Le musée des Miniatures et décors de cinéma à Lyon

Au cœur du Vieux Lyon, dans le quartier St-Jean, se trouve un musée créé par Dan Ohlman et dédié aux maquettes et "mirages visuels". À visiter en famille.
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Le musée des Miniatures et décors de cinéma à Lyon se trouve dans une ruelle piétonnière du magnifique quartier que la ville a hérité de la Renaissance. Un musée insolite abrité depuis 2005 par la « Maison des avocats », bâtisse aux teintes rosées du XVIème siècle. La propriétaire des lieux, amatrice et collectionneuse de scènes miniaturisées, de maquettes et d’objets originaux de cinéma, a accepté d’y accueillir le projet du fondateur du musée, l’artiste miniaturiste Dan Ohlmann.

Le musée des Miniatures et décors de cinéma de Lyon

Aux dires de l’artiste lui-même, le musée des Miniatures & décors de cinéma répond à une double mission : d’une part « présenter les miniatures hyperréalistes de l’artiste Dan Ohlmann » ainsi qu’un « très grand nombre d’œuvres d’amis miniaturistes du monde entier » ; d’autre part « faire mieux connaître au public certains métiers cachés du cinéma ». Un univers plein de poésie, qui ravira petits et grands. Suivez le guide pour une visite qui vous fera parcourir les cinq niveaux d’un bâtiment en lui-même propice au rêve.

Au sous-sol et au rez-de-chaussée : les décors du film Le Parfum

La visite commence par une descente au sous-sol, en fait un voyage au XVIIIe siècle, dans les décors du film allemand Le Parfum , de Tom Tykwer, adapté du célèbre roman de Patrick Süskind. Construits à Münich pour le tournage du film, les décors ont été remontés dans le musée, où le visiteur découvrira le laboratoire de Grenouille chez Giuseppe Baldini, ainsi que l’atelier dans lequel il embaumait les corps de ses victimes (les personnes sensibles sont invitées à ne pas s’approcher de ce décor). À noter qu’en harmonie avec le sujet présenté, une légère et fort plaisante odeur de rose flotte dans ces caves.

On retourne désormais au rez-de-chaussée, où le bureau de Giuseppe Baldini, avec ses innombrables fioles, attend le spectateur qui traversera ensuite un passage couvert, pavé de dalles de mousse et offrant une vue imprenable sur des ponts parisiens en trompe-l’œil. On découvrira alors la boutique luxueuse du célèbre parfumeur, et puis pour faire contraste, de l’autre côté de la courette, l’étal misérable et répugnant d’une poissonnerie, soit l’une des cinquante échoppes montrées dans le film.

Au premier étage : les coulisses du cinéma

Cet étage est consacré à ce que les créateurs du musée appellent la pédagogie du cinéma, autrement dit une exposition de décors, maquettes, robots, créatures, faux animaux, costumes, prothèses et objets de tournages. À côté d’un certain nombre d’objets issus de films peu connus, on aura tout de même le plaisir d’observer, entre autres, un « costume à rêves » de Minority Report , un chimpanzé de La Planète des singes ou Moloch le destructeur d’un épisode de Buffy contre les vampires (très effrayant). Les amateurs d’effets spéciaux ne seront pas déçus, eux non plus, qui pourront examiner par exemple la maquette d’un immeuble de Gotham City dans Batman Begins , utilisée pour filmer une séquence de survol de la ville, ou un masque de minotaure, issu du Monde de Narnia : Le Prince Caspian : un masque radiocommandé par une vingtaine de moteurs qui permettent d’actionner indépendamment bouche, babines, naseaux…

Pour compléter la dimension pédagogique de l’étage, un écran présente aux curieux deux petites vidéos expliquant la transformation d’un acteur en gorille et la création d’un tigre pour les besoins des Deux frères de Jean-Jacques Annaud.

Une salle reculée est explicitement déconseillée aux enfants pour les corps mutilés ou mutants qu’elle expose : la tête d’Arnold Schwarzenegger en cyborg, la joue trouée de ferraille, par exemple, ou la momie du film éponyme de 1999. Mais l’étage, pour l’heure, est incomplet. À partir du 15 avril 2011, une grande salle y sera en effet consacrée aux effets spéciaux de cinéma, avec l’exposition de 200 pièces rares. En attendant, on y voit la restauration du Lewis and Clark , une maquette de vaisseau venue d’un studio de Los Angeles.

Au deuxième étage : l’art de la miniature

C’est l’étage le plus riche. La première pièce propose un bref panorama de l’art de la miniature à travers le monde et les époques : des laques russes de l’ école de Palekh à l’art japonais de l’origami (représenté par un stupéfiant Déluge de Gérard Ty Sovann , arche de Noé constituée d’origamis à partir de timbres-poste), en passant par les marrons sculptés de Gérard Arene , dans la tradition des forçats du bagne.

On passe ensuite dans un univers proprement enchanteur. Le centre de la pièce est occupé par de magnifiques poupées de Julien Martinez , tout droit sorties d’un imaginaire qui mêle le cinéma au conte pour produire des œuvres à la fois étranges et fascinantes. Et autour d’elle, on admirera les scènes miniaturisées de divers créateurs, d’où émergent les installations de Ronan-Jim Sevellec , qui dégagent une atmosphère à la fois nostalgique et inquiétante tout à fait saisissante. Ah, ses Bains d’Asmières ou son Relais !

Les deux dernières salles de l’étage sont plus spécifiquement consacrées aux œuvres de Dan Ohlmann. Dans la première, on trouvera celles que l’artiste a réalisées lors de la manifestation « Esprit d’un siècle, Lyon 1800-1914 » : le Bâtiment H de la Prison Saint-Paul à Perrache , par exemple, ou la Soucoupe d’aération du grand lustre du Théâtre des Célestins , qui embarquent le spectateur pour un voyage nostalgique vers le passé. Dans l’autre salle, ce sont des « Réels » divers, pour reprendre le terme consacré par l’artiste, parmi lesquels le remarquable Dossier 17 527… archivé , labyrinthe kafkaïen de dossiers et de classeurs.

Au troisième étage : les objets miniaturisés

On achève la visite par une exposition des objets que les artistes s’attachent à miniaturiser : meubles, bagageries, chaussures, pâtisseries, poteries, instruments de musique, orfèvrerie, dinanderie… Au milieu de ces chef d’œuvre de minutie trône l’un des Réels les plus admirables de Dan Ohlman : un Restaurant Maxim’s au 1/12°, réalisé dans le respect total des matériaux d’origine : acajou, bronze, fresques peintes, verres soufflés puis gravés à la main, couverts en argent… Plongé dans l’observation de cette merveille de précision et de poésie, le spectateur en oublierait presque de redescendre vers une réalité beaucoup plus triviale.

Musée des miniatures & décors de cinéma – Maison des Avocats

60, rue Saint-Jean

69005 Lyon – 04.72.00.24.77

du lundi au vendredi de 10h00 à 18h30

samedi et dimanche de 10h00 à 19h00

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