Les acteurs et actrices de la «Nouvelle Vague», piliers du cinéma

La «Nouvelle Vague» nous a fait découvrir et apprécier des acteurs et actrices au talent prometteur dont certains marquent encore aujourd'hui le cinéma.
245

À la fin des années cinquante, la plupart des acteurs et actrices avaient commencé leur carrière avant 1940. La « Nouvelle Vague » a marqué l'histoire du cinéma en apportant sa touche particulière. Elle a en outre permis de révéler une nouvelle génération d’acteurs et d’actrices. Certains disparaîtront des écrans de cinéma avec la fin de la « Nouvelle Vague » . D’autres au contraire sauront construire une carrière dans le cinéma français ou étranger.

Un acteur fantasque

Jean-Paul Belmondo, acteur fantasque et contre exemple du traditionnel jeune premier, tourne dans plusieurs films estampillés « Nouvelle Vague » mais se fait surtout remarquer dans À bout de souffle (1959) puis Pierrot le fou (1965), deux films de Jean-Luc Godard. Il poursuit ensuite sa carrière dans des rôles de justiciers musclé et risque tout qui ne manqueront pas de remplir les salles obscures tels un policier aussi anticonformiste qu'opiniâtre dans Peur sur la ville (1974) d’Henri Verneuil ou dans Flic ou voyou (1978) de Georges Lautner ou encore un aviateur au grand coeur dans L’As des As (1982) de Gérard Oury. Mais il incarnera aussi des rôles plus complexes : un célèbre escroc dans Stavisky (1974) d' Alain Resnay, un ancien forçat généreux à l'image de Jean Valjean dans Les Misérables (1995) de Claude Lelouch ou plus récemment un Sans Domicile Fixe dans Un homme et son chien (2008) de et avec Francis Huster. Depuis les années quatre-vingts dix, Jean-Paul Belmondo alterne avec succès les rôles au théâtre et au cinéma.

Une actrice au style spontané et chaleureux

Découverte par François Truffaut dans son court métrage Les Mistons , Bernadette Lafont , actrice aux formes généreuses, spontanée et à l'humour malicieux à souhait tournera dans quatre films de Claude Chabrol durant la période de la «Nouvelle Vague»: Le Beau Serge (1959), À double tour (1959) où elle campe Julie, la servante du couple déchiré, Les Bonnes Femmes (1960) où elle incarne Jane, une fille facile et en 1961, Les Godelureaux dans lequel elle joue Ambroisine, une fille un peu naïve. Actrice fétiche de Claude Chabrol, elle tournera également de nombreux films avec bien d'autres cinéastes. Ainsi, dans La fiancée du pirate de Nelly Kaplan (1969) elle campe une prostituée bouleversant la vie d'un petit village. Bernadette Lafont devient la confidente de Charlotte jouée par Charlotte Gainsbourg dans L’effrontée (1986) de Claude Miller. En 2001, elle est veuve au grand coeur dans Les petites couleurs de Patricia Plattner ou encore interprète une mère abusive dans Prête moi ta main d' Éric Lartigau en 2006.

Un acteur engagé

Jean-Pierre Léaud, au style austère, décalé voire hésitant, est découvert par François Truffaut. Véritable alter ego du cinéaste, il jouera le rôle d’Antoine Doisnel, de l'adolescent tourmenté des Quatre cents coups à l’adulte parfois "paumé" de L’amour à vingt ans (1962), Baisers volés (1968), Domicile conjugual (1969) et de L’amour en fuite (1979). Dans Masculin Féminin (1966) puis dans La Chinoise (1967) de Jean-Luc Godard, il incarnera la jeunesse perdue et révoltée en quête d’un idéal. François Truffaut le rappellera en 1973 pour le tournage de La nuit américaine dans lequel il incarne un jeune acteur. La même année, il devient Alexandre, un jeune homme déchiré entre son besoin d' amour véritable et sa soif de liberté sexuelle dans la maman et la putain de Jean Eustache. Il apparaît en 1985 sous les traits de l'inspecteur Neveu dans Détective de Jean-Luc Godard puis dans Corps et biens (1986) de Benoît Jacquot. Bien qu’il tourne dans quelques comédies comme dans Les keufs (1987) de Josiane Balasko où il joue le fameux commissaire Bouvreuil etc., Jean-Pierre Léaud demeure un artiste engagé comme le montre son interprétation du suicidaire dans le film d’Aki Kaurosmaki J’ai engagé un tueur (1990) ou encore dans J’ai vu tuer Ben Barka (2005) de Serge Le Perron où il interprète le documentariste Georges Franju.

Une actrice au charme spontané et écorchée vive.

Jean Seberg, découverte par Otto Preminger avec qui elle tournera deux films, Sainte Jeanne en 1957dans lequel elle incarne Jeanne d'Arc et Bonjour Tristesse en 1958 où elle tient le rôle de Cécile, une jeune fille livrée à elle-même. Dans À bout de souffle , elle campe Patricia Franchini, une vendeuse de journaux tombée sous le charme du jeune délinquant Michel Poiccard alias Jean-Paul Belmondo. Elle crève l'écran grâce à son allure androgyne à contre courant des actrices de l’époque et à son jeu empli de spontanéité. Elle tournera ensuite avec de nombreux réalisateurs français dont Claude Chabrol ( La ligne de démarcation en 1966) et étrangers. En 1964, elle joue Lilith de Robert Rossen, une jeune patiente dont le psychiatre tombe amoureux puis apparaît en 1969 dans la comédie musicale La kermesse de l’ouest où elle tient le rôle d'une jeune prostituée durant la «ruée vers l'or». Après une vie personnelle et carrière en dents de scie, notamment ses multiples divorces dont celui qui la séparera de l’écrivain Romain Gary, elle mettra fin à ses jours en 1979.

Quelques sources bibliographiques:

Antoine de Baecque, 2009. La Nouvelle Vague. Portrait d'une jeunesse . Ed. Flammarion, coll. Arts et Culture, 123p.

Claude Chabrol et al, 2001. La Nouvelle Vague . Ed. des Cahiers du Cinéma, coll. Petites anthologie des Cahiers du Cinéma, 320p. -idées des cinéastes des "Cahiers du Cinéma".

Michel Marie, 2009. La Nouvelle Vague. Une école artistique . Ed. Armand Colin, 3e édition, coll. 128, 126p.

Sites internet intéressants:

Histoire de la "Nouvelle Vague".

Origine et développement de la "Nouvelle Vague" en France.

Apports de la « Nouvelle Vague » pour le cinéma .

Les cinéastes et les films de la "Nouvelle Vague" en France.

La "Nouvelle Vague" en France: des acteurs aux multiples talents.

Sur le même sujet