Colin Firth est George VI dans Le discours d'un roi

L'histoire vraie du père d'Elizabeth II d'Angleterre, le roi bègue. Premier film de Tom Hopper, 12 fois nominé aux Oscars, et déjà couronné de nombreux prix
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Acclamé par la critique, applaudi par de nombreux spectateurs au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, Le Discours d’un roi a déjà remporté une victoire de taille, celui du nombre de nomination à différents prix, notamment aux Oscars. Les performances de Colin Firth en George VI, de Geoffrey Rush dans le rôle d’un orthophoniste peu académique, et d’Helena Bonham Carter qui interprète l’épouse du roi, sont de l’avis général une raison suffisante pour aller voir ce drame historique, émouvant et drôle. Sortie en salles en France le 2 février 2011. Résumé, casting, critique.

Un homme rattrapé par l’histoire

1925. Le prince Albert, duc of York (Colin Firth) est le deuxième fils du roi George V. Il n’est pas destiné à régner, car son frère aîné, Edward, duc de Galles, sera l’héritier du trône. Et c’est heureux, car Albert est affublé d’un handicap qui le complexe énormément dès qu’il doit prendre la parole en public : il bégaie. Bousculé par un père peu compatissant, il a consulté de nombreux thérapeutes, mais aucun n’a su régler son problème.

C’est son épouse Elizabeth (Helena Bonham Carter) qui le convainc de rencontrer Lionel Rogue (Geoffrey Rush), un orthophoniste australien aux méthodes notoirement non-conventionnelles.

A la mort de George V (Michael Gambon), Edward (Guy Pearce) prend sa place, mais sa liaison avec une Américaine imbue de sa personne, divorcée de surcroît, déplaît à la famille. Edward s’entête néanmoins et préfère abdiquer pour épouser Wallis Simpson (Eve Best), laissant à son cadet le trône d’Angleterre, à la veille de la Deuxième guerre mondiale. Albert, désormais roi George VI, doit prononcer à la radio le discours de déclaration de guerre à l’Allemagne nazie d’Hitler.

Un film globalement respectueux de la réalité historique

David Seidler et Tom Hooper, respectivement scénariste et metteur en scène du Discours d’un roi (titre original The King’s Speech ), ont eu à cœur de rester fidèles à l’Histoire. Ensemble, ils ont travaillé d’ arrache-pied pendant quatre mois sur le script pour s’assurer de l’authenticité des faits. Neuf semaines avant le début du tournage, ils ont eu la chance de retrouver le journal de Lionel Rogue, l’orthophoniste qui aida George VI à surmonter son handicap. Le scénario fut adapté en conséquence, certaines scènes supprimées ou modifiées, et on retrouve dans le film des passages qui seraient des citations directes du journal de Rogue.

Néanmoins, comme dans tout film historique, la réalité doit entrer dans le format imposé. Il est donc naturel que les faits (Albert commence à travailler avec Rogue en 1926 et le discours est prononcé en 1939) racontés aient subi une rétractation conséquente, ce qui donne l’impression que les événements se déroulent sur quelques mois seulement. De même, pour un effet dramatique plus intense, les bégaiements du roi sont légèrement exagérés, d’après les historiens, et ses relations avec Rogue (notamment la manière dont le thérapeute s’adresse à lui) plus intimes que dans la réalité.

Un casting irréprochable, et une liste de nominations impressionnante

Colin Firth, déjà récompensé par le Golden Globe du meilleur acteur pour son interprétation de George VI, est aussi en lice pour les prochains Oscar (la fameuse statuette lui ayant échappé de peu l’année dernière pour son rôle dans A Single Man ). Si le Britannique est pour beaucoup dans la réussite du film, celui-ci pourrait bien en retour constituer un tremplin pour une carrière certes riche, mais dont le succès pourrait être plus éclatant. Et pourtant, il sait tout faire, comme sa filmographie le prouve : les comédies romantiques ( Love Actually , Le Journal de Bridget Jones ), les classiques ( Orgueil et préjugés adapté de Jane Austen, L’importance d’être constant et Le Portrait de Dorian Gray adaptés d’ Oscar Wilde ), les drames ( La Jeune fille à la perle , aux côtés de Scarlett Johansson , Le Patient anglais avec Juliette Binoche ), les films pour enfants ( Le Drôle de Noël de Scrooge et Nanny Mc Phee ) et même les comédies musicales ( Mamma mia ! ), sans compter ses nombreuses participations à des téléfilms.

Dans Le Discours d’un roi , il est par ailleurs entouré de partenaires excellents, en tête desquels Helena Bonham Carter – notamment remarquée pour ses rôles d’Ophélie dans l’adaptation d’ Hamlet de 1990 et d’Elizabeth dans Frankenstein , et plus récemment dans l’ Alice au pays des merveilles de TimBurton ) et Geoffrey Rush (surtout connu du grand public pour être le capitaine Barbossa dans la série des Pirates des Caraïbes , malgré une filmographie impressionnante). Tous les deux sont d’ailleurs aussi nommés pour l’Oscar du meilleur second rôle. Des nominations qui s’ajoutent à une liste impressionnante : meilleur film (face notamment à The Social Network , I nception , Black Swan ou True Grit ), meilleur réalisateur, meilleurs costumes, meilleur scénario original, meilleure direction artistique… La liste est longue, 12 en tout pour les Oscar (record battu), en plus des 7 aux Golden Globes et des 14 aux BAFTA.

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