La vidéo est-elle nécessaire au football?

Les enjeux sociaux et financiers du football sont devenus très importants et l'arbitrage constitue le talon d'Achille d'un sport qui engendre des passions
19

En effet, les arbitres, de par leur impact sur les résultats des matches sont devenus des acteurs importants dans ce qu'il est, aujourd'hui, convenu d'appeler le football business. Par leur simple pouvoir de décision, ils peuvent faire basculer des matches, des pronostics et menacer de gros intérêts financiers.

Deux cas hyper médiatisés

Deux erreurs historiques d'arbitrage ont fait jaser le monde du football:

1) La première a eu lieu durant la finale de la coupe du monde 1966 entre l'Allemagne et l'Angleterre. Les deux équipes jouent les prolongations après avoir fait 2-2 durant le temps réglementaire. À la 100 ème minute, Geoff Hurst se retrouve dans la surface de réparation et tire. La balle touche la barre transversale (carrée et en bois à l'époque), retombe (presque ?) sur la ligne, ressort du but et est dégagée par un défenseur allemand. La question est : y a-t-il but ? D'après le règlement, la balle doit avoir franchi entièrement la ligne pour qu'il soit accordé. L'arbitre de la finale n'est pas sûr et consulte son juge de touche. Ce dernier indique que la balle a franchi la ligne et le but est accordé, malgré les protestations allemandes.

2) La deuxième très médiatisée est celle du but marqué de la main par Maradona durant la coupe du monde 1986. Le joueur argentin confirmera plus tard la faute en déclarant ironiquement que c'était la main de Dieu.

Ces deux cas illustrent l'impact des erreurs d'arbitrage sur le résultat d’une rencontre. Néanmoins, c'est la multiplication des contestations des décisions arbitrales ainsi que les gros enjeux sociaux et financiers qui pousseront certains observateurs à suggérer l'utilisation de la vidéo pour trancher dans les situations litigieuses, comme dans le tennis ou dans le hockey sur glace.

Cette suggestion a fait beaucoup d'adeptes mais est venu buter sur une opposition solide en la personne de Platini, Président de l'UEFA et membre influent de la FIFA qui estime que les erreurs d'arbitrage font partie du jeu.

Pour ou contre la vidéo au football

Ceux qui sont «contre» avancent un ensemble d'arguments.

Ils trouvent que la question de la vidéo n'est pas assez précise pour être analysée; en effet, s'agit-il d'appliquer la vidéo à toutes les situations litigieuses (il y avait ou pas corner?, le coup franc est-il valable?, Tel joueur a-t-il frappé tel autre?, etc.) ou seulement aux situations décisives ?

Et, dans ce deuxième cas, qui décidera si une situation est décisive ou pas?

Un ensemble d'amateurs trouvent que le football y perdrait ce qui fait son charme, à savoir sa spontanéité. De plus, l'intervention de la vidéo va contribuer à ralentir le jeu, voire à le dénaturer, et la durée d’un match augmenterait, de manière significative.

D'autres avancent qu'en faisant appel à la vidéo, on déresponsabilise en atténuant le pouvoir de l'arbitre qui est un acteur important dans un matche de football.

Finalement, une grande frange du public pense qu'après tout, le football est une affaire d'hommes(ou de femmes) et l'erreur est humaine.

Les amateurs de la vidéo

La plupart des individus favorables à la vidéo trouvent qu'il y a trop d'erreurs d'arbitrage au football, surtout à proximité de la surface de réparation. De plus, ils pensent que la vidéo complète l'arbitre et ne le remplace pas. Pour eux, le jeu ne sera que modérément ralenti, surtout si la vidéo intervient dans une action avec la balle déjà dehors.

La vidéo permettrait de corriger au moins 90% des injustices.

La vidéo est un assistant, à l'instar des arbitres de touches et l'arbitre de centre restera toujours le maître à bord.

Cet outil issu de la technologie n'est pas une fin en soi mais une étape dans l'évolution de ce jeu si populaire. Il permettra au public d'aiguiser son esprit critique en décortiquant et en analysant des images pour viser l'objectivité et la justice.

Sur le même sujet