Philarmonics, l'album en or d'Agnes Obel

Les mélodies envoûtantes de cette danoise lui valent un disque d'or et une série de concerts complets en France et en Europe.

Il y a quatre mois de cela, personne en France ne connaissait cette blonde chanteuse et pianiste venue du Danemark, qui vit en Allemagne et chante… en anglais. Un succès fulgurant et quelques critiques dithyrambiques plus tard, la voilà disque d’or avec son album Philarmonics , à écouter sans modération. Après sa tournée, elle pense déjà à un deuxième album.

Un parcours éclectique, un résultat lumineux

Agnes Caroline Thaarup Obel a 29 ans. Elle a toujours baigné dans la musique. Classique d’abord : à la maison, sa mère joue sur le piano familial quand Agnes est enfant. Du Chopin, du Bella Bartok. Bientôt, la jeune fille s’y met aussi, pour interpréter Eric Satie ou Debussy, ou le jazz du Suédois Jan Johansson. À 15 ans, elle fait apparition dans Le Garçon qui avançait à reculons , de Thomas Vinterberg – elle retrouvera le réalisateur de Festen plusieurs années plus tard quand il lui demandera des chansons pour la BO de Submarino . Agnes s’essaie aussi au rock et intègre un groupe, Sohio , dans lequel elle est bassiste. Mais l’expérience lui fait comprendre que la solitude et la simplicité des accords du piano lui conviennent mieux. Vers l’âge de 25 ans, elle quitte sa Copenhague natale pour l’espace et la liberté berlinoises. C’est là qu’elle peaufine les chansons de ce qui sera son premier album : Philarmonics , qu’elle dit inspiré et influencé par ses artistes préférés, Joni Mitchell et PJ Harvey.

Alors qu’elle débarquait en France pour sa tournée début février 2011, sa chanson Just So avait déjà fait un carton Outre-Rhin, où elle illustre une publicité pour Deutsche Telekom.

Des mélodies douces et profondes

Pour se convaincre que l’adjectif « envoûtant », dont les critiques de toute l’Europe usent pour décrire cet album devenu phénomène, n’est pas galvaudé, il suffit de se passer une seule fois le titre Riverside . Quelques notes au piano, une voix douce mais claire, et vous êtes emporté loin, dans l’univers singulier de cette chanteuse pop qui cherche – et trouve – l’épure. La simplicité avec laquelle elle interprète ses chansons et pose des paroles mystérieuses sur des mélodies délicates et pure séduit d’emblée. Agnes Obel a écrit les 12 titres de l’album, sauf Close Watch , qui est une reprise de John Cale. Brother Sparrow , Beast, Louretta, Avenue … jusqu’à la dernière, On Powdered Ground , la magie opère. Mélange de classique et de folk, douceur de la voix, on se repasse en boucle les mélopées.

La timide Agnes Obel s’essaie à la scène

Sur la pochette de l’album, la Danoise offre une image mystérieuse, d’un autre temps, avec ses nattes blondes encadrant un visage clair, ses immenses yeux bleus et énigmatiques. On l’imagine mal sur une scène. Elle aussi d’ailleurs a hésité. Elle a eu raison d’essayer, vous diront les fans. Sa série de concerts à travers l’Europe du Nord, dont neuf dates en France (Reims, Nantes, Le Havre, Rennes, Mâcon, Feyzin, Paris-La Cigale, Strasbourg et Laval) a affiché complet et laissé les heureux spectateurs sous le charme, même si les deux derniers concerts ont été annulés pour cause d'extinction de voix. Accompagnée au violoncelle par l’Allemande Anita Müller, elle a conquis le public hexagonal et a déjà vendu plus de 40 000 albums en France. Elle se déclare « déroutée, surprise, presque incrédule » face à ce succès inattendu. Mais il n’est que justice rendue à une œuvre précieuse.

Philarmonics

Agnes Obel

Pias Recording

Sur le même sujet