Cinéma et « Nouvelle Vague » en France: origine et développement

Au début des années soixante, la « Nouvelle Vague » incarne une nouvelle façon de faire du cinéma. Pourquoi et comment celle-ci est-elle apparue en France?
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La « Nouvelle Vague » est née d’un constat : le cinéma français ne correspond plus aux aspirations d’une jeunesse avide d’expérimentations cinématographiques. L’apparition de nouveaux matériels plus légers et moins coûteux, le style particulier de certains cinéastes français ou étrangers vont métamorphoser de simples cinéphiles et critiques du cinéma en professionnels du septième art prompts à mettre leurs idées sur pellicule au sein de ce que l’on appellera la « Nouvelle Vague ».

Rejet du « cinéma de papa »

Le terme « Nouvelle Vague » apparaît pour la première fois en octobre 1957 sous la plume de Françoise Giroud dans le magazine L’Express au sujet d’une enquête sociologique concernant les jeunes adultes de dix-huit à trente ans. En février 1958, le terme sera repris par Pierre Billard dans la revue Cinéma 58 pour qualifier un groupe de jeunes réalisateurs français jusqu’alors plus cinéphiles que véritables professionnels du cinéma qui s’opposent au cinéma français classique. À l’époque, le cinéma français est un système corporatiste rigide et fermé constitué du trio producteur, scénariste, réalisateur. La majorité des films sont des adaptations littéraires tournées en studio et caractérisées par un pseudo réalisme psychologique. Cette conception du cinéma, qui interdit toute vision personnelle sur les thèmes traités, est rejetée en bloc par les membres et critiques des Cahiers du Cinéma .

L’École de la « Nouvelle Vague »

Dès 1947, les cinéphiles découvrent les films de la Cinémathèque française et des Ciné-clubs. Ces films vont nourrir l’esprit des futurs critiques des Cahiers du Cinéma . Pour ceux-ci, le cinéma est avant tout un art avant d’être un spectacle ou un métier. Ceux-ci défendront contre vents et marées des réalisateurs comme Roger Leenhardt (« Les Dernières Vacances », 1947), Alexandre Astruc (« Les Mauvaises Rencontres », 1955), Agnès Varda (« La Pointe Courte », 1956), Jean-Pierre Melville (« Bob le Flambeur », 1956) ainsi que le documentariste ethnologue Jean Rouch (« Moi, un Noir », 1958) qui revendiquent un cinéma d’auteur face à l' académisme du cinéma dominant.

Nouvelles techniques cinématographiques

A la fin des années cinquante, les techniques de prise de vue et de prise de son évoluent notamment avec l’apparition de la caméra portative 16mm, la cameflex et la création du premier magnétophone à bande Nagra (son synchrone) qui se substitue au traditionnel et lourd camion son. Ces progrès considérables permettent aux cinéastes de la « Nouvelle vague » de filmer hors des studios et donc de capter plus aisément les comportements sociaux et affectifs des individus comme dans le film de Louis Malle « Ascenseur pour l’échafaud » (1958) ou encore dans « Chronique d’un été » de Jean Rouch en 1960 etc.

1959, l’année de la « Nouvelle Vague »

En 1956, Roger Vadim sort « Et Dieu créa la femme » dont le succès doit tout autant au style innovant de son auteur qu’au charme et au talent impertinent de Brigitte Bardot alias BB. Ce film constitue véritablement le pont entre le « cinéma de papa » et la « Nouvelle Vague » qui tardera toutefois à déferler dans les salles obscures. Ainsi, la même année, le premier film d’un critique des Cahiers du Cinéma, Jacques Rivette, « Le Coup de Berger », bien que novateur, apparaît comme un coup d’épée dans l’eau. Ce n’est que trois ans plus tard avec « Le Beau Serge » puis « Les Cousins » que Claude Chabrol, un collègue de Jacques Rivette, annonce la véritable arrivée de la « Nouvelle Vague ». La même année, ses complices des « Cahiers » viendront se joindre à la « Vague » : François Truffaut avec « Les quatre cents coups », Eric Rohmer avec « Le Signe du Lion » et enfin Jean-Luc Godard avec « À bout de souffle ». En 1960, c’est au tour de Jacques Doniol-Valcroze (« L’Eau à la bouche ») et Pierre Kast (« Le Bel Âge ») de se jeter à l’eau de la réalisation avant la récidive de Jacques Rivette « Paris nous appartient » en 1961 etc.

Quelques sources bibliographiques:

Antoine de Baecque, 2009. La Nouvelle Vague. Portrait d'une jeunesse . Ed. Flammarion, coll. Arts et Culture, 123p.

Claude Chabrol et al, 2001. La Nouvelle Vague . Ed. des Cahiers du Cinéma, coll. Petites anthologie des Cahiers du Cinéma, 320p. -idées des cinéastes des "Cahiers du Cinéma".

Michel Marie, 2009. La Nouvelle Vague. Une école artistique . Ed. Armand Colin, 3e édition, coll. 128, 126p.

Sites internet intéressants:

La "Nouvelle Vague".

Histoire de la "Nouvelle Vague".

Un point de vue documenté et critique sur la "Nouvelle Vague".

Les cinéastes et les films de la "Nouvelle Vague" en France.

Un article sur François Truffaut.

Un article sur le film de jean-luc Godart « À bout de souffle ».

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