The Green Hornet : le Frelon vert de Gondry au cinéma

Le dernier film hollywoodien de Michel Gondry réunit à l'écran et en 3D Seth Rogen, Jay Chou, Cameron Diaz et Christoph Waltz. Casting, résumé et critique.

Après Eternal sunshine of the spotless mind en 2004 (Oscar du meilleur scénario), avec Jim Carrey et Kate Winslet, La Science des rêves (2006), réunissant une belle palette d’acteurs français, dont Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat, Miou-Miou, Emma de Caunes et Gondry lui-même, mais aussi Gael García Bernal et Soyez sympas rembobinez (2007), sans compter ses innombrables clips vidéo – pour Björk, The White Stripes, Noir Désir , Lenny Cravitz, Killie Minogue, IAM, Sinéad O’Connor, Rachid Taha, Kanye West, Dick Annegarn, Radiohead, Etienne Daho ou The Rolling Stones pour ne citer qu’eux – et sans oublier ses albums de Oui Oui (si, si !), Michel Gondry revient avec l’adaptation au cinéma d’un des premiers scénarios qu’Hollywood lui ait proposés. Il allie le meilleur des nouvelles technologies et sa fantaisie habituelle pour un film empreint du charme de l’enfance.

Enfreindre la loi pour mieux la protéger

Tel est le mot d’ordre du Frelon Vert. Jeune fêtard féru d’informatique et fils du plus grand magnat de la presse de Los Angeles, Britt Reid (interprété par Seth Rogen, qui a aussi écrit le scénario) coule des jours insouciants. Jusqu’à ce que son père trouve la mort dans des circonstances étranges, après avoir été piqué par une guêpe. Britt hérite donc de l’immense empire paternel et il est propulsé directeur du journal le Daily Sentinel . Le jeune homme change de vie du tout au tout et décide de donner un sens à sa vie en se consacrant au combat contre le crime. Chaque nuit, Britt devient le Frelon Vert.

Il se lie d’amitié avec l’ingénieux Kato (joué par l’époustouflant acteur taiwanais Jay Chou), par ailleurs expert en arts martiaux, qui conçoit leur futur bolide, la Black Beauty, ainsi qu’une multitude d’autres gadgets. Les deux compères sont bientôt rejoints dans leur louable quête par la secrétaire de Britt, Lenore Case (Cameron Diaz à qui le vert sied à ravir).

Mais à Los Angeles, il est au moins un homme à qui profite le crime : Benjamin Chudnofsky (Christoph Waltz, déjà catalogué méchant lorsqu’il interprétait un colonel nazi dans l’ Inglorious Basterds de Quentin Tarantino et bientôt dans Le Dieu du carnage de Roman Polanski, puis dans The Talking Cure de David Cronenberg). Et ce redoutable adversaire est prêt à tout pour préserver ses intérêts.

« Jouer pour être un adulte » : un film d’action empreint de fantaisie

Si le Green Hornet de Michel Gondry est avant tout un film d’action, dans lequel la 3D accentue l’effet surréaliste des cascades et la vitesse de l’action, il bénéficie heureusement de l’effet Gondry. Eternel enfant, il suffit de voir sa filmographie et la liste de ses travaux pour s’en convaincre, Michel Gondry n’a pas peur d’avouer son goût pour le jeu. Il utilise la technologie 3D pour transformer ses humains en personnages qui paraissent posés dans un décor. Son but n’est évidemment pas de proposer un film réaliste – et comment le pourrait-on avec pareil scénario, sans tomber dans une niaiserie hollywoodienne de plus ? –, mais d’opter pour le ton décalé et enfantin qui est devenu sa marque de fabrique. Les scènes d’action sont très belles, les effets spéciaux réussis, et certaines scènes (la première, où un garçonnet passe le bras par la fenêtre d’une voiture pour faire voler la figurine de son héros ; celle du stylo, celle où Britt coupe la tête de la statue de son père…) sont même des instants de grâce.

Même dans un film d’action hollywoodien, avec les pressions que l’on imagine de la part des producteurs, Gondry parvient à insuffler la fantaisie et la nostalgie de l’enfance. Le réalisateur le dit lui-même, il n’est pas facile de travailler à Hollywood. Il faut savoir, comme lui, « lâcher prise tout en gardant sa pâte ». Entendez par là faire des concessions pour pouvoir imposer sa touche. Pour le film, il a réussi.

Les concessions ? L’affiche et tout le marketing qui entoure la sortie du film : Gondry n’y a pas son mot à dire. Pour le titre non plus : n’aurait-on pas pu le traduire en français ? Il semblerait que « Green Hornet » soit devenu une sorte de marque à colporter partout.

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