"Ce que pensent les femmes" et la soirée d'ouverture du FCCF

Le deuxième Festival du Cinéma Chinois en France a commencé le 14 mai au Gaumont Marignan, par une soirée en présence de Gong Li dans la salle et à l'écran.

Les festivals ont généralement besoin de quelques années pour atteindre leur optimum. La soirée d’ouverture du deuxième FCCF a confirmé cette règle, mettant à l’épreuve la patience des invités d’abord par une trop longue attente devant le Gaumont Marignan (aggravée par les maladresses des agents d’accueil qui ont fait changer de queue sur le tard à toute une petite foule), puis par des discours officiels diserts et nombreux, qui ont dépassé la demi-heure, étant traduits du chinois en français ou vice versa . La plus laconique, ce fut Gong Li qu’on aurait pourtant aimé entendre davantage – mais s’exprimant en dernier, elle a sans doute jugé bon de compenser à sa façon la volubilité de ses devanciers, si bien qu’elle s’en est tenue aux formules de circonstances, sans parler du film qu’on aurait voulu l’entendre présenter. Alain Delon, l’autre invité d’honneur du festival, n’est pas venu à la soirée, empêché par des problèmes personnels, au grand regret du public qui avait espéré le voir.

Résumé du film

Sun Zigang (Andy Lau), carriériste et Don Juan, est le directeur créatif d’une agence de publicité. Il est sûr d’être promu directeur exécutif, mais à son grand dépit, le PDG accorde ce poste à une publicitaire qui débarque d’une autre agence, Li Yilong (Gong Li), surnommée la Terreur. Sun Zigang a eu le malheur de la draguer avant d’apprendre à qui il avait affaire ; elle l’humilie, ainsi que tous les autres mâles qui l’auront pour supérieure, en leur demandant d’essayer des vêtements et des produits féminins afin de découvrir leur « anima ». L’essai, doublé d’un accident, suscite chez Sun Zigang la malcommode capacité à lire les pensées des femmes. Il manque en devenir fou avant de mettre à profit ce don de diverses manières…

Critique du film

Ce que pensent les femmes , le plus grand succès chinois de l’année 2011, est le remake de What women want de Nancy Meyers. C’est dire que dès les cinq premières minutes, sans même connaître la version originelle, le spectateur avisé peut prédire toute la suite du scénario, ce qui ne relève aucunement du miracle : l’histoire, typiquement hollywoodienne, est construite de la façon la plus banale qui soit. Or, Chen Daming, qui a fait le remake, s’avère bien plus doué qu’un réalisateur hollywoodien moyen pour nous amuser, nous surprendre par ses effets visuels, et pour emporter en définitive notre adhésion. D’une part, sa façon de filmer est virtuose et quasi parodique (le film comporte même des effets spéciaux volontairement grotesques, outre les scènes de pitreries vouées à nous faire sentir que Daming n’a pas peur de dépasser les bornes). D’autre part, les acteurs sont excellents même quand ils cabotinent, arrivant à produire l’impression de finesse jusque dans les séquences les plus outrées. A ces qualités de Ce que pensent les femmes s’ajoute l’aspect cocasse que peuvent avoir, aux yeux du public français, des coutumes comme celle de boire du vin ou du champagne « cul sec » - ce qui ne fait probablement pas rire en Chine, mais qui peut contribuer de façon bienvenue au potentiel hilarant du film chez nous. En somme, c’est un divertissement de premier ordre, bien supérieur à une comédie hollywoodienne standard, et l’on en redemande.

Sur le même sujet