Justin Bieber, sur la vague fragile du succès

Never Say Never est sorti le 23 février en France. Ce biopic retrace la montée fulgurante de Justin Bieber. Un succès énorme mais contesté.
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Une fois de plus, Justin Bieber provoque du remous. La sortie de son film biographique attire déjà ses milliers de fans... dans les salles obscures cette fois. Never Say Never est le titre de ce long métrage qui retrace les débuts de la star à mèche qui fait valser bien des cœurs de jeunes filles. Le message qu'il veut faire passer est que rien n'est impossible, que le succès peut s'emparer de n'importe qui. Ce chanteur en est un bon exemple puisqu'il aura 17 ans le premier mars prochain et qu'il est déjà célèbre dans le monde entier. Ses déplacements ne passent pas inaperçus tant ils attirent des foules de collégiennes amoureuses. Tel un ange tombé du ciel – mais qui aurait gardé une coiffure impeccable – ses admiratrices le vénèrent. Cette euphorie tourne parfois au drame. En avril 2010, son concert à Sidney a du être annulé car de nombreuses spectatrices avaient fait des malaises rien qu'à l'idée de voir sur scène celui qu'elles vénèrent.

« Ça ne peut pas s'arrêter demain »

Une tempête de critiques fait pourtant de l'ombre à ce succès contesté. Soit on aime la gueule d'ange de Justin Bieber, soit on le déteste. Le juste milieu ne semble pas être possible. Les raisons d'une haine parfois violente sont souvent une affaire de goût. La pop américaine n'est pas souvent appréciée par les Français, alors quand le chanteur fait craquer toutes les filles, on peut comprendre qu'il énerve. En plus de cela, l'adolescent n'hésite pas à jouer de ce succès au point parfois de prendre la grosse tête. Avec l'innocence et le manque d'expérience de son jeune âge, il déclarait ainsi lors d'une interview dans un jet privé : « Ça ne peut pas s'arrêter demain. Quelles sont les chances qu'aujourd'hui je vole dans un jet privé et que demain tout s'arrête ? ». Il sera repris par son producteur qui lui expliquera qu'il ne peut pas dire ça. Justin rectifiera alors qu'il est conscient de son bonheur et qu'il souhaite que ça dure le plus longtemps possible. Pure jalousie ou simple haine gratuite, les anti-Bieber sont nombreux. À tel point qu'une vidéo dans laquelle le jeune homme se fait abattre circule sur Facebook avec des messages de joie. Il s'agit d'une scène de la série Les Experts dans laquelle il joue un ado violent qui finira criblé de balles par les policiers. « Si seulement c'était vrai » peut-on lire dans les commentaires. Des jeux en flash ont même été créés sur internet. Le but de l'un d'eux : jeter une bouteille d'eau sur un Justin Bieber qui se ballade sur votre écran. Une plaisanterie douteuse inspirée d'une vidéo réelle qui circule elle aussi et dans laquelle on voit la popstar attaquée sur scène par un lancer de bouteille.

La musique, c'est pourtant ce qui berce ce canadien originaire de l'Ontario depuis le plus jeune âge. Dès 4 ans, il possédait sa première batterie. Au fil des années, il a également appris la guitare, le piano et la trompette sans jamais prendre de cours. Également autodidacte dans le domaine du chant, il s'inscrit à 12 ans, soutenu par sa mère, à un concours. Il a lieu dans sa ville natale de 30 000 habitants Stratford, située au sud-ouest du Canada. Il finit deuxième du classement. C'est à partir de ce moment que la vie de ce garçon dont le nom ne parlait à l'époque qu'à très peu de monde va commencer à être chamboulée. Postant régulièrement des vidéos de ses performances sur le web, il est repéré en 2007 par le manager Scooter Braun qui le présente à Usher. Il signe ainsi dans la boîte de production Island Records aux côtés d'artistes tels que Sum 41, Mariah Carey ou encore Jessie James. Deux ans plus tard sort son premier single One Time qui se place rapidement à la douzième place du hit-parade Canadien. Dans la foulée suivent son premier album My World et un deuxième single One Less Lonely Girl au succès encore plus impressionnant. Alors qu'il ne fait à l'époque que ses premiers pas – ou pourrait-on dire enjambées – dans le monde de la musique, il a l'honneur en 2009 de chanter pour le président américain Barack Obama et sa femme lors de la traditionnelle fête de Noël donnée à la Maison Blanche.

Le box-office américain a eu le tournis

Le film Never Say Never retrace tous ces événements qui ont rythmé la vie de Justin Bieber jusqu'à aujourd'hui. De l'époque à laquelle il chantait dans les rues de Stratford à son succès explosif le faisant chanter à guichets fermés à chaque concert qu'il donne. « Je suis fan depuis sa première vidéo et je serai fan jusqu'à sa dernière » déclare une de ses admiratrices dans une vidéo visible dans le biopic. Images d'archives et d'interviews permettront aux victimes de la « Bieber Fever » de revoir toutes ces vidéos qu'ils connaissent par cœur mais dont ils ne se lassent pas. Qui plus est en trois dimensions, un gadget pour le marketing plus qu'un effet indispensable. Il n'empêche, sorti de l'autre côté de l'Atlantique le 11 février, le film a donné le tournis au box-office américain avec 12,4 millions de dollars de recettes le premier jour. Plus que la comédie Le Mytho réunissant Adam Sandler, Jennifer Aniston et Nicole Kidman qui ne comptait à ce moment là que 10 millions. À la fin du premier weekend, le film de Justin Bieber comptabilisait 31 millions de dollars. Pas mal pour un film qui n'a coûté que 13 millions. Et ce n'est que le début.

Reparti avec quatre trophées des Teen Choice Awards dont celui du meilleur artiste masculin et celui de la meilleure révélation masculine de l'année, la jeune idole ne compte pas s'arrêter là. Avec son album Never Say Never – The Remixes qui sort en parallèle avec le film, il surfe sur une vague qui n'en fini plus de gonfler, celle du succès. N'en déplaise à certains.

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