Les villes nord-américaines

Les villes nord-américaines montrent une organisation originale par rapport aux villes des autres continents. Quelles sont ces particularités ?
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Les villes nord-américaines sont beaucoup plus récentes que les villes européennes ou asiatiques. Il faut dire que ces villes sont l'objet de renouvellements relativement rapides dans le temps. Les plans des villes au tracé régulier et orthogonal sont typiques des villes ex nihilo c'est-à-dire construites sur un terrain vierge de toute construction (à l'inverse des villes possédant un noyau historique tel un campement militaire, un village etc.). La réglementation en matière de construction est beaucoup moins contraignante par rapport à certains pays. Enfin, les villes nord-américaines sont encore dominées par une ségrégation particulièrement pesante.

Des villes relativement récentes

Contrairement aux villes d'Europe occidentale, la plupart des villes nord-américaines ne possèdent pas de quartiers très anciens. Les villes les plus anciennes qui se situent exclusivement à l'est du continent comme New York, Boston ou Québec n'ont été fondées qu'au 17e siècle. De nombreuses villes du centre et de l'ouest telles Oklahoma City, San Francisco, Calgary ou encore Vancouver datent du XVIIIe ou XIXe siècle. Longtemps, les quartiers anciens furent abandonnés à leur sort. De nos jours, ils sont au cœur de mesures de conservation comme par exemple le poste de portage de Winnipeg.

Des villes qui évoluent rapidement

Nulle part dans le monde les villes n'évoluent au rythme des villes nord-américaines. Depuis un siècle, New York et Chicago ont déjà subi trois démolitions complètes. Ces opérations de renouvellement des villes sont devenues rentables grâce à la présence de capitaux importants. Lorsque les taxes immobilières s'avèrent trop élevées, les anciens bâtiments sont remplacés par des parkings comme c'est le cas des quartiers centraux de nombreuses villes des États-Unis.

Des villes au plan à damiers

La plupart des villes nord-américaines sont construites selon un plan géométrique à quadrillage régulier. Ce type de plan simple, qui n'est pas exclusif à l'Amérique du Nord, permet une évolution plus aisée de la ville. Dès 1788, celui-ci fût imposé par la loi américaine et canadienne afin d'établir un cadastre des terres conquises. Les rues sont longues et rectilignes. Certaines, telles Philadelphie, se distinguent par une trame carrée à diagonales. Ces rues sont répertoriées par leur numéro associé à un emplacement. Cependant, San Francisco figure parmi les exceptions avec ses rues anciennes obliques à nom propre comme en Europe. Très rares, les plans monumentaux de prestige demeurent une particularité de la capitale Washington avec ses Capitole, Obélisque et autre Monument Lincoln.

Des villes favorisées par le libéralisme

Au pays du libéralisme, l'érection des villes suppose peu ou pas de contraintes où seule intervient la loi du marché. Aux États-Unis, des règlements en matière d'environnement et de mixité raciale existent mais ils sont peu suivis. À Montréal , les plans d'urbanisme sont peu déterminants voire inexistants. Les vocations des terrains ne sont pas suffisamment précises et les changements sont toujours possibles. Des associations de défense des citoyens face aux promoteurs se sont développées. Un Bureau des Audiences publiques spécialisé dans ce domaine leur permet de consulter les grands projets d'aménagement.

Des villes marquées par une forte ségrégation

Comme de nombreuses villes dans le monde, les villes nord-américaines sont des lieux où les clivages s'expriment. Mais ici, ceux-ci sont particulièrement accentués. Les lois sur l'égalité raciale n'ont pas effacé la séparation entre les quartiers « blancs » et les quartiers « noirs ». La ségrégation peut être aussi d'origine culturelle. Ainsi, dans de nombreuses villes, il existe des quartiers spécifiques aux Italiens, Polonais ou encore Mexicains. La mixité sociale n'est pas encore une réalité. Riches et pauvres vivent toujours séparés. Le critère démographique tel la composition des ménages ou le statut matrimonial (couple avec ou sans enfants, femme divorcée ou personne célibataire etc.) est également un moyen de cloisonner les habitants.

Pour en savoir plus:

Ghorra-Gobin Cynthia, 2003. Villes et sociétés urbaines aux États-Unis. Ed. Armand Colin, Coll. U, Paris.

Ghorra-Gobin Cynthia, 2006. Les États-Unis, espace, environnement, société, villes. Ed. Nathan, Paris.

Montréal, ville et image internationale

Portraits de villes américaines

Centralité métropolitaine (pdf)

Les systèmes urbains nord-amécicains à l'heure de la "nouvelle économie". (pdf)

Pauvreté et métropoles américaines.

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