Les Hadza, le plus ancien peuple d'Afrique

Au cœur de l'Afrique, une minorité ethnique se distingue par un mode de vie peu conventionnel:les Hadza. Qui sont-ils?Où et comment vivent-il?
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Les Hadza forment le plus ancien peuple africain. Leur mode de vie nous plonge au cœur de la préhistoire. Mais leur territoire ne cesse de se réduire sous la pression agricole. Rejetés par les autres peuples, écartelés entre leur culture ancienne et le monde moderne, les Hadza sont aujourd’hui menacés de disparition…

Un peuple ancien

Les Hadza sont un peuple nomade installé depuis près de 40000 ans à l’est du Grand Rift africain, dans la région du Lac Eyasi, au nord de la Tanzanie. D’après les généticiens, les Hadza forment une des plus anciennes branches de l’arbre généalogique humain.

Des chasseurs et cueilleurs

Le peuple Hadza est le dernier peuple d’Afrique vivant de chasse et de cueillette. Formant des camps de trente à quarante individus, les femmes se chargent de cueillir les fruits des baobabs, les baies et d’extraire les racines de diverses plantes. Les hommes récoltent le miel et chassent à l’arc. Seuls 30 à 40% des Hadza suivent ce mode de vie ancestral. Les autres occupent des postes d’ouvriers dans les grandes entreprises agricoles de la région ou travaillent dans le tourisme.

Un territoire de plus en plus restreint

Longtemps infertiles et malsaines (mouche tsé tsé), les terres des Hadza sont aujourd’hui de plus en plus convoitées en raison du développement de l’agriculture et de l’élevage. En 50 ans, les Hadza ont ainsi perdu 90% de leur territoire. Au sud du Lac Eyasi, les Isanzu, Irawq et Datoga, peuples de cultivateurs et d’éleveurs ne cessent de grignoter le territoire Hadza.

Un peuple marginalisé

En raison de leur culture particulière, les Hadza sont rejetés par les autres peuples exerçant des activités plus modernes. Incompris, ils sont fréquemment victimes d’humiliations et d’exactions policières. Par des moyens plus ou moins coercitifs, les autorités locales ont tenté, en vain, de sédentariser ce peuple original qui s'efforce de préserver ses traditions.

Un peuple qui disparaît

Certains Hadza abandonnent leurs traditions pour venir grossir les effectifs d’ouvriers des grandes entreprises agricoles. D’autres s’attellent à théâtraliser leur mode de vie pour distraire les touristes. Non habitués à l’argent, beaucoup vilipendent leur maigre salaire dans des achats d’alcool et de drogue qui les déciment peu à peu. Nombre de femmes Hadza s’adonnent à la prostitution. Comparés aux autres peuples, les Hadza sont deux fois plus touchés par le SIDA.

Sauver les Hadza

À Mongo via Mono, dans la vallée de Yaeda, une association de défense des Hadza, Ujama Community Ressource Trust (U.C.R.T.) souhaite mettre en place des zones d’économie traditionnelle afin de protéger leurs ressources. Le responsable de l’association, Dauti Peterson, plaide pour un tourisme responsable. Les touristes, en nombre plus restreint et plus encadrés, participeraient financièrement aux projets de défense des Hadza. En novembre 2011, quelques tributs Hadza ont, pour la première fois, obtenu des droits à la terre . Un début prometteur pour l'ensemble de la communauté.

Pour en savoir plus :

Kauffmann Alexandre, 2011. Les derniers chasseurs cueilleurs d’Afrique. Géo, document, n°388, juin 2011, pp. 118-131.

Finkel Mickael, 2009. Les Hadza. National Geographic, n°123, décembre 2009

Les derniers chasseurs cueilleurs d’Afrique

Un avenir pour les Hadza

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