Henri Matisse: formation et succès d'un peintre de génie

Découvrez Henri Matisse, peintre, dessinateur, sculpteur et graveur français qui a marqué l'art contemporain. De la formation du peintre au succès.
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Henri Matisse passe souvent comme le principal rival de Pablo Picasso alors que tout deux s’appréciaient même si leurs conceptions sur l’art pouvaient apparaître divergentes. Alors que, parfois,Pablo Picasso ne rechigne pas à exprimer le côté sombre et tragique de l'existence, Henri Matisse s’obstine à ne peindre que les joies de la vie. "Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir" précisait-il. D’abord influencé par divers courants picturaux, Matisse va devenir le chef de file du « fauvisme ». Ceci ne l’empêchera point d'évoluer vers un style qui lui est propre (arabesques, formes stylisées, absence de perspective, collage de papiers gouachés découpés etc.).

Matisse, la naissance d’un artiste

Henri Matisse naît le 31 décembre 1869 au Cateau-Cambrésis, une petite ville du nord de la France. Il montre très tôt des aptitudes pour le dessin mais ce n’est qu’à l’âge de vingt et un ans qu’il découvre réellement la peinture à laquelle il décide de consacrer sa vie. Ainsi, il quitte son poste de clerc d'avoué pour étudier la peinture notamment dans l'atelier de Gustave Moreau à Paris. Ces premiers tableaux « La desserte » (1897), « Le pont saint Michel » (1900), « Paysage » (1903-1904) etc. témoignent de l'influence des impressionnistes Claude Monet, Paul Gauguin, Vincent Van Gogh, et surtout Paul Cézanne. Puis, Henri Matisse s'intéresse aux travaux des néo-impressionnistes comme le pointilliste Paul Signac perceptible dans « Luxe, calme et volupté » (1904) et "jeune femme à l'ombrelle" (1905). Mais, ce dernier courant pictural ne le satisfait pas. Progressivement, Henri Matisse va se forger un style plus personnel. En 1905, il rencontre les peintres Albert Derain et Maurice De Vlaminck dont les tableaux se distinguent par la simplicité du dessin et les coups de pinceaux rapides de couleur pure. Au Salon d'automne 1905, les trois amis vont involontairement être à l'origine d'un nouveau courant pictural sans doctrine précise baptisé « fauvisme »par le critique d’art Louis Vauxcelles. Henri Matisse apparaît rapidement comme le chef de file des "fauvistes". Ces peintres ne cherchent pas à représenter la réalité du monde mais se servent plutôt de celui-ci pour exprimer des émotions grâce à l’utilisation de couleurs pures : « La sieste » (1905), « Fenêtre ouverte, Collioure » (1905), « La joie de vivre » (1905-1906), « Nu bleu » (1907), « La desserte, harmonie rouge » (1908) etc.

La métamorphose

Désormais célèbre, Henri Matisse fonde une école. Mais, très vite, il délaisse l’enseignement pour se consacrer entièrement à ses recherches artistiques. Au cours de ses voyages, il s’intéresse à l’art africain et l’art océanien. De ses voyages au Maroc, il rapporte des tableaux qui expriment la lumière particulière du pays où dominent le bleu et le rose : « La porte de la casbah » (1912), « Zorah sur la terrasse » (1912), « Tanger, paysage vu d’une fenêtre » (1912), « Les marocains » (1916) etc. Durant les années vingt, Henri Matisse peint la série des odalisques, jeunes femmes le plus souvent vêtues d’étoffes richement colorées dans des intérieurs non moins chatoyants : « L’artiste et son modèle » (1919), « Odalisque à la culotte rouge » (1922), « Nu au coussin bleu » (1924), « Odalisque au fauteuil turc » (1928) etc. Grâce à celles-ci, le peintre renoue avec la perspective et la représentation des volumes. En 1930, Henri Matisse rencontre Alfred Barnes, un collectionneur d’art américain qui lui commande une peinture murale pour sa fondation. Le peintre s’inspire d’un thème audacieux déjà abordée en 1909-1910 : la danse. Il réalise de nombreuses études préalables parmi lesquelles "La danse. Harmonie bleue" et "La danse. Harmonie ocre" (1930-1931). Cependant, la réalisation de cette œuvre lui pose beaucoup de problèmes qu'il ne pourra résoudre qu'au terme d'un travail acharné. De plus, les relations avec sa femme s'assombrissent de plus en plus au point que celle-ci le quitte définitivement. Alors qu'il achève sa dernière commande, Henri Matisse, épuisé et sentimentalement très affecté, tombe malade.

Pour en savoir plus:

P. Schneider, 1993. Matisse. Ed. Flammarion, Coll. Monographie, 751p.

L. Aragon, 1998 (réédition). Henri Matisse, roman. Ed. Gallimard, Coll. Quarto,

Vidéo présentant plusieurs oeuvres d'Henri Matisse.

Musée Henri Matisse de Nice (Alpes maritimes).

Musée Henri Matisse du Cateau-Cambrésis (Nord de la France).

Centre National d'Art contemporain de Paris (Centre Georges Pompidou).

Quelques toiles commentées d'Henri Matisse : Centre National d'Art contemporain de Paris (Centre Georges Pompidou).

Quelques oeuvres d'Henri Matisse au Musée Henri Matisse de Nice.

La vie et l'oeuvre du peintre Henri Matisse: de la reconnaissance à la fin de sa vie.

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