Malaise F1 2011, la confusion gagne le Grand Prix

Sur le papier, Sebastian Vettel a remporté le Grand Prix de Malaisie. En réalité, c'est plutôt le spectateur qui a perdu la tête devant sa complexité.

Chaque année la Fédération internaionale de l'automobile (FIA) change les règles pour amener plus de spectacle. C'est la course au dépassement. Grâce au système de l'aileron arrière ajustable (AAA ou DRS en anglais) et au retour du récupérateur d'énergie cinétique (KERS), il va assurément y en avoir beaucoup plus. Mais il n'y aura pas nécessairement plus de spectateurs. Les courses sont aujourd'hui bien trop compliquées pour attirer un nouveau public. Et le passage de Bridgestone à Pirelli n'y est pas étranger.

Des pilotes perdus

Depuis le Grand Prix de Malaisie dimanche dernier, les déclarations sur la confusion de la course n'ont cessé de pleuvoir dans la presse. "

D'une certaine manière c'était une course très confuse. Il fallait comprendre, ou plutôt essayer de comprendre ce que changeait les arrêts aux stands, et s'il fallait faire attention aux pneus ou pas",

lance Jenson Button à l'issue d'une course qu'il a terminé en seconde position.

Mardi, c'est Fernando Alonso qui s'est fait l'écho de son homologue britannique: " Tu essayes de faire ta course, en sachant que tu peux te retrouver deuxième ou troisième, mais cela ne signifie pas que c'est ta place réelle. Si tu es dans une autre stratégie (que les autres) , tu peux être cinquième ou sixième." Les pilotes eux-mêmes ne savaient plus où donner de la tête.

Des Pirelli en coton

C'est une réalité, les Pirelli ne sont pas au niveau. On peut d'ailleurs se demander si c'est une surprise. Préféré à Michelin pour remplacer Bridgestone l'année dernière, le manufacturier italien n'avait aucune référence récente au plus haut niveau.

Arrivé en Formule 1 dans les années 50, Pirelli a remporté durant cette décennie l'essentiel de ses 45 victoires avant de quitter la catégorie reine. La marque va ensuite revenir brièvement entre 1981 et 1986 puis entre 1989 et 1991 et ne signer que trois petites victoires. Alors Pirelli, le bon choix? Les pilotes qui doivent s'arrêter entre trois et quatre fois par course vous répondront que non.

Dépassements artificiels

Grâce aux systèmes de l'aileron arrière ajustable et du récupérateur d'énergie cinétique, les dépassements sont au rendez-vous. Mais quelle valeur gardent-ils? C'est la FIA qui garde le contrôle sur l'utilisation de l'aileron arrière ajustable. Le pilote voit un voyant vert s'allumer et peut dès lors actionner le système, qui lui permet d'incliner l'ailette supérieure de son aileron arrière et ainsi atteindre une vitesse suffisante pour dépasser son adversaire. Un artifice qui enlève de la valeur à l'exploit personnel du pilote.

Juste avant le Grand Prix de Malaise, Sebastian Vettel s'était inquiété de la multiplication des aides électroniques. Pour lui, le pilote passe plus de temps à regarder son volant que la piste qui défile à 300 km/h. Cela ne l'a pourtant pas dérangé outre mesure au moment de remporter les deux premières courses de la saison. Et de se diriger vers une troisième victoire d'affilée au Grand Prix de Chine, où il vient de signer la pole position.

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