user_images/148080_fr_quatuor6.jpg

RAPHAËLLE O'BRIEN

Publié dans : Les articles Culture de Raphaëlle O'Brien

Anna Starobinets, la reine russe de l'angoisse arrive en France

Portrait d'un écrivain entre horreur, fantastique, folklore et science-fiction, rapprochée de Stephen King, Philip K. Dick ou Neil Gaiman.

Les auteurs russes contemporains ont parfois du mal à se frayer un chemin jusqu’au public français. Grâce aux éditions Mirobole, qui viennent d’ouvrir à Bordeaux, l’une des romancières les plus prometteuses de sa génération nous arrive enfin avec la traduction de Je suis la reine, son premier livre, où se développe un univers à la fois cruel et drôle, « noir comme l’enfer » a dit le magazine Booktrust. L’occasion de se pencher sur un écrivain dont on n’a pas fini d’entendre parler.

Rapide biographie d’Anna Starobinets

Anna Starobinets est née le 25 octobre 1978 à Moscou. Après des études à la facultés de Lettres de l’université de Moscou, elle exerce différentes professions – professeur particulier d’anglais, interprète, colleuse d’affiches et même serveuse – avant de se tourner vers le journalisme. Elle va alors travailler pour divers organes de presse, parmi lesquels Gazeta.ru ou Argumenty i fakty, tantôt comme journaliste, tantôt comme rédactrice au service culturel. Pour le moment, c’est le Russkij Reporter qui bénéficie de son talent.

Parallèlement, et depuis 2005, Anna Starobinets a entamé une carrière d’écrivain, recevant, dès son premier livre – un recueil de nouvelles inquiétantes qui vient donc d’être traduit en français – un accueil des plus favorables. Elle écrit aussi pour le cinéma et la télévision.

Mariée à l’écrivain Alexandre Garros, elle a une fille.

Une œuvre sous le signe du fantastique

L’œuvre d’Anna Starobinets compte pour l’heure sept livres.

Aux dires de son auteur, Je suis la reine a été écrit en quelques mois, principalement la nuit, peu après la naissance de sa fille. Six éditeurs se seraient d’emblée montrés désireux de publier le livre, et dès sa parution, il a valu à Anna Starobinets d’être rapprochée par la critique d’écrivains comme Stephen King ou Philip K. Dick. On en trouvera une présentation détaillée ici.

Suivront : en 2006, un roman, L’Asile 3/9, thriller écrit lui aussi de nuit, et plein de peurs primaires et de références au folklore russe ; en 2008, un nouveau recueil de nouvelles, Recrudescence du froid, dont on trouvera une présentation détaillée ici ; en 2010, un nouveau roman, Première brigade. La vérité, qui fait référence à un dessin animé russo-japonais dont l’action se déroule pendant la Deuxième guerre mondiale ; et en 2011, un roman dystopique, Le Vivant, dont on pourra lire un résumé ici.

Parallèlement, trouvant que la littérature pour enfants manque actuellement d’intérêt en Russie, Anna Starobinets a écrit deux livres pour la jeunesse : Le Pays des petites filles sages (2009) et Chatlantide (2011) et affirme ne pas vouloir s’en tenir là.

Son approche de la littérature

Anna Starobinets se voit comme appartenant à une nouvelle génération d’écrivains qui, à la différence de leurs prédécesseurs, ne ressentent ni le besoin ni l’envie de réinterpréter le passé soviétique. Mais elle ne conçoit pas pour autant ses livres comme un espace confortable, plein d’espoir et de pensées positives. « Il y a suffisamment de littérature de distraction lénifiante comme cela : les lecteurs ont besoin de livres qui les prennent un peu à rebrousse-poil », déclare-t-elle au Darker Magazine.

Parmi ses sources d’inspiration, elle cite, pêle-mêle : Edgar Allan Poe, Nikolaï Gogol, Jean-Paul Sartre, Fédor Dostoïevski, H.G. Wells, William Golding, Franz Kafka, Chuck Palahniuk, les frères Strougatski, George Orwell, Alexandre Belaïev, Mikhaïl Boulgakov, E.T.A. Hoffmann, Ray Bradbury et Stephen King. American Gods de Neil Gaiman serait l’un de ses livres préférés.

Mais le credo choisi par Anna Starobinets ne facilite paradoxalement pas la diffusion de son œuvre en Occident, où l’on attend encore trop des auteurs russes qu’ils exaltent leur âme mystérieuse à coup de petites verres de vodka. Les temps sont cependant en train de changer : désormais traduit en plusieurs langues, son premier livre arrive en France en mars 2013. Gageons que ce ne sera qu’un début.

Références :

- Site de Mirobole éditions : page consacrée à Anna Starobinets

- Critique du livre d’Anna Starobinets sur le magazine Booktrust : ici

- Interview donnée par Anna Starobinets au Darker Magazine

À propos de l'auteur

user_images/148080_fr_quatuor6.jpg

RAPHAËLLE O'BRIEN

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours griffonné dans des
  • 239

    Articles
  • 19

    Séries
  • 0

    Abonnés
  • 0

    Abonnements

Poursuivez la discussion!