Shanghai, du petit port à la capitale internationale

Shanghai est aujourd'hui une capitale internationale. Comme de nombreuses villes, son histoire est marquée par des périodes de développement et de déclin.
16

Très tôt, Shanghai a bénéficié d’un site propice à son développement. Aussi, celle-ci a dû faire face à de multiples convoitises. La ville a cependant su tirer partie des aléas de l’Histoire même si des périodes sombres l’ont profondément affectée. Depuis quelques décennies, Shanghai semble retrouver son prestige passé…

Une situation géographique favorable

Située à l’embouchure du Yang Zi (fleuve bleu) entre Pékin et Hong-kong, sur le littoral de l’Océan Pacifique face au Japon, Shanghai dispose d’une position stratégique. Dès le XIIe siècle, des aménagements hydrauliques ont permis de contenir les inondations du Yang Zi et de ses affluents comme le Huang Pu (fleuve jaune). Au XVIIIe siècle, Shanghai devient ainsi le plus grand port de Chine. Le potentiel économique de la ville ne cesse d’attirer tout un monde qui souhaite profiter de cette manne.

Shanghai et l’occident : le temps des concessions

Au XIXe siècle, l’échec de la Chine lors de la première guerre de l’opium aboutit au Traité de Nankin (1842) qui, quelques années plus tard, permet aux occidentaux (américains, britanniques puis français) d’établir des concessions à Shanghai. Les concessions sont des territoires, le plus souvent à vocation agricole, dont les occidentaux obtiennent la propriété. Sur la rive ouest du Yang Zi apparaissent des demeures coloniales (le Bund) au milieu des maisons traditionnelles chinoises aux ruelles étroites (les lilong). Ces concessions favorisent le développement du commerce étranger et chinois. Les premières industries textiles shanghaïennes apparaissent tandis que la ville se dote d’un réseau d’infrastructure moderne (électricité, téléphone, tramway). L’enrichissement de la ville attire toutes les nationalités, les artistes mais aussi la criminalité avec les premières mafias.

Shanghai sans l’occident : le temps de la prospérité chinoise

Quand la Première Guerre Mondiale éclate, la majorité des occidentaux quittent la Chine. Les chinois reprennent avec brio les activités abandonnées par ceux-ci. La richesse de Shanghai se reflète notamment dans l’architecture style Art Déco ou Néo-classique caractérisant les entreprises, banques, hôtels etc. qui se développent au sein du Bund. Au début des années trente, soumise à une importante spéculation immobilière, Shanghai connaît aussi une vie intellectuelle grouillante.

Les temps sombres : crise, guerre et communisme

En 1930, la Chine est ravagée par une guerre civile suivie de l’invasion japonaise (1931). Les troupes japonaises entrent dans Shanghai en 1932. Alors que les plus riches fuient la Chine pour Hong-Kong, les concessions shanghaïennes périclitent. En 1939, Shanghai apparaît surtout comme une ville industrielle qui rassemble 60% des ouvriers chinois. Le régime communiste, qui dirige la Chine à partir de 1949, marginalise Shanghai, ville trop proche de l’Occident à son goût. Ce n’est qu’en 1970, avec l’ouverture de la Chine aux capitaux étrangers que Shanghai commence à sortir du gouffre.

Shanghai, du gros village à la mégapole

Il faudra tout de même vingt longues années avant que Shanghai s'affirme à nouveau comme une grande ville de Chine. Dans les années 80, par ses fonctions, ses bâtiments, ses infrastructures, la ville avait encore l'aspect d'un gros village. En 1990, l’arrivée des deux shanghaïens Jiang Zemin et de Zhu Rongji à la tête de la Chine vont permettre à la ville de participer pleinement au développement économique du pays. Sa situation stratégique en fait un véritable carrefour commercial en Chine et en Asie. En une décennie, Shanghai devient le premier port de Chine par où transite 20% des marchandises chinoises à destination du monde. En 2012, la ville compte désormais plus de 20 millions d'habitants.

Une ville dynamique et une capitale internationale

En 1993, Shanghai s’est doté d’un nouvel espace urbain que dominent les gratte-ciel: Pudong. Érigée sur un terrain demeuré longtemps en friche, Pudong tranche avec son quartier d’affaires, sa bourse, ses sociétés de haute technologie, son aéroport desservis par un réseau de transport moderne. Son dynamisme ne se limite pas à la sphère économique car la ville se lance également dans de nombreux projets culturels dignes d’une c apitale internationale dont le Musée de Shanghai, l’Opéra ou l’exposition universelle de 2010 ne sont que les exemples les plus connus.

Sources et pour en savoir plus :

Idier Nicolas, 2010. Shanghai:Histoire, promenade, anthologie et dictionnaire. Éditions Robert Laffont, coll. Bouquins, 1464p.

Sanjuan Thierry, 2009. Shanghai. Éditions Autrement, coll. Atlas/Mégapoles, 88p.

Shanghai, capitale internationale

Sur le même sujet