La famille en Chine, rôle et principaux aspects

Selon les sociétés, la famille joue un rôle plus ou moins important. En Chine, comment la famille est-elle perçue et quels sont ses principaux aspects?
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En Chine, la famille joue un rôle essentiel. Elle est le cœur de la vie quotidienne, de la société voire de la nation. En mandarin (chinois), le mot « pays » ne se dit-il pas « guojia » composé du caractère « guo » signifiant « état » ou « royaume » et du caractère « jia » qui veut dire « famille ». La tradition confucéenne donne à chaque membre de la famille chinoise et au mariage un rôle et des qualités particulières qui peuvent toutefois évoluer avec le temps. La désignation des individus diffèrent beaucoup en fonction des milieux dans lesquels ceux-ci évoluent.

Les extrémités familiales, le grand-père et le fils

Le ménage chinois comporte généralement plus de membres qu’en occident. Il est fréquent de voir plusieurs générations partageant le même foyer (Lao She, Quatre générations sous un même toit) bien que cette cohabitation tend à disparaître dans les grandes villes. Les grands-parents bénéficient des soins les plus attentifs. Le grand-père (ou le père) est la personne la plus importante du foyer. Les autres membres de la famille lui doivent l’écoute et le plus grand respect. À l’autre extrémité de la famille l’enfant, en particulier le fils (durant la politique de l’enfant unique, avoir une fille était, pour les parents, souvent vécu comme une malédiction! nous verrons pourquoi ci après), concentre tous les espoirs de la famille. La culture confucéenne attache une grande importance à l’éducation. En Chine, les études et les enseignants sont particulièrement respectés. Aussi, toute la famille fera en sorte que l'enfant fasse de bonnes études.

Être une femme mariée en Chine

Selon la tradition confucéenne, la femme doit obéissance à son mari. Longtemps, la vie de la femme mariée se résumait aux tâches domestiques et à l’éducation des enfants. Seules les plus aisées pouvaient s’adonner à des activités de loisir comme la broderie, la peinture, la lecture ou la musique. Peu à peu, dans les milieux éduqués, la femme est devenue plus autonome. Mariée, elle appartient totalement à sa nouvelle famille (la fille ne peut donc pas s’occuper de ses parents âgés). Aujourd’hui, excepté dans les villages les plus reculés, la plupart des femmes travaillent et acquièrent ainsi une certaine indépendance.

Le mariage en Chine

Jusqu’au milieu du XXe siècle, le mariage avait pour but principal d’accroître la famille du mari. Comme autrefois en Occident, les mariages arrangés dominaient. De plus, en Chine, la polygamie était très courante et les fiancés souvent très jeunes : 13ans pour le garçon et 17ans pour la fille. C’est le régime communiste qui mît fin à ces traditions en interdisant le mariage des enfants et en instituant la monogamie, l’égalité homme/femme ainsi que le divorce par consentement.

Désigner les membres de la famille

En Occident, désigner les membres de la famille est simple. En Chine, il faut s’accrocher! Il existe en effet plus de 200 termes pour désigner les membres d’une même famille. Chaque membre de la famille possède un terme bien défini. Ainsi, on distingue la femme du frère aîné « sao sao » de celles des autres frères, le grand-père paternel « Ye ye » ou le frère cadet du père « shu shu ». Ces désignations sont parfois utilisées en dehors de la famille. Par exemple, un enfant peut appeler une inconnue ayant à peu près l’âge de sa mère par le terme « ayi » qui veut dire « tante » ou un inconnu ayant l’âge de son père par le terme « shu shu » qui signifie « oncle » etc.

Le nom de famille

En Chine, le nom de famille devance toujours le prénom. Ainsi, Gong est bien le patronyme de la célèbre actrice Gong Li. Parfois, on peut faire précéder le nom de famille d’un monsieur, madame ou mademoiselle. Le prénom ne s’utilise que dans la vie privée, au domicile ou entre amis de longue date. Entre amis, il est courant de dédoubler le prénom ou d’employer un surnom. Au travail, entre collègues, le nom de famille peut être suivi de « lao », « vieux » (dans le sens de « qui a de l’expérience ») en signe de respect ou encore suivi de « xiao », « petit » en signe d’affection. Si l’enfant porte toujours le nom de famille du père, ce n’est pas le cas de la femme qui conserve toute sa vie son nom de jeune fille. « Tongzhi » qui veut dire « camarade » à connotation clairement politique (régime communiste oblige!), très usité jusqu’aux années 90, ne l’est plus guère aujourd’hui sauf chez les personnes âgées ou si l’on veut faire de l’ironie!

Sources et pour en savoir plus:

Lao She, Quatre générations sous un même toit . Éditions Gallimard, coll. Folio, tome 1 (1998), tome 2 (2000) et tome 3 (2001): roman

Pimpaneau Jacques, 2004. Chine:culture et traditions . Éditions Philippe Piquier, revue et augmentée, 382p.

Droit et évolution de la famille en Chine

La famille chinoise

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