Environnement : les bioindicateurs, définition, rôles et limites

Les bio-indicateurs traduisent par leur présence une modification des écosystèmes. Qu'est-ce qu'un bio-indicateur? Quels sont leurs rôles et leurs limites?
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Il existe une multitudes de bio-indicateurs permettant de mettre en évidence une transformation d’un écosystème donné. Le bio-indicateur représente souvent une espèce bien définie mais peut aussi englober un ensemble ou communauté d’espèces. L’utilisation des bio-indicateurs implique une étude précise de l’écosystème afin d’éviter toute erreur de diagnostic.

Un révélateur de l’état de l'écosystème

Le bio-indicateur ou indicateur biologique représente soit une espèce animale ou végétale, soit un groupe d’espèces vivantes (communauté) qui présente la particularité de révéler significativement, par sa présence, la transformation d’un écosystème donné. Les bio-indicateurs peuvent ainsi jouer des rôles multiples. On les utilise pour détecter la pollution, mettre en évidence les dégradations d’un paysage ou les déséquilibres naturels, prévenir certains risques naturels (avalanches, glissement de terrain etc.) ou encore pour guider les choix en matière de génie écologique (restauration, conservation d’écosystème etc.).

L’espèce indicatrice

Certaines espèces signalent par leur présence une transformation de l’écosystème. Outre les lichens , le plantain se développe particulièrement bien dans les milieux enrichis en dioxyde de soufre. Les décharges à ciel ouvert profitent aux populations de goélands qui prolifèrent loin des rivages en y trouvant une source de nourriture abondante. L’abandon du pastoralisme montagnard permet le développement de la fétuque spadicée associée à l’asphodèle blanc au détriment d'une association végétale plus diversifiée.

La communauté d’espèces indicatrice

Parfois, la modification de l’écosystème peut être détecté par la présence d’un ensemble d’espèces. Un cours d’eau affecté par la pollution organique présente généralement une transformation de la petite faune du fond avec, selon le degré de pollution, la présence plus ou moins abondante de tubifex, simulies et chironomidés. La transformation du paysage par les activités humaines peut favoriser la modification des populations d’oiseaux. Ainsi, les remembrements à l’origine de la destruction du bocage ont favorisé l'installation d’oiseaux affectionnant les milieux ouverts ou semi-ouverts comme le bruant proyer, le corbeau freux ou encore l’alouette des champs. Ces espèces ont remplacé les petits rapaces comme le faucon hobereau et l’épervier qui se sont raréfiés.

Limites des bio-indicateurs

Si la présence d’une espèce ou d’un groupe d’espèces indicateur renseigne sur l’écosystème étudié, son absence demeure peu informative. L’utilisation d’un bio-indicateur implique tout d’abord une connaissance précise de l’écosystème. La présence ou l’absence d’espèces animales ou végétales dépend avant tout des conditions ou facteurs écologiques (composition chimique du milieu, température, humidité, pression, prédation, etc.) dont l’influence peut être déterminante. Le bio-indicateur ne devient significatif qu’après avoir écarté l'influence des facteurs écologiques régissant l'écosystème.

Pour en savoir plus:

Fischesser Bernard, Dupuis-Tate Marie-France, 2007. Le guide illustré de l'écologie . Éditions de la Martinière, édition revue et augmentée, 350p.

Miller P. Frédéric, Vandome Agnès, Mac Brewster John (sous la direction de), 2010. Bioindicateur . Éditions Alphascript Publishing, 68p.

Les lichens, bio-indicateurs de la pollution atmosphérique

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