Iran et pétrole : atouts et revers

L'Iran possède d'importantes réserves de pétrole. Mais quelle est la place du pétrole dans l'économie iranienne ? À qui profite cette richesse ?
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Si l’Iran figure parmi les grands pays producteurs et exportateurs de pétrole du monde, le pays possède d’autres ressources industrielles. Cependant, les richesses du pays ne profitent qu’à une minorité de la population alors que l’inflation et la dette publique augmente. À tort ou à raison, la politique étrangère menée par l’actuel président Mahmoud Ahmadinejad semble encore aggraver la situation économique du pays.

Rôle du pétrole dans l’économie iranienne

Certes, les revenus tirés de l’or noir ont permis de financer le système éducatif, le système de santé et de moderniser les infrastructures publiques du pays. Cependant, le pétrole ne joue pas un rôle majeur dans l’économie iranienne. Si l’exploitation pétrolière constitue 85% des exportations et 60% du budget de l’État, ce secteur ne représente que 10% du produit intérieur brut (P.I.B) du pays. Depuis 1960, parallèlement au secteur pétrolier, l’Iran a développé une industrie automobile qui bien que locale n’en est pas moins florissante. De même, le pays est devenu le premier producteur d’acier du Moyen-Orient.

Économie et oligarchies

Malgré les politiques de privatisation, les profits réalisés par l’économie iranienne (dont les revenus pétroliers) n’enrichissent qu’une partie de la population. Depuis la Révolution islamique de 1979, les premiers bénéficiaires de la manne pétrolière ont été les fondations islamiques (Bonyad) pour la plupart dirigées par les mollah. Ces institutions à dessins caritatifs forment en fait de véritables conglomérats dans tous les secteurs de l’économie iranienne. Fonctionnement opaque et participation au financement des entreprises publiques leur permettent d’échapper au contrôle de l’État. Depuis l’investiture de Mahmoud Ahmadinejad (2005), les fondations islamiques partagent l’essentiel des profits avec les gardiens de la Révolution (Pasdaran) constitués pour la plupart de vétérans de la guerre Iran-Irak comme l'actuel président de la république islamique.

Une politique inflationniste

Face au mécontentement populaire vis-à-vis de l’augmentation des prix, le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad n’a cessé de subventionner les produits de consommation courante grevant le budget de l’État. Les sanctions internationales par rapport au programme nucléaire iranien et l’utilisation de la planche à billet alourdissent encore l’inflation. L’embargo décidé par l’Organisation des Nations-Unies (O.N.U.) a provoqué une diminution considérable des investissements étrangers et des transactions bancaires. L’Iran peut continuer à compter sur le soutien de la Chine et de la Russie, ses deux principaux partenaires commerciaux. Cependant, ceux-ci ne suffisent pas à compenser les déficits dus aux sanctions internationales. Depuis 2011, le gouvernement s’engage à réduire les subventions sur les produits de base ce qui entraîne des conditions de vie de plus en plus difficile pour le peuple iranien.

Sources et pour en savoir plus :

Coville Thierry, 2007. Iran, la Révolution invisible. Éditions de la Découverte, 262p.

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