Gignac, le joker de l'OM ?

Indésirable il y a peu, André-Pierre Gignac est de retour dans une équipe marseillaise sous pression. Il a 3 mois pour prouver qu'il peut être le sauveur.

«C’est toujours bon dans une équipe d’avoir un revanchard», témoignait José Anigo samedi dernier au sortir des vestiaires du Stadium de Toulouse. Le directeur sportif de l’OM n’a jamais loupé une occasion de défendre son poulain. André Pierre-Gignac a enfin retrouvé les terrains depuis quelques jours après de longues semaines de convalescence. D’abord une dizaine de minutes en Ligue 1, face au TFC, son ancien club, puis une bonne vingtaine en Ligue des Champions ce mercredi contre Arsenal. Une demi-heure de jeu donc durant lesquelles, à défaut de briller, Gignac aura, à chaque fois, écopé d’un carton jaune.

Un été difficile

Depuis deux saisons, le cas Gignac divise et alimente la chronique, à Marseille et ailleurs. Moqué, bafoué, manipulé durant l’été, André-Pierre Gignac ne savait plus vraiment s’il allait encore porter le maillot phocéen à la reprise du championnat. Au printemps déjà, les dirigeants marseillais souhaitaient se séparer de leur attaquant. L’ancien toulousain dont la descente aux enfers semblait linéaire depuis sa troisième année au TFC était promis à la vente au prochain mercato.

Mais qui voudrait d’un attaquant dont la dernière blessure est toujours plus récente que son dernier but? Qui voudrait d’un joueur qui a valu 18 millions d'euros et dont l’OM ne voudra surement pas se séparer à moins de 10 millions?

Sur la Canebière, la rumeur d’un départ n’avait surpris personne. Le 31 août dernier, aux dernières heures du mercato, André-Pierre Gignac était en Angleterre pour négocier son transfert. Une transaction qui n’a finalement jamais abouti. Dans le même temps, les dirigeants olympiens n’ont pas réussi à convaincre un autre attaquant d'envergure de signer à l’OM. Un flop qui résonne comme une perfidie pour le buteur marseillais.

Toulouse n’en voulait plus

A Marseille, en termes de crédit, André-Pierre Gignac est actuellement débiteur. Difficile donc de considérer son amour pour le club, qu’il clame haut et fort, comme totalement réciproque. Logique même quand on sait que l’ancien toulousain a passé plus de temps à l’infirmerie que sur le terrain.

Son ancien entraîneur au Téfécé, Alain Casanova, avait même refusé l’idée d’un prêt cet été: «L'histoire est passée. Gignac a énormément apporté au TFC. On le regrettera toujours. Que ce soit sur le plan sportif ou humain. Il est passé dans une autre dimension, à tous les niveaux, sportif et économique, avait précisé l’entraîneur toulousain. Puis d’ajouter : C'est beaucoup trop élevé pour le TFC. Maintenant, je suis persuadé qu'il a le potentiel pour réussir à Marseille et que ce serait une grave erreur de le laisser partir».

Dédé avait surement apprécié les encouragements. Malheureusement, il n’a pas encore saisi l’opportunité de donner raison à Alain Casanova. Ni à Didier Deschamps, son entraîneur, qui lui renouvelle aujourd'hui sa confiance.

Le soutien des collègues

Malgré ses blessures à répétition et son absence des terrains, APG a cependant toujours eu le soutien de ses coéquipiers qui attendent impatiemment que le buteur se remette à sucer son pouce, geste symbolique pratiqué par le joueur après son but.

Oublié la pubalgie, le vrai-faux départ en Angleterre et la cure à Merano, c’est désormais l’union sacrée autour d’André-Pierre Gignac. Et aujourd’hui, Didier Deschamps et l’OM ont besoin de lui. Une occasion rêvée d’inverser la tendance et de contredire les journalistes qui ont déjà fait une croix sur son retour au plus haut niveau. Sans oublier qu’à l’OM, Gignac est toujours sur la liste des joueurs transférables. Fulham, en Angleterre, est toujours intéressé. Chamakh (Arsenal) et Amauri (Juventus) sont sur les tablettes marseillaises. Il ne reste donc que quelques mois à André-Pierre Gignac pour convaincre Didier Deschamps avant le prochain mercato...

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