Les villes d' Europe occidentale

Les villes d' Europe occidentale présentent des caractéristiques communes qui font leur originalité. Quelles sont ces particularités ?
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Les villes d' Europe occidentale sont les fruits d'un passé souvent très ancien. Leur édification est largement lié à des politiques urbaines volontaristes. Les villes d' Europe occidentale montrent une structure particulière qui dévoile les différentes étapes de leur formation. La croissance immodérée des grandes villes a nécessité la création de villes satellites et villes nouvelles .

La ville d' Europe occidentale: une création souvent ancienne

Les villes d' Europe occidentale se caractérisent par une juxtaposition de plans d'époques différentes si bien qu' il existe très peu de quartiers anciens homogènes. Les constructions urbaines (maisons, bâtiments, quartiers) peuvent être protégées par des mesures patrimoniales. C'est le cas au Royaume-Uni et en Allemagne depuis le XIXe siècle, en Italie depuis le début du XXe siècle et en France grâce à la Loi Malraux (1960). Celles-ci sont aussi soumises à la spéculation immobilière. Les quartiers historiques sont fréquemment dominés par des édifices prestigieux (cathédrale, château, beffroi etc.), des places monumentales, des promenades, des quinconces. Leur réhabilitations entraîne souvent le départ des populations résidentes modestes au profit des classes sociales plus aisées en raison du coût important des loyers.

Des villes qui s'étendent en couronnes successives

Contrairement aux villes nord-américaines , les villes d' Europe occidentale se caractérisent par l'existence d' un noyau historique (Antiquité et Moyen-Age) qui est souvent le centre de la ville. Ce noyau historique explique le développement des villes en couronnes successives plus ou moins concentriques à partir de celui-ci. Ainsi, la première couronne (du XVIIe à la première partie du XXe s.) incorpore toujours les anciens faubourgs. La seconde couronne qui se développe à partir de 1950 constitue la banlieue et, depuis les années 1970, l'espace périurbain qui côtoie l'espace rural. Cette extension spatiale de la ville s'accompagne souvent d'une évolution démographique. Ainsi, la population du centre diminue au profit de la banlieue tandis que la population de la première couronne se stabilise. Ce phénomène s'explique par le départ des classes modestes et moyennes du centre vers la deuxième couronne en raison du coût des loyers.

L'œuvre d'une politique urbaine volontariste

Afin de mieux contrôler la croissance urbaine et d'améliorer la rentabilité économique, la plupart des pays d'Europe occidentale choisissent différentes politiques urbaines. Ainsi, en France, la loi de 1948 a permis le maintien de populations modestes dans les quartiers anciens mais a bloqué toute opération de rénovation. La Loi Quillot (1983) plus favorable aux locataires aurait néanmoins ralenti la construction de logements neufs. Par contre, en Espagne, l'absence de réglementations a provoqué un développement anarchique de l'urbanisation. En matière de politique urbaine, l' État joue un rôle fondamental tant sur le plan juridique (cadres généraux, codes de l'urbanisme) que dans le domaine de la planification (plans d'occupation des sols, schémas directeurs etc.). Celui-ci peut aussi favoriser la création d'organismes d'aménagement. C'est le cas en France avec les Sociétés d'Aménagement Départementales (SAD) contrôlées par la Caisse des dépôts et consignations. Parfois, des partenariats État / Collectivités locales sont créés tel, en France, l'Office Public d'Aménagement et de Construction (OPAC). Enfin, l'État peut également intervenir directement dans la construction de villes satellites et villes nouvelles.

Les villes satellites et les villes nouvelles

Pour limiter l'extension spatiale des grandes agglomérations comme Paris, Londres, Rome etc., les États proposent différentes solutions dont la création de villes satellites ou de villes nouvelles. Les villes satellites apparaissent surtout durant les périodes de pénurie de logements. L' Espagne adopte cette solution dans les années soixante (Alarcon, Moscoles, Getafe etc. près de Madrid). Il n'est pas rare alors de voir s'élever des immeubles près des villages, au milieu des champs, en l'absence de toute infrastructure (voirie, assainissement, services etc.). Certains États comme la France ou le Royaume-Uni préfèrent la création de villes nouvelles intégrant à la fois le logement, les services et l'emploi. Les villes nouvelles sont souvent une réussite dans le domaine du logement et des services telles Basilton, Crawley, Harlow etc. près de Londres ou encore Cergy-Pontoise, Evry, Marne-La-Vallée etc. en Île-de-France. Par contre, le jumelage habitat et emploi n'est pas toujours au rendez-vous.

Pour en savoir plus:

Pelletier Jean et Delfante Charles, 2000. Villes et urbanisme dans le monde. Edition Armand Colin, collection U, 194p.

Un rapport de synthèse sur les villes d'Europe occidentale.

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