Éducation des enfants: Sparte entre le Ve et IVe s. av. J.-C.

Durant l'Antiquité, Sparte avait une conception particulière de l'éducation de sa jeunesse. Comment l'éducation des filles et garçons était-elle organisée?
59

Le territoire spartiate se situait dans l’actuelle Grèce, au sud de la presqu’île du Péloponnèse. En Grèce, les mères spartiates étaient considérées comme des expertes en matière d’éducation des jeunes. Aussi étaient elles particulièrement recherchées comme nourrices par l’aristocratie grecque. Comment les spartiates envisageaient t-il l’éducation de la jeunesse ? Ce premier article évoque plus particulièrement l’éducation des plus jeunes enfants du nouveau né à onze ans. Un second article traitera de l’éducation des jeunes garçons de douze à vingt ans.

L’éducation des plus jeunes enfants

Dès sa naissance, le sort du nouveau né ne dépend pas de ses propres parents mais de la cité spartiate. Il est présenté devant le Conseil des anciens. Seuls les enfants bien constitués et robustes sont acceptés. Un enfant difforme ou malingre est obligatoirement condamné. Les mères spartiates n’emmaillotent pas leurs bébés comme les autres mères. Elles préfèrent les laisser nus et libres de leurs mouvements. Très tôt, les mères habituent leur progéniture à ne point craindre la pénombre et la solitude, à ne pas être difficile sur la nourriture et enfin à ne pas se laisser gagner par les caprices et les pleurs inutiles.

L’éducation des jeunes filles

Contrairement aux jeunes athéniennes qui vivent recluses, les jeunes spartiates peuvent librement s’adonner aux sports (lancer du javelot et du disque, gymnastique, lutte etc.) même en public. De plus, les spartiates autorisent et incitent même les jeunes filles à chanter et danser nues dans les processions sous les yeux des garçons.

L’embrigadement des garçons

À sept ans, conformément au système de l’agôgè, les jeunes garçons quittent le cocon familial pour suivre une formation prémilitaire sous la direction d’un pédonome. Participer à l’agôgè est la condition sine qua non pour obtenir la pleine citoyenneté spartiate (Xénophon, La République des lacédémoniens ). Les garçons, totalement liés à la cité, intègrent une sorte d’école militaire dans l’unique but de former les futurs hoplites (soldats). Les garçons sont répartis en différentes classes d’âge : celle regroupant les plus jeunes de sept à onze ans, la classe médiane rassemblant les garçons de douze à quinze ans et en fin la dernière classe composée de garçons de seize à vingt ans.

L’apprentissage de l’obéissance, de la volonté et de la victoire

Les jeunes garçons de sept à onze ans sont regroupés en bandes commandées par un garçon un peu plus âgé, en quelque sorte un lieutenant du pédonome : l’ilarque. Chaque bande est constituée de groupes menés par les plus téméraires d’entre eux. Certes, les jeunes garçons apprennent à lire et à écrire mais cet apprentissage se limite au strict nécessaire. Les activités physiques avec notamment la gymnastique, la course et la lutte et l’initiation au maniement des armes dominent. Pour les spartiates, l’ éducation se résume surtout à bien obéir (Xénophon, La République des lacédémoniens ), apprendre à supporter la fatigue et à vaincre au combat.

L’éducation musicale

Parallèlement à l’entraînement militaire, les jeunes spartiates suivent une éducation musicale. Ils apprennent notamment à jouer de la cithare. Le chant et la danse sont aussi des apprentissages obligatoires. Musique et chants guerriers rythment en effet les pas des hoplites.

L’apprentissage de la vie « à la dure ».

Les jeunes garçons ont la tête rasée. Ils doivent également s’habituer à marcher sans chaussures et à jouer nu. Les enfants de moins de quinze ans couchent sur un lit de paille ou de foin sans couverture. Au fur et à mesure qu’ils grandissent, l’entraînement physique des jeunes garçons s’avère de plus en plus difficile.

Pour en savoir plus :

Levy, Edmond, 2003. Sparte: Histoire politique et sociale jusqu'à la conquête romaine. Éditions du Seuil, coll. Point Histoire, 336p.

L'éducation spartiate

Sur le même sujet