Les pétrodollars envahissent le football européen

Il est indéniable qu'aujourd'hui, l'argent influe sur les performances du football mondial. Et ce sont les clubs les plus riches qui dominent ce sport.
37

Ces clubs bénéficient d`’importantes mannes financières issues de la publicité, des droits de retransmission télé et de la ventes de produits à l’effigie du club, sans oublier les recettes issues de la billetterie puisque le football est avant tout un spectacle.

Cette richesse leur permet de s’accaparer les plus grands joueurs et les meilleurs entraîneurs.

Les milliardaires du football

Des hommes d’affaires milliardaires ont vite saisi l’opportunité que leur offrait le sport le plus populaire du monde et ils se sont empressés d’investir dans les grands clubs. Les cas les plus célèbres sont ceux de l’italien Silvio Berlusconi et du russe Roman Abramovitch qui ont respectivement acheté l’AC Milan(en 1986) et Chelsea (en 2003) et ils en ont fait, en quelques années, des leaders du football mondial.

Mais si les milliardaires occidentaux étaient motivés par les perspectives de bénéfices et par la rentabilité financière, il n’en est pas de même pour les milliardaires venus du Golfe.

Les clubs de football, des jouets pour les milliardaires arabes?

L’arrivée des milliardaires arabes a changé la donne puisque, contrairement à leurs prédécesseurs, ils vont s’intéresser même aux entreprises non rentables. En effet, leurs motivations sont extra financières. Pour certains d’entre eux, acquérir un club de football, c’est comme posséder un jouet. Il s’agit plus d’un divertissement que d’un investissement.

Pour comprendre cette mentalité, il faut avoir une idée sur ce petit pays immensément riche qu’est le Qatar. Situé au Moyen-Orient, ce pays a une économie qui dépend totalement du gaz et du pétrole. Aussi, pour diversifier ses activités, il s’est tourné vers le tourisme. Et pour faire connaitre le Qatar dans le monde, le football est un des moyens les plus efficaces. Par conséquent, l’investissement dans les grands clubs pro fait partie de cette stratégie globale.

Une autre des spécificités des milliardaires du Golfe, c’est de ne pas lésiner sur les moyens. Or, plus les sommes investies sont importantes, plus la réussite est rapide.

C’est ce qui est confirmé par les trois exemples les plus significatifs, actuellement.

Les investisseurs émiratis et les succès de Manchester City

Manchester City appartient aujourd’hui à Mansour Zayed Al Nahyan, membre de la famille royale d’Abou Dhabi qui a injecté des sommes colossales pour recruter de grands joueurs. Les résultats ne se sont pas fait attendre : après avoir terminé troisième du championnat, la saison dernière, Manchester City vise le titre cette année. Sa pléthore de stars : Aguero, Tevez, Nasri, De Jong, les frères Touré, … le justifient pleinement.

La révolution arabe en Liga

L’arrivée du neveu de l’Émir du Qatar, Abdullah Nasser Al Thani à Malaga, est en train de provoquer une révolution en liga puisque le petit club andalou s’est invité dans la cours des grands. Actuellement sixième du championnat espagnol, Malaga vise la ligue des champions dès cette année. Pour y arriver, le club a enrôlé un grand entraineur, assoiffé de revanches : Manuel Pellegrini et de nombreuses vedettes comme Van Nistelroy, Toulalan ou De Michelis.

Le PSG aux couleurs du Qatar

La France ne pouvait résister longtemps aux sirènes des pétrodollars. Avec le Paris Saint Germain, c’est un beau fleuron qui tombe aux mains des qataris. Acheté par le Qatar Sports Investments (QSI), propriété de Tamim Bin Hamed Al Thani, prince héritier du Qatar, le club ne chôme pas : il engage le brésilien Ronaldo comme directeur technique puis il se lance dans une série de recrutements onéreux qui s’achèvera par le plus gros transfert de l’histoire de la ligue française : l’argentin Pastore acquis pour 43 millions d’euros.

Pour l’instant, la hiérarchie des Top 5 est encore respectée avec le Barça, le Réal, Manchester United, AC Milan et le Bayern mais une question qui s’impose de plus en plus : jusqu’à quand?

Sources :

  1. Foot : l’argent fait-il le bonheur , par Ennasri Nabil, 4 juillet 2011
  2. Révolution arabe en Liga , par Javier Prieto Santos, 6 mars 2011
  3. Les jouets du calife, par Joseph Facal (Le journal de Montréal), 23 sept. 2011

Sur le même sujet