Un central park à Montpellier : avis mitigés chez les commerçants

Reconvertir l'ancienne EAI de Montpellier en Central park. Voilà une idée qui fait jaser du côté des commerçants à proximité de l'ancien site militaire.

Alors que l'Ecole d'application de l'infanterie ( EAI ) a à peine quitté Montpellier et que la Mairie n'est même pas encore propriétaire du terrain, les projets de reconversion du site fusent. La Ville voit grand et beau sans même savoir si les 38 hectares appartenant au ministère de la Défense lui reviendront un jour.

Les commerçants installés autour du parc ne savent qu'en penser et s'interrogent sur l'avenir de leur activité. Guy Bonbonnelle a même lu dans le Midi-Libre que son PMU, situé dans l'avenue de Toulouse, du côté du parc Montcalm, pouvait être détruit dans un projet d'ouverture du parc sur l'avenue. « Je vis aujourd'hui dans l'incertitude, confie-t-il. C'est la période la plus difficile pour un commerçant qui ne sait pas si son commerce aura encore sa place au même endroit dans quelques années ». Malgré ses doutes, le barman est résigné. « Je ne trouve pas cela injuste. Il s'agit d'un projet de grande ampleur et je n'ai pas mon mot à dire. Si mon bar doit être détruit, alors je déménagerai ».

Pas au courant

Ces destructions ne toucheront pas beaucoup de monde. Il s'agirait en effet des bâtiments situé entre la rue de Bugarel jusqu'au passage sur le Lantissargues situé quelques dizaines de mètres plus bas. Il n'empêche, ce "détail" est trop peu évoqué par la Mairie. À quelques pas du PMU, Jean-Marc Azam, propriétaire du fond de commerce de Valéa Santé, n'était même pas au courant des risques encourus par son commerce. Lui ne compte pas se laisser faire : « Bien sûr je compte m'opposer à cette décision si elle vient à se concrétiser ! Nous sommes ici depuis une vingtaine d'années. » Il est davantage favorable à des constructions de logements qu'à l'aménagement d'un parc public : « Je les vois davantage sur ce site que dans des champs, à la campagne ». Un moyen, aussi, de rapporter de la clientèle.

« Nous luttons contre le bétonnage »

Alors que certains attendent d'en savoir plus, d'autres sont plus engagés. Annie Cortes connaît bien le sujet. Gérante avec son mari Diego, du magasin Au petit marché bio, elle milite pour la conservation d'un espace vert avec le Forum EAI. « Nous luttons, à travers cette association, contre le bétonnage du parc Montcalm ». Situé à proximité de l'entrée principale qu'empruntaient les militaires de l'EAI, son activité pourrait tirer profit de ce Central park. « Nous avons l'intention d'organiser des événements autour de notre activité. De plus, ça fera venir du monde », se réjouit-elle.

Central Park ou pas, les projets de la Mairie seront observés d'un œil attentif par les commerçants concernés, touchés ou simplement engagés. Quelles que soient les décisions prises, la reconversion fera, dans tous les cas, des heureux et des déçus.

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