Mariage à la marocaine

S'il est une tradition chère à tous les marocains, qu'ils soient riches ou pauvres, jeunes ou âgés, des femmes ou des hommes, c'est bien le mariage.
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Même s’il subsiste encore des mariages «arrangés» dans le but d’unir deux familles, le mariage marocain, à l’instar des unions modernes, correspond à la volonté des futurs époux d’unir leurs destinées.

La dot et le contrat

Les cérémonies du mariage commencent par la conclusion de l’acte de mariage, en présence de témoins, par des Adouls (équivalant aux notaires). Ce contrat est signé, de quelques jours à quelques mois avant le début des rituels et des festivités. Selon les us et coutumes, la famille du marié apporte une dot (somme plus ou moins importante destinée à l’équipement de la future maison du couple).

Le rite de purification

Quinze jours avant son entrée au domicile conjugal, la jeune fille se rend toutes les deux nuits au Hammam (bain maure) pour effectuer les ablutions rituelles. La dernière séance correspond au lavage avec les seaux ( Takbib ) : la future mariée se présentera escortée de parentes et amies, au bain maure où elle est reçue par les employées du bain (appelées Taayabates ) qui l’accompagnent processionnellement jusqu’à la salle la plus reculée (la plus chauffée, en général) en chantant les louanges du prophète . Dans cette salle, sept seaux remplis d’eau tiède sont rangés ; les tayyabates vont puiser avec un récipient venu directement de La Mecque, successivement l’eau qui est versé sur la tête de la future mariée. A l’issue de cette cérémonie, la future mariée serait alors sous la protection des anges. Ce site de purification marque la rupture avec le passé et constitue le point de passage vers une nouvelle ère.

La cérémonie du Henné

Elle a lieu la veille du jour des noces. Le henné est une plante dont les feuilles produisent de la teinture jaune ou rouge. Recommandé par le Prophète, le Henné vise à embellir la mariée. C’est une femme, appelée « Nekkacha » qui est chargée de cette opération. Les feuilles de Henné sont moulues et tamisées puis mélangées avec l’essence d’eucalyptus et de l’eau de fleurs d’oranges. Ensuite la Nekkacha effectue le tatouage sur les mains puis les pieds de la mariée, en dessinant des motifs attrayants. Cette cérémonie, qui se déroule, en présence des femmes proches de la mariée, symbolise l’acheminement vers le statut d’épouse.

La coutume de l’offrande (Lahdia)

Avant le mariage, le fiancé offre des présents à sa future épouse. Certains sont symboliques comme le sucre (représentant la vie heureuse), le lait (la pureté) ou les dattes. Le reste des offrandes varie selon les moyens ; on y trouve généralement des coupons de tissus, des caftans, des chaussures, des sacs à main, des parfums, etc. Les cadeaux sont disposés sur de grands plateaux de couleurs argent (les téfors ) recouverts d’un couvercle conique. Les cadeaux sont remis à la fiancée à son domicile dans un cortège comportant des porteurs soulevant les téfors et un orchestre qui animent les danses des invités. Ce rituel permet de faire, dans le quartier de la fiancée, la publicité de l’évènement et informer la population du futur mariage.

La cérémonie de mariage («La Berza»)

La fête, proprement dite, se déroule dans un Riad (maison traditionnelle comportant un grand patio), sous une tente à proximité du domicile de la mariée ou dans une salle de fête. Dans tous les cas, une estrade est aménagée avec deux sièges luxueux, permettant de mettre en évidence les mariés pour qu’ils soient vus de tous. La jeune épouse arrive devant l’assistance vêtue d’un caftan blanc avec des bijoux assortis. Elle est assise, avec son mari, sur une chaise à porteurs, appelée «AMARIYA». Ils font le tour dans la salle, sur des airs de musique, et, arrivés près de l’estrade, ils descendent de l’Amarya pour s’asseoir. Les convives viennent, chacun leur tour, prendre des photos en leur compagnie. Sur un des côtés de la salle, des orchestres se relayent pour accompagner les différentes animations et pour faire danser les convives. Pendant toute la soirée, la mariée change quatre à sept fois de tenue, de parure, de bijoux et de coiffure pour représenter les principales régions du Maroc. Cette cérémonie est orchestrée par les «Naggafates», ces femmes au fait des traditions, des us et coutumes ; elles sont les maîtresses de cérémonie. Elles peuvent être quatre ou cinq, sous la direction de l’une d’entre elles. Ce sont elles qui habillent la mariée, la parent de bijoux et gèrent le timing. A la fin de la cérémonie (qui se termine, en général, au petit matin), la mariée revêt une robe blanche pour couper le grand gâteau (pièce montée à cet effet).

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