Antiquités, chine et brocante au Marché aux Puces de Paris

Entre Paris (quartier Clignancourt) et Saint-Ouen, le plus grand marché aux puces d'Europe évolue et attire promeneurs et acheteurs du monde entier.
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Depuis le début du XXe siècle, toutes les nationalités viennent chiner aux Puces de Clignancourt – aussi appelées Puces de Saint-Ouen en raison de la situation limitrophe du marché –, dans le 18ème arrondissement de Paris. Fripes, chaussures, babioles, véritables antiquités ou objets design, neuf ou occasion, mais aussi petits bistrots typiques attirent plus de 10 millions de visiteurs par an, du vendredi au dimanche.

Histoire et origines du plus grand marché aux puces d’Europe

Les Puces, ainsi nommées à cause des bestioles dont on redoutait la présence dans les vêtements ou objets de seconde main que l’on y achetait, s’installent dans les quartiers populaires et périphériques de Clignancourt et Saint-Ouen au début du XXe siècle. À l’époque, ce sont les chiffonniers – ou "biffins" – qui viennent gagner quelques sous en revendant leurs trouvailles. Les chineurs sont alors des clients modestes, qui aiment l’endroit car on y trouve de tout pas cher.

Depuis, le Marché aux Puces s’est étendu en espaces bien distincts.

• Porte de Clignancourt, sur « le plateau » (récemment renommé place Django Reinhardt), près de 1000 exposants de plein air vendent vêtements, sacs ou chaussures, neufs ou d’occasion.

• De l’autre coté du périphérique, sur la ville de Saint-Ouen, de petites échoppes côtoient les baraques ouvertes et bordent des ruelles serrées. Là, ce sont plus de 2000 commerçants qui proposent vêtements, objets divers et meubles – brocantes ou antiquités – dans 7 marchés au sein du grand Marché :

  • les populaires Biron, Dauphine et Malik
  • les plus distingués Paul-Bert (fondé après-guerre), Jules-Vallès (et son fameux cerf sculpté)
  • Serpette (apparu fin des années 70) et Vernaison
  • enfin, sur l’avenue de la Porte Montmartre, les biffins s’abritent sous le pont pour brader les quelques bricoles chinées çà et là, dans des poubelles bien garnies ou sur les trottoirs avant le passage des encombrants.

Qui va aux Puces ?

Outre les nombreux Parisiens et banlieusards qui espèrent faire des affaires toute l’année en passant une après-midi agréable, les Puces voient aussi défiler un public hétéroclite de provinciaux en goguette, touristes étrangers et amateurs d’antiquités. Cette clientèle aisée, venue de France, d’Italie, d’Allemagne, d’Espagne mais aussi du Japon ou des Etats-Unis, se compose majoritairement d’artistes et de marchands spécialisés en quête de la pièce unique. Un public averti, donc, qui n’hésite pas à dépenser gros sur un coup de cœur, une pièce dont l’originalité fait la valeur.

Mais en temps de crise, les ventes à l’export, jusque-là largement majoritaires dans les boutiques des antiquaires, sont en chute libre. Les New-Yorkais branchés, amoureux des Puces et de leurs allées pittoresques où ils savent dénicher des merveilles vintage ou design, attendent que le cours de leur devise remonte pour revenir à Paris… Malheureusement pour les marchands installés dans des boutiques, si leurs profits baissent, les loyers, eux, restent très élevés. D’autant qu’il faut souvent ajouter à l’espace de vente un atelier situé à proximité.

Il n’empêche que le Marché aux Puces de Clignancourt est le premier marché mondial de l’antiquité. Les anciennes Puces ont bien changé, les chiffonniers ont d’abord été délogés par des brocanteurs exposant à même le trottoir, qui se font à leur tour peu à peu déloger et repousser aux marges de cet immense dédale. Il faut bien le dire, les Puces de Clignancourt se sont embourgeoisées, laissant le soin aux marchés plus modestes de Montreuil et Vanves d’accueillir les biffins.

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