Championnats du monde de handball en Suède. Calendrier et groupes

Un groupe de qualification difficile, des blessés, quelles sont les chances de l'équipe de France, les Experts de Claude Onesta, avec Karabatic et Omeyer ?

Après les Bronzés (médaille de bronze aux JO de Barcelone en 1992), les Barjots (champions du monde en 1995) et les Costauds (champions du monde en 2001), les Experts bleus portent bien leur nom. Les handballeurs français sont en effet champions d’Europe, du monde et olympiques en titre, un exploit jamais réalisé par aucune autre équipe de handball jusque-là.

Du 13 au 30 janvier 2011, c’est en Suède – ce pays où le hand est roi organise l’événement pour la 4ème fois – qu’ils tenteront de garder leur couronne mondiale, à l’issue des 22ème Championnats du monde de handball masculin.

Mais dans un groupe A « de la mort », que le tirage au sort a réservé aux hommes de Claude Onesta, et avec les nombreux forfaits qui les ont frappés, quelles sont leurs véritables chances de victoire ?

Les forces en présence : 24 pays répartis en 4 groupes

En plus de la Suède, pays organisateur, et de la France, tenante du titre, toutes deux qualifiées d’office, 22 autres nations ont atteint les phases finales de ces championnats. Répartis en 4 groupes de 6, les participants ont connu des fortunes diverses lors des tirages au sort.

  • Le groupe A, par exemple, est de l’avis général le plus relevé, avec 3 nations majeures de la planète handball : les triples champions français, l’Espagne et l’Allemagne, ainsi que la Tunisie, l’Egypte et le Barhein, moins redoutables.
  • Le groupe B, plus abordable, verra s’affronter l’Islande, la Norvège, la Hongrie, le Brésil et le Japon sur les sites de Norrköping et Linköping.
  • Le groupe C opposera trois pays d’Europe de l’Est, la Croatie, de la Serbie, de la Roumanie, ainsi que le Danemark, l’Algérie et l’Australie. Les six équipes joueront leur qualification à Lund et à Malmö.
  • Dans le groupe D, enfin, la Suède ne devrait pas avoir trop de mal à décrocher son ticket pour les quarts de finale face à la Pologne, la Corée du Sud, la Slovaquie, l’Argentine et le Chili. Tous leurs matches se disputeront à Göteborg.

Le calendrier des matches de l’équipe de France

Dans chacun des 4 groupes, seuls les 2 meilleurs rejoindront les quarts de finale. Les Experts ne doivent donc pas rater leur entrée en lice, d’autant qu’elle se fera en douceur, avec les 3 premiers matches les plus faciles normalement.

Vendredi 14 janvier, les bleus rencontrent la Tunisie, équipe qui n’a, certes, pas de palmarès, mais à prendre au sérieux néanmoins.

Le deuxième match se jouera le dimanche 16 janvier, face à l’Egypte et le troisième dès le lendemain, lundi 17 contre le Bahrein. Deux rencontres qui, malgré leurs dates rapprochées, ne devraient être que des formalités.

C’est à partir du quatrième match que les affaires se corsent : mercredi 19 janvier, la France rencontre l’Allemagne et jeudi 20 janvier l’Espagne, deux nations à craindre et face auxquelles, sauf surprise, se jouera la qualification.

Constitution de l’équipe des Experts

L’entraîneur et sélectionneur charismatique Claude Onesta, artisan majeur des succès de son équipe, a eu fort à faire pour arrêter son choix, devant jongler entre les exigences des meilleurs championnats européens dans lesquels évoluent nos bleus – France, Espagne, Allemagne – et les blessures de certains cadors de l’équipe. Il a néanmoins sélectionné 20 joueurs pour les matches préparatoires et la coupe du monde.

  • 3 gardiens : derrière l’indispensable Thierry Omeyer – meilleur gardien du monde –, Daouda Karaboué et Cyril Dumoulin ;
  • 6 arrières et demi-centres : en plus des géniaux Nikola Karabatic – la perle de Montpellier, meilleur joueur du monde – et Jérôme Fernandez, qui officiera comme capitaine, Xavier Barachet, Bertrand Roiné, Sébastien Bosquet et William Accarambray ;
  • 7 ailiers : les expert-imentés Luc Abalo et Michaël Guigou seront entourés de Samuel Honrubia, Sébastien Ostertag, Guillaume Joli, Cédric Paty et Arnaud Bingo, appelé en renfort récemment ;
  • 3 pivots : le seul frère Gille rescapé, Bertrand, pourra compter sur Cédric Sorhaindo et Grégoire Detrez ;
  • 1 seul défenseur : c’est sur les solides épaules de Didier Dinart que reposera la clé de la défense des Experts 2011. Espérons qu’il fasse aussi bien que dans son club de Ciudad Real.

Forces et faiblesses de l’équipe de France ?

Si aucune des autres équipes n’a le palmarès des Experts – médaillés d’or aux JO de Pékin en 2008, champions du monde à Zagreb en 2009 et champions d’Europe en Autriche en 2010 (réitérant la performance de leurs aînés en 2006) –, le statut de favori n’est pas toujours facile à porter. De plus Claude Onesta a dû s’arracher les cheveux quand, en octobre dernier, les Experts ont entamé leur préparation au Mondial. Déjà minée par les blessures de Nikola Karabatic – déchirure du quadriceps gauche – et Daniel Narcisse – rupture des ligaments croisés du genou gauche –, c’étaient Michael Guigou, Samuel Honrubia et Guillaume Gille qui se faisaient porter pâles. Mais le Toulousain ne baissait pas les bras et déclarait, fataliste : « La problématique des blessures est récurrente. Ça fait partie des contraintes avec lesquelles il faut composer. » En homme d’expérience, il a su doser les efforts demandés à des joueurs épuisés par des championnats de plus en plus physiques.

Heureusement, pour le stage à Cap Breton (du 2 au 7 janvier), quelques blessés sont revenus apparemment en forme. Seul Guillaume Gille reste forfait, tandis que Daniel Narcisse poursuit sa rééducation.

En guise d’ultime préparation, les Bleus disputeront le Tournoi de Paris les 8 et 9 janvier, avant de rallier la Suède le 12 janvier.

Espérons qu’ils sauront se montrer à la hauteur de leurs qualités dans ce groupe A impitoyable. Peut-être seront-ils aidés, outre le public français qui ne manquera pas de les encourager, par leurs nouveaux maillots ornés des 3 étoiles des triple-champions, dont la coupe près du corps devrait « empêcher les adversaires de [les] saisir », dixit Claude Onesta.

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