conçue par Adrian Newey est un véritable joyau et seule une fiabilité inconsistante les a empêché de dominer sans partage. Cette année, ce n'est pas le moteur Renault qui est la cause principale des soucis de Red Bull, contrairement à 2009. Le partenariat avec le constructeur a d'ailleurs été prolongé pour trois ans, signe des progrès réalisés par Renault.

Vilipendée et raillée depuis son arrivée en Formule 1 en 2005, l'écurie Red Bull a prouvé qu'elle n'était pas là simplement pour le show. Ses lourdes stratégies de communication et ses opérations de promotion publicitaire ne l'ont jamais détourné de son objectif final: devenir champion du monde. En s'adjugeant les services d'une partie du mythique staff technique de Mclaren, dont Adrian Newey, l'écurie autrichienne a réussi son pari. Elle a dominé les écuries établies que sont Ferrari, Mclaren, Renault...

Une gestion d'équipe à revoir

Pourtant, ils ont bien failli tout perdre à cause d'une trop molle gestion des pilotes. Sebastian Vettel et Mark Webber ne s'apprécient guère, c'est un fait. Le problème est qu'ils se sont quasiment déclaré la guerre cette année! L'accrochage au Grand Prix de Turquie a privé Red Bull d'un doublé qui leur aurait permis de faire le trou au championnat. Il ne faut pas oublier non plus l'affaire de l'aileron avant du Grand Prix d'Angleterre où Vettel a clairement été avantagé par rapport à Webber.

Dans l'ensemble, Christian Horner a mal géré son équipe, ne cachant pas son petit faible pour le prodige allemand. Webber a bien failli leur infliger un camouflet en remportant au nez et à la barbe de son coéquipier le titre de champion du monde, alors que Vettel était donné largement favori. Horner devra tirer les leçons de cette année riche en évènements malheureux pour Red Bull pour faire de son écurie un modèle du genre. Car l'équipe n'aura pas chaque année la meilleure monoplace du plateau.

Le bilan des pilotes

Sebastian Vettel: "Baby Schumi" n'est passé loin de la correctionnelle cette saison. De trop nombreuses fautes de pilotage et d'appréciation viennent ternir un bilan qui aurait pu atteindre la perfection. Mais Vettel a su démontrer au bon moment qu'il avait un moral de champion. Il a réalisé une fin de saison remarquable à tous les points de vue, mettant totalement son coéquipier sous l'éteignoir. Le titre de champion du monde remporté à Abou Dhabi n'en est que plus mérité. Vettel a le talent pour devenir un très grand de la Formule 1. A lui maintenant de trouver le mental qui va avec.

Mark Webber: l'Australien aura tout tenté cette saison. Très longtemps en tête du championnant, Webber a failli créer la surprise, en réalisant la meilleure saison de sa carrière, à 34 ans. Son doublé Espagne-Monaco l'a propulsé du rang d'outsider à celui de favori pour le titre de champion du monde. Le favoritisme dont a bénéficié Vettel a empêché l'Australien de se focaliser sur la course et seulement la course. En jouant des coudes au sein même de son équipe, il a éparpillé ses forces. Et cela s'est senti en fin de saison, où il a été totalement dominé par Vettel.

En 2011, l'écurie Red Bull-Renault aura la lourde tâche de confirmer.

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