Le ballet Pom' kanel ou la passion de la danse traditionnelle

A travers un documentaire, découvrez l'univers du ballet Pom' Kanel qui exporte, au quatre coins du monde, les danses traditionnelles martiniquaises.
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Qui ne s’est jamais déhanché lascivement sur un morceau de zouk des groupes Kassav ou Zouk machine ? Si vous n’avez pas encore testé les danses très " kolé séré " (collées serrées) des Antilles, du moins avez-vous sans doute entendu parler de ces corps à corps, de ces cœurs à cœurs!

Mais, c’est à travers d’autres danses, traditionnelles celles-là , que vous "écouterez vraiment battre le cœur de la Martinique" ou que vous découvrirez un pan du patrimoine antillais. Cette richesse est notamment exportée aux quatre coins du monde (au Canada, aux Etats-Unis, au Japon, en Italie, en Belgique et en France) par le ballet Pom’ Kanel , un groupe folklorique traditionnel créé en 1984 qui défend la culture martiniquaise (Signalons que la pomme cannelle est un fruit tropical à la pulpe blanche et sucrée).

Pom’Kanel : ambassadeur de la danse traditionnelle

Au rythme des tambours et d’autres percussions africaines héritées de la période esclavagiste, les cavaliers de la troupe folklorique dansent le ladja, le bèlè, la caleinda et la quadrille, notamment. Sur des cadences plus européennes, ils virevoltent sur la mazurka piquée, la polka, la valse et la biguine (qui est influencée par le Jazz de la Nouvelle-Orléans). A chaque danse sa musique, véritable melting-pot culturel qui ravit les spectateurs.

Un documentaire sur Pom’Kanel en Turquie

Vous aussi, vous voulez assistez au spectacle ou esquissez quelques pas? Poussez donc les meubles et… regardez sur Internet un documentaire intitulé "Pom’kanel ou la vie de Djessy" . A travers ce road movie de 52 minutes, vous suivrez le groupe en Martinique, puis en Turquie. Son réalisateur, Christian Arti, montre le travail du chorégraphe et responsable du ballet, Albert Alamélou, surnommé Djessy. Un homme qui est passionné, rigoureux et pointilleux à la limite de la "tyrannie". Mais, se défend-il dans les colonnes de "France Antilles Magazine", "il faut de la rigueur et de l’autorité pour tenir 40 têtes. Le résultat est là. Je forge l’homme de demain. Ma mère m’a forgé, elle a fait de moi ce que je suis aujourd’hui, alors je fais pareil avec eux. La plupart de ces jeunes ont des difficultés. Avec Pom’Kanel, ils ont pu s’en sortir. Néanmoins, je ne me voyais pas aussi sévère", explique le chorégraphe en riant.

Une tournée initiatique pour les danseurs

Pour ces 40 jeunes en effet, l’association culturelle est plus qu’une structure de danse. C’est un apprentissage de la vie en communauté, une "école" de la seconde chance qui les aide à se réinsérer. Une réinsertion et un cheminement qui sont pris sur le vif. Et même si c’est le propre d’un documentaire, on peut regretter que l’œil de la caméra capte, en coulisses, l’intimité et le quotidien de la troupe avec parfois trop d’indiscrétion.

Toutefois, notons que les jeunes ont apprécié le film. Quant au réalisateur qui les a suivis pendant dix jours, il explique dans "France Antilles Magazine" toujours : "J’ai fait un portrait croisé de la Martinique à la Turquie, sans fard, d’artistes en herbe ou confirmés. C’est un parcours initiatique pour la plupart de ces jeunes danseurs. Pour certains, c’est même leur première tournée. C’est une suite d’instants volés, des tranches de vie d’artistes, un décor changeant et décalé. C’est un long démaquillage où rêves et réalité se marient au quotidien", résume t-il.

Pour la prochaine tournée, Pom’Kanel recherche des danseurs. Alors si vous avez apprécié ce voyage en plein cœur des danses traditionnelles martiniquaises, vous savez ce qu’il vous reste à faire… Sait-on jamais!

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