Antonello, Léonard de Vinci et moi, le roman de François Cérésa

Les mémoires d'un ami de deux grands maîtres du quattrocento, en pleine Renaissance italienne. Avec Mona Lisa en toile de fond.
24

La Renaissance italienne est bien connue pour ses chefs-d’œuvre et ses maîtres peintres ou sculpteurs – De Vinci –, ainsi que pour ses richissimes familles – les Médicis et les Borgia en tête. Et l’on sait que toutes ces splendeurs et cet éveil à la culture sont indissociables de la violence et de la cruauté d’une époque politiquement très instable. Ce roman, paru le 6 janvier 2011, mêle les deux extrêmes.

Qui est François Cérésa?

Né en 1953, François Cérésa est un homme au parcours éclectique: d’abord peintre, menuisier, maçon, livreur et chauffeur de maître avant de devenir écrivain, il est l’auteur d’une vingtaine de romans historiques et collabore aussi au Nouvel Observateur et au Figaro .

Parmi ses ouvrages, plusieurs ont été honorés par des prix littéraires, notamment La Vénus aux fleurs (Editions Robert Laffont), prix Paul Léautaud, La Femme aux cheveux rouges (Editions Julliard), prix Exbrayat et prix Jean-Freustié, Les Amis de Céleste (Editions Denoël), prix Joseph Delteil et prix Quartier-Latin de la Ville de Paris, Les Trois Hussards (Editions Plon), prix du Figaro, Les Moustaches de Staline (Editions Fayard) , prix Cabourg du roman.

Les éditions Plon ont publié six de ses romans – Antonello, Léonard de Vinci et moi est le septième –, dont deux qui lui furent commandés par la maison d’édition, Cosette, ou les temps des illusions et Marius, ou le fugitif et firent l’objet d’une action en justice engagée par les ayant droits de Victor Hugo , en particulier son arrière-arrière-petit-fils Pierre, au motif que ces suites aux Misérables pouvaient être considérées comme des trahisons de l’original.

Antonello, Léonard de Vinci et moi vu par son éditeur

Au quattrocento, un mercenaire, Francesco Gelpi, doué pour la peinture, raconte sa vie.

Ses mémoires, emplies de fureur et de violence, nous entraînent à Messine. Là, il croise sur sa route un artiste, Antonello, qui se prend d’affection pour lui lorsqu’il sauve la vie de ses deux enfants. Antonello, c’est l’homme qui a imposé la peinture à l’huile à Venise.

Le destin de Gelpi bascule. Le mercenaire devient un peintre de talent, fait la connaissance de Léonard de Vinci, s’initie au portrait. Celui d’une femme mystérieuse, rencontrée des années auparavant lors d’un bal à Venise, est resté gravé dans ses souvenirs. Une certaine Mona…

Mais son passé de mercenaire va le rattraper.

Un roman où l’on croise les grands maîtres

Entre Venise la masquée et Naples, l’Italie de la Renaissance «s’affranch[it] de l’or du gothique pour épouser la simplicité». Ce roman décrit à la fois la violence inouïe de l’époque et son extrême délicatesse. Dans les ateliers, on croise Léonard de Vinci ou Boticelli, on évoque Van Eyck, Filippo Lippi, Piero della Francesca, Mantegna, Michel-Ange, Cranach … Mais dans la rue, on connaît les horribles tortures ou exécutions aussi répandues en Italie que dans la Rome des Borgia ou la France de Charles VIII. La ville mystère finit par dévoiler le secret le mieux gardé de l’histoire de la peinture: la création et l’identité de Mona Lisa, «ce visage, cette chevelure de jais, ce nez léger, cette bouche fine, ce sourire qui avait l’air de se moquer du zéro et de l’infini». Un ouvrage singulier, une écriture incisive et belle à la fois.

Antonello, Léonard de Vinci et moi , François Cérésa, Editions Plon, janvier 2011, 153 pages, 18€.

Sur le même sujet