La « Nouvelle Vague » en France: des cinéastes et des films

La « Nouvelle Vague » a séduit de nombreux cinéastes. D'autres en ont été écartés ou se sont plus tard découverts comme les héritiers de celle-ci.
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La « Nouvelle Vague » ne fut pas seulement constituée par les jeunes critiques des « Cahiers du Cinéma ». Au début des années soixante et bien plus tard, de nombreux cinéastes issus du court métrage se sont enthousiasmés pour ce cinéma. Toutefois, pour des raisons diverses, certains cinéastes et leurs films novateurs ont été mis à l'écart de ce groupe.

La « Nouvelle Vague » accueille.

Les premiers cinéastes de la « Nouvelle Vague » sont de jeunes réalisateurs issus de la critique des « Cahiers du Cinéma » : Claude Chabrol, François Truffaut , Jean-Luc Godart , Eric Rohmer, Jacques Rivette etc. D’autres cinéastes extérieurs aux « Cahiers du Cinéma » ont néanmoins été assimilés à « la Nouvelle Vague ». Ainsi, en 1961, Jacques Demy réalise « Lola », l’histoire de quatre personnes qui vont voir leur vie bouleversée alors que ressurgissent leurs souvenirs et leur passé. De même, Agnès Varda se distingue avec « Cléo de cinq à sept » (1962), quatre-vingt-dix minutes durant lesquelles les amis d’une jeune fille essaye de lui ouvrir les yeux sur le monde ou encore, en 1963, Jacques Rozier avec « Adieu Philippine » où un jeune homme séduit deux jeunes filles inséparables sans connaître la véritable élue de son coeur.

La « Nouvelle Vague » fait des émules.

Un peu plus tard, certains cinéastes se désigneront comme les héritiers directs de la « Nouvelle Vague ». Signalons le style personnel de Jean Eustache avec « La maman et la putain » (1973) relatant les difficultés de concilier amour et liberté sexuelle. C’est également le cas de Philippe Garrel avec son premier long métrage « Anémone » (1966), l’histoire d’une jeune fille se disant « libérée » ou encore Claude Berri avec « Le vieil homme et l’enfant » (1967), une tendre amitié entre un antisémite notoire et un enfant juif. On peut également y ajouter Jean-Michel Straub et Danièle Huillet réalisant «Non réconciliés ou seule la violence aide ou la violence règne » (1965) qui dévoile la survivance du nazisme dans l’Allemagne de l’après-guerre, André Téchiné (« Souvenirs d’en France »,1975) évoquant les difficultés d’intégration d’un immigré espagnol, Jacques Doillon (« Les doigts dans la tête »,1974), exprimant la révolte de jeunes ouvriers exploités par un patron ou encore Benoît Jacquot (« Le musicien assassin » 1974), montrant le cheminement d’un jeune musicien qui sombre dans la folie. Enfin, Chantal Akerman et son surprenant premier long métrage « Hôtel Monterey » (1973) suivant le déplacement d’un ascenseur avec ses plans fixes, une bande sonore inexistante etc. correspond tout à fait au style expérimental de la « Nouvelle Vague ».

La « Nouvelle Vague » écarte.

Bien que novateurs, des cinéastes, jugés trop bourgeois ou trop indépendants, ont été rejetés de la « Nouvelle Vague ». C’est le cas d’Alain Resnais malgré son « Hiroshima, mon amour » (1959), une double histoire superposant le souvenir d’un amour impossible entre une jeune française et un soldat allemand et l’amour naissant entre cette même jeune fille devenue femme et un japonais dans la ville dévastée d’Hiroshima. Il en est de même pour Claude Lelouch avec un film comme « Le propre de l’homme » en 1960, évoquant la formation d’un couple dans la capitale française. Louis Malle connaît le même sort avec « Ascenseur pour l’échafaud » (1957) où une femme mariée et son amant envisage de supprimer le mari en maquillant le meurtre en suicide. On peut également y ajouter des cinéastes comme Michel Deville qui réalise en 1961 « Ce soir ou jamais » retraçant le montage périlleux d’un spectacle qui révèle les sentiments partagés par une troupe de comédiens. Les débuts difficiles de Maurice Pialat le place lui aussi en dehors de la « Nouvelle Vague » avant de réaliser « L’enfance nue » en 1969 qui évoque le destin tragique d’un enfant de l’assistance publique au prise avec une société punitive.

Quelques sources bibliographiques:

Antoine de Baecque, 2009. La Nouvelle Vague. Portrait d'une jeunesse . Ed. Flammarion, coll. Arts et Culture, 123p.

Claude Chabrol et al, 2001. La Nouvelle Vague . Ed. des Cahiers du Cinéma, coll. Petites anthologie des Cahiers du Cinéma, 320p. -idées des cinéastes des "Cahiers du Cinéma".

Michel Marie, 2009. La Nouvelle Vague. Une école artistique . Ed. Armand Colin, 3e édition, coll. 128, 126p.

Sites internet intéressants:

Histoire de la "Nouvelle Vague".

Origine et développement de la "Nouvelle Vague" en France.

Apports de la « Nouvelle Vague » pour le cinéma.

Un article sur François Truffaut.

Un article sur le film de jean-luc Godart « À bout de souffle ».

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