Henri Matisse: une vie pour l'art

Découvrez la vie et l'œuvre du peintre français Henri Matisse: de la reconnaissance du milieu artistique à la fin de sa vie.
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Après une formation artistique tardive et enfin la reconnaissance par ses pairs, Henri Matisse connaît de multiples épreuves. Il doit tout d'abord faire face au départ de sa femme puis affronter le cancer qui commence à le ronger. De plus, la France, désormais en guerre, devra bientôt subir l'occupation. Ces heures sombres puis la vieillesse n'empêcheront pas Henri Matisse de servir son art.

Le temps des épreuves

Dans les années trente, Henri Matisse peint de plus en plus de nus et femmes aux membres exagérément longs: "Grand nu couché" (1935), "Le rêve" (1935) ou encore "la guitariste" (1939) etc. Depuis 1937, Il se sait gravement malade. Le peintre crée beaucoup de portraits de femme ou de jeune fille dans des intérieurs sobres ou au contraire richement décorés. Sa secrétaire Lydia Délektorskaya est son modèle le plus fréquent: "jeune femme au corsage bleu" (1939), "Grande robe bleue et mimosas" (1937), "Jeunes filles, robe jaune,robe écossaise " (1941) etc. En 1941, atteint d’un cancer, Henri Matisse échappe de peu à la mort. La seconde guerre mondiale, l’occupation et la maladie ne l'empêchent pas de dessiner ou peindre des tableaux emplis de simplicité et de sérénité: "La chemise roumaine" (1940), "Nature morte aux magnolias" (1941) etc. A partir de 1942, Monique Bourgeois, qui demeure à son chevet durant sa longue convalescence, apparaît dans ses tableaux : "L'idole" (1942), "La porte noire" (1942), "Le tabac royal" (1943) etc. Depuis les années trente, Henri Matisse réalise également des lithographies pour illustrer les œuvres de plusieurs poètes français ou étrangers : « Poésies » de Stéphane Mallarmé (1932), « Pasiphaé » d’Henri de Montherlant (1944), « Les Fleurs du Mal » de Charles Baudelaire (1947), « Les Florilèges des Amours » de Ronsard (1948), « Poèmes » de Charles d’Orléans (1950) ou encore "Lettres portugaises" de Marianna Alcaforado (1946) etc. En 1944, il édite « jazz » , un recueil de pensées sur la vie et l’art qu’il illustre grâce à un procédé déjà utilisé auparavant : le papier gouaché découpé : « Icare », « Le clown », « L’avaleur de sabres » etc. œuvres toutes réalisées en 1943. « Dessiner avec des ciseaux. Découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs » comme il aime à le dire.

Créer jusqu’au bout de la vie

A l'instar de son ami Picasso, Henri Matisse reste un créateur extrêmement productif jusqu’à la fin de sa vie. La quête incessante de la simplicité l'amène à peindre des tableaux de plus en plus abstraits. La station longue et debout lui étant très pénible, Henri Matisse ne peint plus directement la toile. De son fauteuil roulant et avec l'aide d'assistantes, il crée de nombreux tableaux grâce à la technique du papier gouaché découpé : « Océanie, le ciel », « Océanie, la mer » réalisées en 1946 puis « L’oiseau et le requin,composition fond vert » (1947), « Les abeilles » (1948), « Nuit de Noël » (1951), « La tristesse du roi » (1952), la série des « Nu bleu » (1952), « les acanthes » (1953), « l’escargot » (1953) etc. En 1948, Monique Bourgeois qui est devenue soeur dominicaine lui demande un conseil au sujet des vitraux de la Chapelle des dominicaines du Rosaire de Vence. Plus tard, un frère dominicain, étudiant en architecture, lui propose de réaliser non seulement la décoration mais l'ensemble de la Chapelle. Henri Matisse accepte. Ce travail durera trois ans. Les études en papier gouaché découpé l’aident beaucoup notamment pour la création des vitraux. Parallèlement, il réalise les peintures murales « Saint Dominique », « La vierge à l’enfant », « Chemin de croix », les céramiques, objets de culte etc. C'est en achevant la commande de Nelson A. Rockefeller, un vitrail en rosace pour la chapelle de Pocantico Hills aux Etats-Unis que le 3 novembre 1954, à Nice, Henri Matisse meurt à quatre-vingts cinq ans d’une crise cardiaque. Il laisse une œuvre exceptionnelle qui a marqué l’art du XXe siècle.

Pour en savoir plus:

P. Schneider, 1993. Matisse. Ed. Flammarion, Coll. Monographie, 751p.

L. Aragon, 1998 (réédition). Henri Matisse, roman. Ed. Gallimard, Coll. Quarto.

Henri Matisse, de la formation du peintre à la reconnaissance du milieu artistique.

Vidéo présentant plusieurs oeuvres d'Henri Matisse.

Musée Henri Matisse de Nice (Alpes maritimes).

Musée Henri Matisse du Cateau-Cambrésis (Nord de la France).

Centre National d'Art contemporain de Paris (Centre Georges Pompidou).

Quelques toiles commentées d'Henri Matisse : Centre National d'Art contemporain de Paris (Centre Georges Pompidou).

Quelques oeuvres d'Henri Matisse au Musée Henri Matisse de Nice.

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