Les sunnites et les chiites: quelles différences?

Les Sunnites et les Chiites sont tous des musulmans. Alors, pourquoi sont-ils en conflit permanent? Les raisons sont profondes et ancrées dans le passé.

Lorsque les révélations ont été transmises au prophète Mohammed par morceaux et de manière discontinue, il dut faire face à la pression de plus en plus menaçante des Mecquois, menacés dans leur commerce par cette nouvelle religion. Sa vie fut menacée. De plus, les décès successifs et peu espacés dans le temps de sa femme Khadija puis de son oncle Abû Taleb le plongèrent dans une profonde tristesse. C'est là qu'il décida d'émigrer, avec ses fidèles, à l'oasis de Yathrib où la plupart des habitants s'étaient déjà convertis à l'Islam et y attendaient le prophète dans la liesse.

La naissance du calendrier musulman

Ce fut le début de l'ère musulmane ou Hégire (traduction du mot hijra, émigration). L'année 622 coïncidera avec la première année du calendrier musulman.

Yathrib devint Médine, «La ville du prophète». Il y eut deux types de fidèles: les habitants de Médine, les «Ansar» (les supporters) et les «Mouhajirounes», moins nombreux, venus de la Mecque avec le prophète.

Les origines de la division : Chiites-Sunnites

Dès la mort du prophète, les clans, notamment les «Ansar» (les supporters) et les «Mouhajiroune», se réunirent pour choisir un successeur. Après des débats houleux, ce fut Abou Bakr, l'ami et le confident du prophète, qui fut désigné comme successeur. Il reçut l'allégeance de la majorité des musulmans.

Mais ce choix sera contesté par une partie, minoritaire, de la communauté musulmane pour qui c'est à Ali, cousin et beau-fils du prophète et à sa descendance que revient cette succession.

Ce conflit, d'abord politique, va s'étendre et englober une question plus cruciale: la révélation est-elle close avec la parole du prophète Mohammed? C'est l'option des Sunnites qui constituent la majorité des musulmans. Ou bien: la révélation se poursuit-elle avec l'interprétation inspirée des imams? C'est l'option chiite.

Le sunnisme est le courant religieux majoritaire de l'islam. Il représente 85 à 90% des musulmans.

Les croyances propres au chiisme

Le chiisme se démarque du sunnisme par trois croyances:

1. La croyance en l'Imam: pour les Chiites, le prophète Mohammed n'ayant pas de fils survivant, c'est Ali, cousin et beau-fils, qui représente sa descendance et sa lignée la plus proche.

De plus, au terme d'une assez longue évolution doctrinale du chiisme, l'omam devient le détenteur du sens caché du Coran. Selon cette croyance, à chaque prophète envoyé par Allah avec un livre, a été assigné un imam à qui a été confié le sens intérieur et caché du livre. C'est ainsi qu'Ali est devenu le premier imam de l'Islam chiite, «le mainteneur du livre», le dépositaire du sens caché du Coran. Ses descendants, héritiers de la fonction d'imam, se transmettent ce charisme jusqu'à ce que la méchanceté du monde force le dernier imam à disparaître (Ghayba), même s'il continue de vivre dans un autre monde et de parler au cœur des croyants.

2. La croyance du Mahdi: le Mahdi, c'est l'imam caché, le dernier des imams reconnus. Au moment où le monde aura atteint les limites de l'iniquité et du mal, le Mahdi reviendra pour redresser les torts, instaurer le règne de la justice et redonnera de l'espoir aux faibles et aux opprimés.

3. La croyance en la valeur rédemptrice de la souffrance: en attendant l'arrivée de l'imam caché, le Mahdi, les Chiites donnent une valeur rédemptrice à leur souffrance en l'associant à celles d'Ali et de son fils Hussein.

Pendant le Moharram, le premier mois du calendrier musulman, les fidèles commémorent le martyr d'Ali et d'Hussein par le rituel de flagellation.

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