L'histoire du canon dans la marine au 17 et 18ème siècles

C'est le 17ème siècle et une artillerie plus efficace qui marquent le début de la véritable guerre navale.
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Il faut remonter à la Guerre de cent ans, et plus précisément en 1301 à Eu en Normandie, pour voir apparaître la trace des premiers canons.Mais si des canons furent embarqués dès le 14ème siècle, les navires servaient surtout alors de transport de troupes, qui s'affrontaient plutôt à l'abordage dans un corps à corps. C'est avec Richelieu que l'impulsion moderne va se réaliser.

La composition des canons

En 1624, c'est la première fois que l'on coule des canons spécialement pour la marine. Ceux-ci se caractérisent par plusieurs signes : les armes royales, une ancre et la devise " Ultima ratio regum ", c'est à dire " le dernier argument du roi ".

Les matériaux utilisés vers 1650 étaient le cuivre, étain, laiton et fer forgé. Mais face au risque récurrent d'éclatement, on utilisa avec Colbert la fonte. Ainsi à la fin du siècle classique la technique pour les calibres de 24 et de 36 étaient parfaitement au point.

La fabrication

Dans un premier temps il s'agissait de confectionner le modèle sur lequel se formerait le moule. Ce dernier comportait une partie centrale pleine, qu'il fallait forer. Et c'est avec l'invention de Maritz en 1752 que des progrès conséquents vont avoir lieu.

Il créa ainsi une machine horizontale dans laquelle le canon tournait sur des galets autour d'un outil fixe. La dernière opération consistait enfin à percer la lumière, par où se ferait la mise à feu. Il ne restait plus alors que de vérifier son parfait fonctionnement.

Le canon était donc examiné et éprouvé. On vérifiait " l'âme " au miroir pour déceler les cavités; on introduisait de l'eau sous pression pour voir s'il y avait des fissures; puis un coup d' épreuve était tiré. Si le canon était défectueux, on lui assénait un coup de masse qui brisait un tourillon pour le rendre hors d'usage.

Les fonderies

Le fondage était fait grâce à des fourneaux à charbon de bois, avec une proportion de fonte récupérée sur les vieux canons qui s'ajoutait au produit neuf. Les pièces ainsi admises étaient marquées : année de la coulée, poids, nom de l'établissement; puis elles étaient peintes en noir.

On estimait que la durée de vie moyenne d'un canon s'échelonnait entre 360 et 390 coups. Mais pour davantage de sécurité, on se fiait surtout à l'élargissement progressif de la lumière, qui ne devait pas dépasser 1,88 mm.

La fonderie la plus importante se trouvait à Rouelle, près d'Angoulême; puis en 1777, pour les besoins de la guerre d'Amérique, on créa une fonderie royale à Indret, près de Nantes puis au Creusot en 1781.

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