Environnement: des bioindicateurs qui révèlent les pollutions

Il existe des bioindicateurs susceptibles de signaler la présence de pollutions au sein des écosystèmes. Quels sont-ils? Comment sont-ils utilisés?
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La présence de substances toxiques dans les écosystèmes n'est pas toujours clairement visible. Les polluants modifient souvent les facteurs écologiques en particulier la flore et la faune. Pour mettre en évidence la pollution d’un écosystème, on peut utiliser un indicateur biologique ou un ensemble d’indicateurs biologiques sensibles ou résistants aux polluants. En effet, par leur présence, certaines espèces ou communautés d'espèces présentent la particularité de révéler les pollutions. Celles-ci dépendent de la nature des polluants (charges organiques, chimiques, ou radioactifs) et des types de milieux affectés (sol, air, eau). Les inventaires des différents bioindicateurs permettent de construire des indices biologiques normalisés.

Les espèces indicatrices

Il existe de nombreux indicateurs biologiques de la pollution. Parmi les plus connus, les lichens dont les espèces sont plus ou moins sensibles au dioxyde de soufre (SO2). Certaines espèces de mousses concentrent les métaux lourds (mercure, plomb etc.) et les éléments radioactifs. Le plantain pullule dans les milieux pollués par le dioxyde de soufre. Le Tubifex (ver aquatique) se développe sur le fond des cours d’eau chargés en matière organique. A la sortie des stations d’épuration des eaux, la truite est utilisée en raison de son extrême sensibilité aux pollutions et au manque d’oxygène. Enfin, moules et huîtres peuvent concentrer un million à dix millions de fois le polluant dissous dans le milieu où elles vivent.

Les communautés d’espèces

La pollution provoque généralement des modifications des espèces végétales ou animales présentes dans les écosystèmes. Celle-ci peut favoriser le développement d’espèces inhabituelles ou résistantes à la pollution alors que les espèces originelles plus sensibles régressent ou disparaissent totalement. L’utilisation de bioindicateurs constituant un ensemble d’espèces est souvent appliquée dans les écosystèmes aquatiques. Les communautés de poissons ou encore la petite faune benthique vivant sur le fond des cours d’eau peuvent ainsi renseigner sur la qualité de l’eau.

Les indices biologiques normalisés

La prise en compte des espèces ou communautés d’espèces les plus sensibles aux modifications de l’écosystème permet de construire des indices biologiques. Il existe de nombreux indices biologiques normalisés . Les plus connus sont utilisés pour caractériser les pollutions des écosystèmes aquatiques . L’Indice Biologique Global Normalisé (I.B.G.N) caractérise l’état biologique des cours d’eau par la présence d’une petite faune du fond notamment les Tricoptères, Éphéméroptères et Plécoptères si l'eau est d'excellente qualité. L’Indice Oligochètes (I.O.B.S.) de Bioindication des Sédiments mesure le nombre de Tubificidae dans les sédiments du cours d'eau. Dans un prélèvement, un nombre de Tubificidae sans soies capillaires supérieur ou égal à 60% indique la présence de métaux lourds et/ou de dérivés d'hydrocarbure. L’Indice Biologique Macrophytique en Rivière (I.B.M.R.) qui représente l’écart du nombre de macrophytes (algues, bryophytes, plantes vasculaires etc.) par rapport à une référence met en évidence la présence d'ammonium et de phosphates à l’origine de l’eutrophisation des écosystèmes aquatiques.

Sources:

Fischesser Bernard, Dupuis-Tate Marie-France, 2007. Le guide illustré de l'écologie . Éditions de la Martinière, édition revue et augmentée, 350p.

Miller P. Frédéric, Vandome Agnès, Mac Brewster John (sous la direction de), 2010. Bioindicateur . Éditions Alphascript Publishing, 68p.

Les bioindicateurs: définition

Lichens et pollution atmosphérique

Les indices biologiques normalisés (I.B.G.N. + voir autres pôles d'activités)

Bioindication d'une rivière : pdf

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