Les filières mafieuses du football international

La médiatisation des vedettes de football, issues pour la plupart de milieux modestes, a entretenu l'idée que le football constituait un tremplin...
12

Le football est devenu tributaire de l’argent. Ce constat est presque une lapalissade, mais faut-il s’en réjouir ou plutôt déplorer cette situation. Car si le statut du football a changé, ce n’est pas systématiquement en mal. En effet, tout en restant un spectacle avec son aspect de loisir et ses relents passionnels, le football est devenu une activité économique qui fait vivre des millions de gens dans le monde. Mais si le football offre quelques ascensions fulgurantes (Comme celles des Pelé, Maradona, Zidane, Messi ou Ronaldo), il engendre aussi de nombreux laissés-pour-compte, à l’image de tous ces jeunes qui abandonnent leurs études voire leur pays pour une carrière chimérique ou éphémère.

Les grands perdants du football business

L’hyper médiatisation des vedettes de football, issues pour la plupart de milieux modestes, a entretenu l’idée que le football constituait un tremplin pour l’ascension sociale. Il est vrai que certaines réussites peuvent marquer les esprits mais elles ne constituent que des exceptions comme tendent à le prouver les milliers de victimes.

Les gâchis des centres de formation

Les centres de formations sont devenus, pour la plupart des grandes nations de football, des pépinières où l’on forme les futurs titulaires voire les stars des clubs professionnels.

Malheureusement, les objectifs de performance à tous prix ont transformé ces centres en de véritables casernes où les candidats sont assujettis à des entraînements intensifs pour des chances de succès minimes.

De plus, ces centres façonnent négativement la personnalité. En effet, coupés carrément du monde pour une longue période, les jeunes mènent une vie recluse dont les modalités sont minutieusement réglées; ils sont perpétuellement encadrés. Ce qui annihile leurs capacités de création et cultive chez eux un sentiment de soumission.

3. La filière brésilienne

Les cas de Ronaldo, Ronaldinho, Kaka ou Robinho sont des success -story hyper médiatisées qui constituent l’arbre qui cache la forêt de magouilles d’un business qui fait la fortune d’agent véreux spécialisés dans la vente de joueurs brésiliens.

L’attirance pour les joueurs brésiliens s’explique, bien sûr, par les réussites exceptionnelles de stars du pays mais aussi par l’importance et le renouvellement de l’effectif.

Pour Alejandre Bittencourt, rabatteurs du club de Fluminense à Rio De Janeiro, « les joueurs brésiliens sont comme une récolte : chaque année, vous en vendez 800 dans le monde entier et l’année suivante, une nouvelle récolte est prête. ».

Depuis 2004, le Brésil a exporté plus de 3000 joueurs et pendant l’année 2007, un nouveau record a été battu avec une moyenne de 100 joueurs vendus par mois.

4. La traite des footballeurs africains

En 2007, le nombre de joueurs africains évoluant dans les différents clubs professionnels européens (ligue 1 et 2 confondues) dépassait les 500, dont 245 évoluaient dans les ligues françaises.

Le chiffre atteint n’est pas le fruit, malheureusement, d’une politique concertée entre les responsables des fédérations africaines et les instances sportives officielles européennes ; il n’est hélas, à de très rares exceptions près, que le résultat d’un circuit parfois « mafieux » bien rodé qui laisse sur le carreau des centaines de « laissés pour compte » qui vont gonfler les statistiques de l’immigration clandestine et des drames sociaux qui en résultent.

Description du circuit

La réussite exceptionnelle des Drogba, Eto’o, Essien et Adebayor a poussé de nombreux jeunes africains, doués pour le football, certes, mais souvent naïfs, à croire qu’il était facile d’atteindre les cimes du football mondial.

C’est souvent cette fragilité mentale qui les fait tomber dans les bras d’agents européens sans scrupules qui sillonnent le territoire africain à la recherche de la perle rare.

C’est ainsi que les équipes de quartier, les équipes locales ou les écoles de football font l’objet d’une étroite surveillance de la part de ces agents qui sont en rude concurrence entre eux.

Ces agents touchent entre 5 et 20 % sur le montant du transfert de leur « poulain » dès qu’il signe un contrat. Même si le métier d’agent est encadré par la loi, la plupart d’entre eux travaillent dans la clandestinité et se déplacent dans les pays africains avec un simple visa touristique pour des « essais » de quelques jours. Ces rabatteurs ne reculent devant rien : payer la famille, corrompre un fonctionnaire, racheter des contrats, payer une lettre de sortie à la fédération,…

De plus, si le joueur est accepté dans un club pro, ils n’hésitent pas à payer des « dessous de table » aux dirigeants du club acheteur. Mais au moindre pépin (test non concluant, blessure, désaccord financier,…), l’agent disparaît et abandonne le jeune africain à son destin. C’est ainsi que des centaines de jeunes africains se retrouvent seuls, exilés, sans papiers, sans ressources et sans avenir.

Sur le même sujet