« Le Couteau de Ravaillac », saga historique de Juliette Benzoni

Le tome 2 du «Bal des poignards» raconte, à travers les aventures de Lorenza, l'assassinat d'Henri IV et la régence de Marie de Médicis (chez Plon).

Après La Dague au lys rouge paru chez Plon , Juliette Benzoni nous replonge dans la Renaissance française, à la cour d’ Henri IV avec ses intrigues, décrivant les arcanes d’un pouvoir totalitaire mais fragile, et les nombreux personnages fascinants qui en firent une époque incroyablement riche. On retrouve aussi Lorenza, la fière et belle florentine du premier volet, devenue baronne de Courcy, mais toujours poursuivie par la malédiction de la dague.

L’œuvre prolifique d’une amatrice de la Renaissance

Juliette Benzoni est née en 1920 et, depuis 1964, elle a publié près de deux livres par an, tout en écrivant des scénarios pour la télévision. Elle a situé ses intrigues entre le Moyen Age et les années 1930, mais la Renaissance reste sa période de prédilection, avec notamment la série des Catherine (dès 1964), La Florentine (1988-89) ou Marie des intrigues (2004). Le succès a quasiment toujours été au rendez-vous, grâce à une recette maintes fois éprouvée. Les chiffres sont éloquents: 50 millions de lecteurs à travers le monde et des traductions dans plus de 20 langues. Dans Le Couteau de Ravaillac , deuxième et dernier tome de la série Le Bal des poignards , Juliette Benzoni évoque son époque favorite.

Le Couteau de Ravaillac vu par son éditeur

En dépit des lourdes menaces qui pèsent sur son union avec Lorenza, Thomas de Courcy n’a aucune intention de renoncer à la jeune femme. Leur mariage donne lieu à une belle fête à peine troublée par l’ordre que le Roi donne au marié – un piège? – de le rejoindre immédiatement… Et, dans les bras fougueux de Thomas, passionnément épris, Lorenza, émerveillée, découvre enfin l’amour.

Après quelques jours de bonheur absolu, le couple doit, hélas, revenir à la réalité. La guerre est sur le point d’éclater. Henri IV s’apprête à la faire pour les beaux yeux de sa passion du moment, la jeune Charlotte de Montmorency que son mari, Condé, a emmenée aux Pays-Bas – à noter que l’épisode sert aussi de cadre à Henry IV le bien aimé que Daniel Colas donne actuellement au théâtre des Mathurins .

Trois gentilshommes – dont Thomas! – ont pour mission d’enlever la gente dame avant que les troupes françaises n’attaquent Bruxelles. À Paris, on prépare le couronnement de Marie de Médicis, auquel le roi a consenti malgré les sombres pressentiments qu’il suscite: un étrange homme roux, vêtu de vert, que Lorenza a croisé, erre déjà en ville…

Le lendemain du sacre de sa femme, Henri IV est assassiné. Le couteau de Ravaillac, en ôtant la vie au souverain, a-t-il détruit aussi le bonheur de Lorenza et de Thomas?

Les coulisses d’un événement majeur de l’Histoire

Dans ce second tome, le lecteur fidèle à l’œuvre de Juliette Benzoni aura plaisir à retrouver les personnages rencontrés dans le précédent, avec la surprise de les voir (pour certains) changés. Si Lorenza est toujours aussi belle et parfaite, on apprécie la transformation, amorcée dans La Dague au lys rouge , de son coup de cœur parisien, Antoine de Sarrance, en véritable diable machiavélique. On peut seulement regretter que son personnage ne soit pas plus présent et fouillé, son évolution creusée. On aurait aimé qu’il soit accordé plus de place à la relation d’amour-haine entre ces deux-là, bien plus intrigante que le soudain amour fou de la belle pour un gentil baron, certes aimable et attachant mais manquant singulièrement de piquant. D’ailleurs Juliette Benzoni le fait bien vite disparaître.

Si la verve légendaire du bon roi Henri, bien présente dans le premier tome, nous manque un peu dans celui-ci, où l’on ne parle qu’un langage très policé, le style dans son ensemble est par ailleurs plus simple et moins artificiel. Malheureusement, certains autres travers sont toujours à déplorer: le traitement fait à Marie de Médicis – «son imposante majesté», «sa grosse majesté» – et l’obsession d’Henri pour la chair tendre de ces dames, quoiqu’il apparaisse, au seuil de sa vie, un peu plus profond.

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