Sécheresse et pays moins avancés

Dans les pays moins avancés, la sécheresse est souvent amplifiée par le facteur humain. La région du Sahel en Afrique est particulièrement évocatrice.

Des problèmes récurrents communs aux pays moins avancés, comportements et activités humaines peuvent parfois aggraver les effets de la sécheresse. Ainsi, l'essor démographique et son corollaire l'exode rural et l'urbanisation, les pratiques agricoles irraisonnées, la déforestation et les conflits d'origines diverses contribuent à intensifier la sécheresse et ses effets sur ces sociétés.

L'exemple du Sahel menacé par la désertification

Pour expliquer l'influence des sociétés humaines sur l'accentuation de la sécheresse, on peut prendre l'exemple très connu du Sahel. Cette région s'étend sur 6000 km, des côtes ouest (atlantiques) aux côtes est (indiennes) de l' Afrique (Mauritanie, Sénégal, Gambie, Mali, Niger, Nigeria, Burkina Faso, Tchad, Soudan, Éthiopie, Somalie). Au Sahel, plus que les hauteurs moyennes de précipitations, il faut tenir compte de la période humide très courte, des sols minces et des aquifères peu nombreux. La sécheresse se poursuit généralement pendant plusieurs années. Par rapport aux pays plus avancés , le facteur humain joue un rôle encore plus important dans l'amplification de la sécheresse ce qui peut conduire à la désertification progressive de la région.

La croissance démographique, l'exode rural et l'urbanisation

Parmi les facteurs aggravants, l'augmentation de la population qui dépasse les capacités de production des sols est l'un des plus marquants. Le second facteur aggravant est représenté par l'exode rural et l'abandon des terres (une terre non travaillée s'assèche plus facilement et plus durablement) qui alimentent une urbanisation croissante diminuant les surfaces cultivables.

Des pratiques agricoles inadaptées

La croissance de la population incite à surexploiter des sols naturellement peu fertiles (sédentarisation des paysans, réduction ou absence de jachères, fertilisation artificielle excessive ou inadaptée) qui épuise encore leurs capacités productives. L'augmentation du cheptel liée à la perte d'influence des autorités pastorales dans les zones d'élevage entraîne un sur-pâturage et ses conséquences (épuisement et compacité des sols, contamination des nappes souterraines). Une irrigation mal maîtrisée peut provoquer une baisse importante et durable du niveau des aquifères qui se solde par une salinisation progressive des eaux devenues impropres à la consommation et des sols inutilisables pour l'agriculture.

La déforestation

Par ailleurs, l'usage excessif des arbres et arbrisseaux comme combustible et fourrage accélère la détérioration et l'assèchement des sols (augmentation de l'albédo, assèchement et réchauffement de l'atmosphère, baisse des précipitations, réduction de l'infiltration et de la rétention des eaux, érosion des sols).

Les conflits

Enfin, l'exacerbation des contentieux ethniques, religieux, politiques et sociaux souvent liés aux richesses du sous-sol (minerais, pétrole, gaz ) ou au passé colonial (frontières établies par les européens en ignorant les territoires des différents peuples et tribus) peuvent avoir un impact sur la démographie régionale (déplacements contraints de populations etc.) qui amplifie encore la sécheresse. Ainsi, devenus soldats, les paysans n'entretiennent plus leurs terres ce qui sensibilise encore plus celles-ci à la sécheresse.

Sources bibliographiques

Lambert Roger, 1996. Géographie du cycle de l'eau. Ed. Presses Universitaires du Mirail Toulouse, coll. Amphi 7, 439p.

Cosandey Claude, Robinson Mark, 2000. Hydrologie continentale ; Ed. Armand Colin, coll. U, 368p.

Sources internet

La sécheresse en Mauritanie

La sécheresse en Afrique

Évaluer la sécheresse par le bilan hydrique du sol

Sécheresse et pays avancés

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