Tomer Sisley rempile dans Largo Winch 2 avec Sharon Stone

Après le succès critique et populaire du premier volet, adapté de la BD éponyme, Jérôme Salle imagine la suite des aventures du justicier milliardaire.

Comédie d’aventures à l’américaine, Largo Winch – le film, 1 et 2 – a propulsé Tomer Sisley du stand up au statut d’acteur « bankable ». Dans le rôle de l’empêcheuse de tourner en rond, c’est Sharon Stone qui reprend le flambeau tenu avec talent par Kristin Scott Thomas dans le premier volet. Cascades à gogo, rythme endiablé, voyages aux quatre coins du monde, imbroglios financiers et faux-amis, un film d’action qui ravira les amateurs du genre, et eux seuls. Sorti au cinéma en France le 16 février 2011.

« Un homme sans ennemi est un homme sans valeur »

Si on le juge à l’aune de cette maxime, Largo Winch est un homme de grande valeur. Héritier de l’empire financier érigé par son défunt père adoptif, le groupe W, Largo décide de changer de vie. Le jeune rebelle met la société en vente pour financer une fondation humanitaire. Mais cet acte de générosité ne plaît visiblement pas à tout le monde, et le jour même de la signature, au beau milieu de l’océan, on l’accuse de complicité de crime contre l’humanité. S’engage une course-poursuite de près de deux heures à travers la planète, de la Suisse jusqu’à Hong Kong, la Thaïlande et la Birmanie, où le traque la Cour pénale internationale. Seule façon de s’en sortir pour Largo, qui ignore qui sont ses vrais ennemis – peut-être Dwight Cochrane (Ulrich Tukur), dirigeant potentiellement jaloux du groupe W, à moins que ce ne soit la mystérieuse Diane Francken (Sharon Stone), nouveau procureur de la Cour pénale à qui Largo doit prouver son innocence – un retour sur les terres où il se réfugia jadis. Il y retrouvera aussi la belle Malunaï (Mame Nakprasitte), son amour du bout du monde.

Conspirations, traîtrises, mais peu de suspense

L e scénario est un classique du genre : les ennemis potentiels nombreux, le spectateur va les soupçonner tour à tour d’être à l’origine de la conspiration. Il faut dire qu’ils ont la tête de l’emploi, peut-être même un peu trop, ce qui amène le public, pour peu qu’il soit un minimum avisé, à les écarter assez vite : les mercenaires bosniaques vraiment trop méchants, le général birman vraiment trop sanguinaire, le milliardaire russe vraiment trop mafieux. Restent les amis : Gauthier (Nicolas Vaude) ou Simon (Olivier Barthelemy), les camarades de toujours, trop fidèles et sympathiques pour être suspects.

Cascades et bagarres, beaucoup d’agitation mais peu de profondeur

« Plus d’action, d’humour et d’émotion », annonce le réalisateur de Largo Winch 2 , Jérôme Salle, qui avait aussi fait le premier. Résultat, notre aventurier saute d’un hélicoptère, fait de la chute libre, du jet, est pris dans un carambolage monstre, se bat… Bref, il n’arrête pas, et quand on sait que Tomer Sisley a fait toutes les cascades lui-même, ça force l’admiration. Ces scènes-là, d’ailleurs, sont plutôt impressionnantes et réussies.

Mais elles font de Largo une sorte de super héros sans défauts. Or ce sont les failles qui rendent un personnage attachant. Et que dire du personnage interprété par une Sharon Stone tout en croisements de jambes et en robe blanche (on nous refait la fameuse scène de Basic Instinct ), si ce n’est qu’il manque singulièrement d’intérêt et d’épaisseur.

Jérôme Salle sait filmer l’action, Tomer Sisley est crédible en héros à la James Bond, Sharon Stone est toujours aussi sexy, mais le scénario – pourtant basé sur deux des tomes les plus intéressants de la saga créée par Jean Van Hamme et Philippe Francq, le diptyque de La Forteresse de Makiling – est trop fragile, les personnages trop superficiels pour faire un film capable de séduire au-delà du public attendu.

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