Entreprises : les points clés de l'assurance auto

Souvent délaissée par les directions achats, l'assurance de la flotte automobile représente pourtant un poste de dépense conséquent pour les entreprises.

Ce n’est pas un secret pour les entreprises : la gestion d’un parc automobile coûte cher et représente le plus souvent l’un des trois postes de dépenses les plus importants. A elle seule, l’assurance des véhicules représente jusqu’à 20% du coût total de détention. Un critère non négligeable dans la gestion d’une flotte !

Chaque année, les entreprises françaises versent aux assureurs près de 3,3 milliards d’euros. Autant dire que l’enjeu d’une gestion maîtrisée et optimale de ce chapitre s’avère tout à fait indispensable, à l’heure où la crise économique fait de la réduction des coûts et de l’optimisation de chaque euro des leviers de compétitivité indispensables.

D’autant que, manque de chance pour les responsables de flotte, les tarifs de l’assurance ont repris en 2008 les chemins de l’inflation, après plusieurs années de baisse. Étonnant ? « Pas vraiment, selon Christophe Giraud, responsable du pôle d’expertise assurances automobiles des flottes d’entreprises chez Aon France. Certes, les mesures gouvernementales conjuguées à la prise de conscience accrue des dangers de la route ont engendré une baisse de la fréquence des accidents. Néanmoins, l’équipement technologique plus poussé des véhicules fait considérablement grimper le coût des réparations. Par ailleurs, les indemnisations accordées aux accidentés affichent une hausse constante. »

Pour faire face à cette augmentation du coût du sinistre, les assureurs de flottes ont été contraints de réagir en relevant leurs provisions pour sinistre grave et en analysant plus finement les risques encourus par les entreprises avant la souscription de l’assurance.

Négocier cet achat comme les autres

Traditionnellement traitée par les services juridiques des entreprises, l’assurance de la flotte auto est, de fait, souvent délaissée par les directions achats. « Il s’agit pourtant bel et bien d’un achat comme un autre », souligne Bernard Roland, fondateur du cabinet de conseil BRC.

Certes, le durcissement du marché en 2008 n’a pas facilité la tâche. Les assureurs imposent aux petites flottes de moins de 50 véhicules des tarifs et des barèmes identiques à ceux des particuliers. Et dans ce cas, l’augmentation des coûts est tout simplement fonction de la flotte. « C’est précisément là que la mise en concurrence trouve son intérêt, explique Lionel Ray, fondateur du cabinet LRConseil et auteur d’ouvrages sur le sujet.

Sur la quinzaine de compagnies d’assurances qui traitent des flottes automobiles, les ratios de sinistralité influant sur les tarifs peuvent légèrement varier. Raison pour laquelle il convient de bien choisir ses partenaires. »

Étudier les statistiques de sinistralité

Pour les flottes plus importantes, le choix du bon prestataire peut également influer sur les coûts de l’assurance. Mais, à la différence des petites flottes, les statistiques de sinistralité d’une flotte s’imposent comme le principal levier de négociation. Car elles servent de base aux assureurs au moment de fixer leurs conditions : « Paradoxalement, peu d’entreprises disposent de statistiques fiables surles fréquences et les coûts des sinistres.

Ce déficit d’information les empêche de négocier un contrat plus avantageux », reprend Bernard Roland (BRC). Disponibles auprès des assureurs, ces informations sont généralement établies sur la base des trois dernières années. Mais « il reste plus judicieux de remonter aux cinq dernières années, afin de pouvoir dégager de vraies tendances, estime Lionel Ray (LRConseil). Cela peut permettre d’observer des données importantes, comme la diminution de moitié des accidents. »

Déterminer le niveau de couverture

Statistiques analysées, il convient alors pour l’entreprise de déterminer le niveau de couverture de son contrat d’assurance. En effet, « il n’est pas toujours nécessaire de s’assurer tous risques », affirme Lionel Ray (LRConseil). Et d’ajouter que « les sinistres les moins courants, ou dont le coût d’assurance se révèle trop élevé par rapport à leur fréquence comme les bris de glace, ne nécessitent pas de souscrire une garantie spécifique. »

C’est également le cas pour le vol : il n’est pas rare de voir un donneur d’ordre équiper ses véhicules de systèmes de géo-localisation et, du coup, il devient intéressant de négocier à la baisse voire de rompre le contrat d’assurance contre le vol. L’entreprise peut donc couvrir elle-même financièrement les petits accidents pour alléger les dépenses globales. Selon Lionel Ray (LRConseil), « ces méthodes peuvent engendrer des économies de 5 à 10% de façon immédiate. »

Miser sur la prévention

Autre levier d’économies : la prévention. Évidemment, son effet n’est pas immédiat mais il s’avère en revanche plus ou moins durable et efficace, à partir de cinq années de démarche. « Attention, prévient Bernard Rolland (BRC), il s’agit là d’un investissement ! Les formations à l’éco-conduite et à la maîtrise des risques routiers ne sont pas gratuites, mais au finale, elles peuvent générer jusqu’à 40% de gains sur l’assurance de la flotte auto. C’est un investissement rentable », reprend le consultant.

Ces formations fleurissent depuis quelques années, émanant des loueurs et de quelques prestataires extérieurs. Leur but : donner aux collaborateurs les bons réflexes de conduite pour réduire la sinistralité, limiter les dépenses de carburant et les émissions de C02. L’éco-conduite est tellement à la mode que, depuis 2009, les compagnies d’assurance l’adoptent : Axa a ainsi lancé une offre d’assurance aco-responsable pour les parcs automobiles, basée sur l’amélioration de la consommation moyenne des véhicules de l’entreprise. Baptisée Geen Mil$es, cette offre s’adresse principalement aux parcs des petites entreprises, dont la flotte ne dépasse pas les 50 voitures. D’après Axa, il est possible d’économiser 350 euros par an, pour un véhicule parcourant 20 000 km, consommant 2000 litres de carburant et dont la cotisation d’assurance atteint 1000 euros. Pour aller plus loin, l’assureur propose même, dans ce cadre, des stages de formation à l’éco-conduite.

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