Toponymes de France d'origine celtique ou gauloise

La France compte de nombreux toponymes d'origine celtique. À quoi correspondent ces noms de lieux? Comment ont-ils été formés?
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Dès le Xe siècle avant Jésus-Christ, le territoire où s’étend actuellement la France métropolitaine est occupé par différents peuples celtes qui, plus tard, seront appelés « gaulois » . Les celtes sont donc à l’origine de nombreux toponymes ou noms de lieux de France. La plupart des toponymes d’origine celtique sont des noms simples, des noms composés, des noms liés à la religion, des hydronymes ou encore des noms tirés de peuples. Les toponymes présentés ici ne sont qu’un aperçu. Pour avoir une vue plus exhaustive sur ce thème, il convient de se reporter à l'ouvrage présenté en fin d’article.

Les noms simples

De nombreux noms d’origine celtique sont employés seuls. C’est le cas de la plupart des termes formant des noms composés. Ainsi, Dun, qui recouvre plusieurs toponymes en France (Ariège, Cher, Creuse etc.), vient du celtique dunon qui signifie « citadelle » ou « enceinte fortifiée ». On peut également citer briva qui a donné les toponymes Brives (Haute-Loire, Indre etc.), Brèves (Nièvre) et ses dérivés. Par ailleurs, Nant (Aveyron, Meuse), Nans (Doubs, Var), Nantua (Ain) viennent du celtique nanto signifiant «vallée ». Dervo , « chêne », est très employé dans la toponymie celtique tels Le Der (Haute-Marne), Der (Aube) et ses dérivés comme Drevant (Cher).

Les noms composés

Certains toponymes sont des noms composés. Ainsi, briva , « pont », employé comme suffixe a donné Chabris (Indre). Dunon apparaît également comme suffixe dans de nombreux toponymes comme Verdun (Meuse, Hérault, Isère etc.), Verdon (Marne), Issoudun (Indre) etc. Les toponymes se terminant en –euil, -ejol, -ejoul ou –egheol tels que Mareuil-sur-Cher (Loir-et-Cher), Verneugheol (Puy-de-Dôme) etc. ont été formés à partir de ialo signifiant « clairière ».

Les noms de lieux liés à l’eau (hydronymes)

Il existe de multiples noms de lieux d’origine celtique en rapport avec l’eau. Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire, Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne) etc. viennent de « borba », « borva » signifiant « boue » et ses variantes borvo ou encore bormo signifiant dieu des sources thermales. De même, Condate qui veut dire confluent a donné les toponymes Condé (Aisne, Ardennes, Calvados etc.) ou encore Condat (Cantal, Corrèze, Dordogne etc). Anet (Eure-et-Loir), Anais (Charente et Charente-Maritime), Asnois (Vienne, Yonne) etc. ont été formés à partir du nom celtique ana qui veut dire « marais ».

Les toponymes liés à la religion celtique

La religion celtique (ou gauloise) a forgé nombre de toponymes. Ainsi Nemeton (sanctuaire) a servi à la formation de plusieurs variantes comme par exemple, seno nemeton (vieux sanctuaire) qui deviendra Senantes (Eure-et-Loir). Alauna , déesse nourricière, a donné Allonne (Oise), Aslonnes (Vienne), Alleaume-lès-Valogne (Manche). Belenos , divinité solaire, est à l’origine du toponyme Beaune (Côte d’Or) et ses dérivés.

Les noms de lieux dérivant de peuples

Les nombreux peuples celtes qui occupaient la future Gaule ont donné leur nom à beaucoup de toponymes. Chartres (Eure-et-Loir) vient du peuple des Carnutes qui s’étaient installés dans la région. Le toponyme Reims (Marne) est créé par le peuple des Remi. Les Lemovices sont à l’origine du toponyme Limoges en Haute-Vienne. Enfin, les Santones ont donné leur nom à Saintes, la ville de Charentes-Maritimes.

Sources et pour en savoir plus :

Gendron Stéphane, 2003. L’origine des noms de lieux en France. Essai de Toponymie. Éditions Errance, 2e édition, Paris, coll. Hespérides, 340p.

Toponymes d'origine gallo-romaine, formes hybrides et suffixées

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