La pêche à la baleine : technique et vie quotidienne

A bord des baleiniers,les conditions de vie étaient rudes et sommaires et la pêche une activité particulièrement dangereuse.
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Au cours du 19ème siècle, plusieurs ordonnances royales vont encourager et encadrer les armements pour la pêche à la baleine.Les ports les plus actifs furent Nantes et Le Havre avec des armateurs motivés et entreprenants comme Dobrée et les frères Winslow.

Le déroulement des campagnes

Il existait la pêche du nord, pratiquée surtout par les pays européens, et celle du sud privilégiée par les américains. Les départs avaient lieu au printemps. Les campagnes du nord étaient plus courtes en raison de la formation de la banquise; celle du sud pouvait s'étendre sur des années: que l'on pense au navire l'Asia, parti en Nouvelle-Zélande pendant 3 ans, naviguant sur des mers encore inconnus et dangereuses.

Les baleiniers du sud partaient ainsi en direction des Açores, puis du Cap Horn. Plusieurs arrêts étaient nécessaires avant de remplir la cargaison; on dit alors que le navire relâchait pour " rafraîchir". Les ports les plus fréquentés étaient Honolulu, Tahiti, Hong-kong.

Cependant les navires devaient faire face aux dangers de la navigation et parfois de certaines populations. On peut de ce fait relever plusieurs naufrages le long des côtes d'Afrique, du Chili et du cap Horn et citer le massacre des marins du " Jean Bart " par des indigènes de Nouvelle-Zélande en 1838.

La chasse aux mammifères marins

Lorsque un cétacé était en vue, on descendait des doris où six marins embarquaient, et c' était le plus souvent le capitaine qui harponnait. En moyenne une baleine sur deux piquée était tuée. On la tractait alors et on la disposait le long du navire, la tête à l'arrière, une chaîne autour de la queue.

Un crochet, au bout d'un palan, était fixé sur l'aileron et on découpait une large tranche avec des pelles tranchantes; puis on la pelait comme une orange. Le dépeçage durait quatre heures environ, et les morceaux de lard étaient entassés sur le faux-pont pour être brulés plus tard.

Une dernière opération dangereuse consistait à trancher la tête des mammifères et à les monter à bord pour récupérer les fanons, dents ou rostres. On les arrachait enfin de leur mâchoire à l'aide de burins.

La vie à bord

Après ces moments intenses de travail, les marins partageaient leur temps entre entretien du navire et loisirs. C'est ainsi que naquit un véritable artisanat, appelé " scrimshaw ". Cette activité, à partir de l'os et de l'ivoire marin, visait à la création d'outils, mais aussi à la réalisation de véritables chefs d'oeuvre.

Il existait aussi un certain nombre de traditions qui rythmaient leur quotidien. On se visitait entre navires, et c'était l'occasion d' échanger et de prendre des nouvelles. Le passage de l'équateur était pour les novices une expérience initiatique inoubliable.

La vie des baleiniers incarne finalement la longue tradition de la mer, au carrefour de l'inspiration, de l'authenticité, de la fantaisie, des croyances et superstitions.

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