Beginners, avec Mélanie Laurent et Ewan McGregor

Un père qui fait son coming out à 75 ans, une rencontre amoureuse, le premier film de Mike Mills met en scène sa propre histoire. Résumé et critique.

A mi-chemin entre la comédie romantique et le mélodrame, le premier long métrage de Mike Mills, connu pour ses vidéo clips, est aussi largement autobiographique. Une histoire d’amour, de mort et de tolérance, servie par des acteurs doués mais dans laquelle on peine à entrer.

Résumé du film

Le père d'Oliver (Christopher Plummer) vient de mourir d'un cancer. Alors qu'Oliver (Ewan McGregor) débarrasse sa maison de Los Angeles et qu'il adopte Arthur, le jack terrier qui pense tout haut, le jeune illustrateur se remémore les cinq années qui viennent de s'écouler. Tout commence en ce jour de 2005 où son père, âgé de 75 ans et veuf, lui annonce de but en blanc qu'il est gay et qu'il l'a toujours été. Et il a bien décidé de vivre enfin sa vie comme il l'entend. Il ne tarde d'ailleurs pas à lui présenter Andy (Goran Visnjic), son nouveau petit-ami, bien plus jeune que lui. En parallèle de cette renaissance paternelle, la maladie se déclare et vient jouer les trouble-fête.

Encouragé par ses amis à sortir de son deuil, Oliver rencontre à une soirée costumée la belle Anna (Mélanie Laurent), actrice à succès, ballottée d'hôtels chics en aéroports. Dans une suite de flash-backs qui lui font revivre sa relation avec son père malade, le narrateur évoque aussi sa mère, et les débuts prometteurs d'une histoire d'amour finalement éphémère.

Critique du film

S'il traite de sujets que l'on pourrait qualifier d'éculés – la maladie et la mort du père, les échecs sentimentaux, la difficulté à devenir adulte – Beginners ne tombe néanmoins pas dans les clichés de la comédie dramatique traditionnelle. Mike Mills réussit le tour de force de rendre son film si personnel original, grâce à une mise en scène agréable et à des acteurs souvent excellents.

Mélanie Laurent est très jolie, Ewan McGregor est tout à fait craquant, Christopher est tour à tour drôle et touchant, et l’on n’oubliera pas le plaisir, que goûteront tout particulièrement les ex-fans du Dr Kovac d' Urgences , de retrouver le beau Croate en homo un peu déjanté, même affublé d'une coiffure approximative. Ajoutons aux humains l'adorable jack terrier à qui il ne manque que la parole... ou presque. Malheureusement, ce casting ne suffit pas à faire de Beginners un film extraordinaire. Le passé et le présent s'entremêlent avec grâce, façon sketches ou patchwork (n'oublions pas que Mike Mills est aussi illustrateur et clippeur), on sourit souvent, on s'émeut parfois de la peine d'Oliver (Ewan McGregor, tout en retenue, y est pour beaucoup), mais on ne parvient pas vraiment à s'attacher aux personnages. Pour la bonne raison qu'ils restent survolés, dessinés à grands traits comme les ébauches d'Oliver, mais pas suffisamment dévoilés pour faire de ce film autre chose qu'un moment agréable. Pas inoubliable.

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