De Kyoto à Cancun : histoires d'accords pour sauver la planète

Le protocole de Kyoto a fixé les mesures de lutte contre le réchauffement climatique jusqu'en 2012. Cancun a rassemblé 194 pays pour reconduire l'accord.
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Au début des années 1990, des scientifiques tirent la sonnette d’alarme : il faut absolument réduire les gaz à effet de serre pour éviter le réchauffement de la planète. Comme cette constatation met en péril des enjeux financiers importants, elle est contestée par un grand nombre de pays.

La création du GIEC

C’est ce qui va pousser deux organismes internationaux concernés par la question, à savoir l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale) et l’ONU à créer, en 1988, le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat (GIEC).

Le GIEC est chargé, via les plus grands scientifiques mondiaux de faire un examen critique et une synthèse de tout ce qui se publie sur la question du climat.

C’est ainsi que le GIEC publie des rapports tous les cinq ans. Ces rapports sont des outils d’aide aux décideurs.

Depuis 1990, le GIEC a publié quatre rapports dont le plus récent, datant de 2007, conclut que l’essentiel de l’accroissement constaté de la température moyenne de la planète est «très vraisemblablement» dû à l’augmentation observée des gaz à effet de serre (GES). Le taux de certitude est supérieur à 90%.

La ratification du protocole de Kyoto

Entre temps, dans le cadre de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, de nombreux pays se rencontrent, une fois par an, depuis 1993.

Le 11 décembre 1997 à Kyoto, au Japon, ces pays signent un traité international visant la réduction des émissions des GES. C’est le protocole de Kyoto. Après plusieurs rounds annuels de négociation (seize conférences entre 1995 et 2010), seul les Etats-Unis n’ont pas ratifié l’accord.

Les mécanismes de flexibilité du protocole

Pour faciliter l’application du protocole, un certain nombre de mécanismes de flexibilité ont été prévus :

  • L’action domestique doit constituer la plus grande part de l’effort de réduction
  • Création d’un fonds d’adaptation alimenté par la banque mondiale pour financer les projets d’adaptation aux changements climatiques des pays qui ont ratifié le protocole
  • Mise en place d’un mécanisme de permis négociables visant à encourager l’amélioration des systèmes trop polluants
  • Création du mécanisme de développement propre (MDP) pour encourager l’adoption de méthodes de production plus propres. Ces mécanismes génèrent des crédits d’émission sur la base de projets d’investissements dans les pays en voie de développement.
  • Mise en œuvre conjointe d’un mécanisme de financement de projets ayant pour objectif premier le stockage du carbone ou la réduction des GES.

Enjeux et résultats de Cancun

Des délégations de plus de 190 pays se sont réunies à Cancun, au Mexique, en novembre 2010, pour donner un nouveau souffle à la lutte contre les changements climatiques. Or, si les pays du Sud insistent pour prolonger l’accord au-delà de 2012, des pays comme le Japon, le Canada et la Russie s’y opposent car ils estiment que le protocole ne couvre que 30% des émissions globale des GES et n’engagent pas assez les deux plus grands pollueurs : la Chine et les Etats-Unis.

De l’avis unanime, la conférence de Cancun a été une réussite exemplaire ayant abouti à un accord rassembleur. En effet, pour la première fois, c’est l’ensemble de 193 pays qui a été impliqué et pas seulement les 37 pays industrialisés comme à Kyoto. Tous les pays ont été conviés à dé-carboniser leur économie pour réduire les GES.

Mieux, les signataires de Kyoto ont tous reconnu que pour stabiliser le climat à 2ºC, il fallait réduire de 25 à 40% les émissions anthropiques de GES et cela, d’ici dix ans.

Une dernière décision a consisté en un engagement à fournir, d’ici 3 ans, 30 milliards d'euros en programmes d’aide pour la lutte contre les changements climatiques dans les pays du tiers monde. Cette somme grimpera à 100 milliards en 2020.

Conférence de Cancun, un grand pas pour sauver la planète en attendant Durban, en 2012.

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