Principaux flux et destinations des drogues illicites

Le trafic et la consommation de drogues concernent aujourd'hui de nombreux pays du monde. Quels sont les principaux clients et flux de ce trafic?
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Les principaux flux de stupéfiants ont longtemps relié les pays producteurs , souvent économiquement moins avancés, aux pays consommateurs, les pays riches. Ce trafic vers les pays développés existe toujours mais les clients sont de plus en plus nombreux dans les pays moins avancés. Le réseau d’acheminement des stupéfiants est aussi devenu plus complexe…

Les consommateurs traditionnels: les pays riches

La cocaïne colombienne alimente surtout les « marchés » d’Amérique du Nord (1er marché mondial) alors que celle parvenant en Europe occidentale provient surtout de Bolivie et du Pérou. L’héroïne consommée en Europe occidentale (1er marché mondial) et dans la Fédération de Russie (2e marché mondial) est surtout d’origine afghane alors que le « triangle d’or » fournit en priorité le Japon et l’Australie/Nouvelle Zélande. L’héroïne destinée aux marchés européens emprunte la voie terrestre : Turquie et Balkans. Il en est de même des flux traversant l’Asie centrale vers la Fédération de Russie. En Europe, le cannabis est toujours la drogue la plus consommée. En Amérique du Nord, les drogues chimiques, notamment les amphétamines, sont les plus prisées.

De nouveaux consommateurs: les pays moins avancés

Là où s’étendent les champs de pavots, l’opium est largement consommé sous sa forme traditionnelle. De même, en Colombie, Pérou et Bolivie, la feuille de coca est mâchée par la population indienne depuis des siècles. En raison de leur prix, l’utilisation de produits plus élaborés comme la cocaïne et l’héroïne est encore marginale. Par contre, la consommation de cannabis a fortement augmenté dans la plupart des pays moins avancés notamment en Amérique latine. Enfin, l’Asie du Sud, Asie du Sud-Est et Amérique du Sud consomment de plus en plus de drogues chimiques (kétamines, pipérazines, amphétamines etc.) souvent fabriquées sur place.

Les flux indirects

Pour contrer les entraves policières et douanières, les trafiquants de stupéfiants multiplient le nombre et la nature des « routes » de la drogue. Aussi, les flux de stupéfiants ne sont pas toujours directs. Ainsi, certaines régions du monde apparaissent comme des relais vers les pays consommateurs. 40% de l’héroïne afghane passe par le Pakistan avant d'être dirigée, par voie aérienne ou maritime, vers l’Europe via l’Iran ou encore vers l’Asie (Inde, Chine etc.), les Émirats Arabes Unis et l’Afrique orientale et australe. Ces destinations peuvent constituer une étape vers les marchés européens. Enfin, la cocaïne sud américaine transite par l’Afrique de l’ouest (notamment le Nigeria) avant d’inonder l’Union européenne.

Sources :

Boniface Pascal et Védrine Hubert, 2010. Atlas du monde global. Éditions Armand Colin / Fayard, Paris, nouvelle édition revue et augmentée, 139p.

Production et trafic de drogues dans le monde en 2009 : carte

Le trafic de drogues dans le monde : Rapport mondial sur les drogues 2010 - Nations Unies

Types de drogues et pays producteurs

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