Essai de l'Infiniti FX 30d : un diesel de raison

Pour répondre aux exigences d'un marché européen pro-diesel, Infiniti a offert à son FX son premier moteur diesel. Ce V6 lui va à merveilles.
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Avec son V8 de 390 chevaux, le FX 50 n’était pas exactement taillé pour le marché européen. Le FX 37, doté du performant V6 de 320 chevaux, ne l’était pas vraiment non plus. Qu’à cela ne tienne ! Infiniti a profité de la vague pro-diesel qui règne sur le Vieux Continent pour offrir à ses différents modèles, depuis 2010, un moteur plus raisonnable, écologiquement parlant. En l’occurrence, un V6 diesel de 3 litres, développant 238 chevaux. Porsche avait déjà fait ce choix, deux ans plus tôt, en offrant au Cayenne un redoutable 3 litres TDI de 240 chevaux, d’origine Volkswagen. L’enjeu, pour la filiale de luxe de Nissan : faire prendre de l’ampleur à son FX sur le marché des SUV et grappiller quelques ventes aux Porsche Cayenne, Audi Q7 et autre Volkswagen Touareg, déjà bien implantés sur le marché. Et pour y arriver, le mastodonte de la marque bénéficie de bien des atouts.

SUV aux airs agressifs

Fidèle à l’image du constructeur, le FX se caractérise par une silhouette ostentatoire et pour le moins massive. La proue, joliment vêtue d’une grille de calandre torsadée, est entourée d’optiques effilées et pointues, donnant au SUV un air agressif. Ces feux viennent s’intégrer au bout d’un long capot, bombé au niveau des passages de roues et renforçant la musculature impressionnante du véhicule. La poupe, de son côté, arbore deux imposantes sorties d’échappement, signe d’une motorisation performante et d’une certaine sportivité, et deux feux horizontaux aux traits fluides. Le caractère sportif du FX s’avère renforcé par les méga-jantes de 21 pouces, ainsi que par les vitres arrière surteintées et la ligne légèrement fuyante façon coupé du pavillon.

A l’intérieur, un maître-mot s’impose : confort. Les spacieux sièges en cuir chauffant ou refroidissant et aux multiples réglages électriques y participent. De même que l’espace aux coudes des plus généreux, compte tenu de la largeur de 1,92m de la voiture. L’empattement, de 2,88m, permet d’offrir un espace intéressant aux places arrière. Les grands gabarits profitent ainsi du confort du FX. Au détriment du coffre, qui affiche un volume rikiki de 410 litres. L’habitacle bénéficie, en tout état de cause, d’une qualité de finition de premier rang et de matériaux des plus flatteurs.

La position de conduite ne souffre d’aucun défaut et offre un accès facile aux commandes et à l’ordinateur de bord. Celui-ci se veut simple d’utilisation, mais aurait pu être doté d’un joystick facilitant davantage son maniement pendant la conduite. Dommage.

Un turbo-diesel au couple gargantuesque

Sous le capot, le FX 30d abrite le nouveau V6 diesel de 3 litres, développant 238 chevaux. Ce bloc bénéficie d’un atout de taille : un couple gargantuesque de 550 Nm ! Lequel confère au véhicule une véritable souplesse de conduite, tout en lui offrant une montée en régime volontaire et des reprises puissantes. Avec ses 2,2 tonnes, le FX 30d n’est pas en mesure d’affoler les chronos comme le FX 50, mais atteint néanmoins les 100 km/h départ arrêté en 8,2 secondes, à l’instar des berlines familiales bien motorisées. Et en dépit de son poids, le SUV n’a aucun mal à s’insérer sur les voies rapides. La boite automatique à sept rapports transmettant la puissance aux quatre roues, efficace bien qu’un tantinet mollassonne dans ses passages, participe à l’agrément de conduite. Malheureusement, les performances écologiques du moteur ne sont pas des plus intéressantes : avec ses 238 grammes de CO2 émis par kilomètre, le FX diesel fait figue de mauvais élève. Consolation : les 9,5 litres consommés en cycle mixte apparaissent, compte tenu des prestations, un peu plus raisonnables.

Sur la route, le FX 30d bénéficie d’un châssis étonnamment dynamique pour une bête de cette masse, caractérisé par des réglages de suspensions fermes. Celles-ci peuvent être encore durcies à l’aide d’un bouton situé sur l’accoudoir central. Du coup, le SUV jouit d’un excellent comportement routier et maîtrise brillamment la prise de roulis. Les virages, dès lors, sont abordés sereinement. D’autant que la direction électrique à assistance variable, légère, remplit correctement son rôle. Le freinage, de son côté, répond présent. Et c’est la moindre des choses pour stopper la bête en plein élan. S’il n’est pas un véritable franchisseur, le FX peut toutefois s’autoriser grand nombre d’obstacles. Outre sa bonne tenue dans les bourbiers, le SUV ne recule pas devant les bosses imposantes. Sa garde au sol élevée n’y est pas étrangère.

Tarifs élitistes

Si le FX 30d s’impose comme une bête de confort au comportement routier exemplaire, il n’en demeure pas moins entaché par une grille tarifaire trop élitiste. Avec un prix d’entrée supérieur à 57 000 euros, il revendique haut et fort son appartenance au segment des SUV de luxe. Encore heureux, à ce tarif, les équipements de série ne manquent pas. Loin de là.

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