Risque inondation, un risque prévisible

Le risque inondation est le plus commun des risques naturels. Qu' est-ce que le risque? Que représente exactement le risque inondation?
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Le risque est un terme largement usité et parfois galvaudé. Peut-on réellement supprimer le risque? Les inondations occupent périodiquement la une de l'actualité à travers les victimes et multiples dégradations qu'elles entraînent. Mais, les effets dévastateurs des inondations sont-ils réellement inéluctables?

Définir le risque

Dans le sens courant, le risque se définit comme « un danger plus ou moins prévisible » (Le Robert). Le risque se définit toujours par rapport aux sociétés humaines et à leurs activités. Le risque se compose de deux éléments liés : l’aléa et la vulnérabilité. L’aléa est la probabilité qu’ un évènement se réalise. La vulnérabilité représente le danger potentiel que constitue cet aléa (s’il se réalise) pour les personnes et/ou les biens. Le risque est mesurable. Il est le produit de l’aléa par la vulnérabilité.

Le « risque zéro »: un mythe

Le « risque zéro », parfois évoqué dans les médias ou par les responsables politiques, n’existe pas. On peut réduire le risque mais non le supprimer. Le risque est lié à la vie. Il n’est généralement pas choisi mais plutôt subi. Le risque concerne donc toutes les sociétés avancées ou moins avancées (Gabriel Wackermann, 2005). Selon les sociétés, le risque peut être plus ou moins acceptable.

L’inondation, un risque naturel

Le risque naturel est la probabilité qu’un évènement naturel (pluie, tempête, éruption volcanique, séisme etc.) survienne et constitue une menace pour les populations et les biens. Le risque inondation est, de loin, le risque naturel le plus répandu sur Terre. Dans le Monde, les inondations causent en moyenne 20000 décès par an. Les inondations touchent tous les pays y compris les plus développés qui disposent pourtant d’ importants moyens financiers et technologiques.

Inondations et zones inondables

Les inondations sont généralement précédées par des volumes de précipitations particulièrement abondants aboutissant au remplissage du lit majeur des cours d’eau et/ou au débordement des réservoirs (étangs, lacs etc.) et des nappes d’eau souterraines. Selon l'altitude considérée, l’espace avoisinant les cours d’eau, réservoirs et nappes souterraines constitue la zone inondable, variable en surface.

Un risque prévisible

Les zones inondables (plus ou moins fréquemment inondées) sont souvent, pour des raisons diverses, occupées par les sociétés humaines et leurs activités (voies de circulation, bâtiments d’entreprise, champs, habitations etc.). Aussi, les dégâts provoqués par des inondations saisonnières ou occasionnelles s’avèrent donc beaucoup plus prévisibles que les dégradations consécutives à d’autres phénomènes naturels comme les séismes, éruptions volcaniques, glissements de terrain etc. (Hervé Chamley, 2002). Les effets catastrophiques des inondations proviennent fréquemment d’une occupation humaine inconsidérée d’espaces naturellement et occasionnellement parcourus ou recouverts par les eaux.

Pour en savoir plus:

Chamley Hervé, 2002. Environnements géologiques et activités humaines. Éditions Vuibert, 512p.

Dauphiné André, 2003. Risques et catastrophes : observer, spatialiser, comprendre. Éditions Armand Colin, coll. U Géographie, 287p.

Scarwell Helga-Jane, Laganier Richard et Romi Raphaël, 2004. Risque d’inondation et aménagement durable des territoires. Éditions des Presses Universitaires du Septentrion, coll. Environnement et Société.

Wackermann Gabriel (collectif sous la direction de), 2005. La Géographie des risques dans le monde. Éditions Ellipses, coll. Carrefours, les dossiers, 2e édition mise à jour, 501p.

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